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La réaction d'Economiesuisse à la politique monétaire de la BNS Fin inattendue du taux plancher : l’économie suisse est très inquiète

Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> En décidant de supprimer avec effet immédiat le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, la Banque nationale suisse (BNS) a pris de court les marchés et les entreprises. Aux yeux de l’économie, cette mesure est incompréhensible au moment actuel.

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La Suisse et son franc de plus en plus fort pose de sérieux problèmes pour nos industries exportatrices.
La Suisse et son franc de plus en plus fort pose de sérieux problèmes pour nos industries exportatrices.
(Image: MSM)

La décision de la BNS de ne plus défendre le taux plancher avec l’euro, introduit en septembre 2011, survient à un moment inattendu également pour l’organisation faîtière de l’économie. Au vu des tensions sur les marchés financiers et de l’incertitude entourant l’avenir de la zone euro, il faut s’attendre à ce que le franc reste durablement surévalué. On ne peut pas dire, dans ces conditions, si un nouvel équilibre se formera rapidement, avec pour conséquence seulement une petite surévaluation du franc, et non une hausse excessive et nuisible.

Il est possible que la monnaie helvétique reste forte au point que l’industrie exportatrice et le tourisme ne puissent pas s’adapter rapidement à la nouvelle donne et que de nombreuses entreprises et branches économiques, qui seraient compétitives avec un cours de change « raisonnable », doivent réduire la voilure.

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C’est un risque. La nouvelle baisse des taux d’intérêt ne manquera pas de causer des problèmes aux prestataires de services financiers. À cela s’ajoute que le tourisme d’achat devient plus attrayant que jamais. Dès lors que les importations deviennent plus avantageuses, on reparlera de l’évolution négative des prix. La stabilité des prix ne pourra peut-être pas être assurée (entre 0 à 2 % d’inflation).

Il faut espérer que l’Europe se stabilise

On peut légitimement douter du fait que la baisse des taux d’intérêt, de -0,25 % à -0,75 %, atténuera fortement l’évolution des cours de change. En tout état de cause, les expériences faites avec cet instrument ne sont pas très prometteuses. La Banque nationale semble miser sur une stabilisation rapide de la situation en Europe et sur un nouveau cours de change entre le franc et l’euro s’établissant à un niveau acceptable pour l’économie.

Le fait que le taux plancher soit supprimé aujourd’hui pose problème à l’ensemble de l’économie. Il reste à espérer que la décision de revenir à des cours de change plus ou moins flexibles maintenant se révélera juste. Un retour à une politique monétaire avec un taux plancher serait en tout cas très difficile.

Dans son éditorial du jour Prof. Dr. Rudolf Minsch, Membre de la direction d'economie suisse et Chef économiste insiste: «La BNS a besoin de la confiance des milieux politiques» et d'argumenter: «J’avais prévu initialement d’écrire sur l’opportunité d’un changement de la politique monétaire menée par la Banque nationale suisse (BNS). Ma conclusion était la suivante : quand on souhaite renaturer une rivière, mieux vaut ne pas rompre la digue en période de crue. La BNS l’a quand même fait et motive sa décision par l’évolution des conditions-cadre économiques, en particulier dans la zone dollar. » <<

Source: economiesuisse

(ID:43160951)