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MSM : La profession de gratteur est en voie de disparition. Comment assurez-vous la relève de vos gratteurs ? Formez-vous des jeunes à cette technique au sein de votre entreprise ?
Yvan Meyer : Effectivement ce métier est devenu très peu fréquent. Grâce à notre historique nous pouvons compter sur un gros savoir-faire de ce côté-là. Nous profitons de ce savoir-faire important pour offrir des conditions de formation optimales. Le métier de gratteur est un métier bien spécifique et demande des talents distinctifs. Nous essayons de détecter les employés possédant ces talents et les formons selon notre besoin. La formation de gratteur dure plusieurs années, avant de pouvoir gratter seul une machine complexe. Nous sommes fiers du travail de nos gratteurs, raison pour laquelle nous appliquons leur signature individuelle sur la cabine de la machine terminée. C’est aussi une manière de leur rendre hommage.
MSM : La fonte reste le matériau de base de vos machines. Est-il aujourd’hui toujours nécessaire de laisser les éléments de fonderie se stabiliser plusieurs années avant de les usiner ?
Yvan Meyer : Effectivement nos machines sont faites de fontes. Avec les fontes que nous utilisons et les techniques de mise en œuvre utilisées par nos fournisseurs cela n’est plus nécessaire.
MSM : Mise à part le grattage quelle proportion l’électronique moderne prend-t-elle dans l’amélioration de la précision et de la répétabilité de vos machines ?
Yvan Meyer : L’électronique permet aujourd’hui non seulement de faire des corrections linéaires mais également dans l’espace. Ces corrections permettent d’améliorer la précision de la machine. Malgré la complexité de ces corrections cela ne remplace pas la précision mécanique. Si vous avez une bonne machine vous pouvez l’améliorer encore par l’électronique. Une telle compensation sur une mauvaise machine ne remplira par contre, pas la demande de précision. Notre travail est donc de combiner les deux de manière optimale et non de remplacer l’un par l’autre.
MSM : La Dixi 270 est proposée avec une puissante commande ERGOline Control disposant de nombreux cycles fixes d’usinage. Cette manière de programmer directement à la machine a-t-elle encore de l’avenir à l’ère de la FAO et des machines 5 axes ?
Yvan Meyer : Toute nos machines sont combinées avec des commandes haut de gamme. Le but n’est en général, bien entendu, pas de programmer directement sur la machine. Par contre, la commande évoluée permet d’appeler des cycles de travail pouvant largement augmenter la précision des pièces usinées par le client. J’aimerais par exemple citer le cycle quickset qui nous permet de réduire considérablement les défauts de centrage d’axe dû à des dilatations thermiques résiduelles de la machine. Nous ne vendons pratiquement jamais une machine sans cette option. Un autre exemple est le cycle de rectifiage. Il est aujourd’hui possible d’intégrer des opérations de rectifications directement sur notre machine. Imaginer la puissance d’une machine qui combine le fraisage, la précision Dixi et l’état de surface de la rectification. Nous utilisons de plus en plus l’interface Celos du groupe DMG-Mori. Cela nous permet non seulement d’amener une plus-value immédiate mais également d’offrir une plateforme évolutive avec de nouvelles applications étant mise sur le marché chaque année. La commande devient ainsi évolutive.
MSM : Vos machines Dixi 270 et 210 ont leur origine dans les centres d’usinage DMG-Mori DMU 210P et DMU 270P. Vous proposez aussi la JIG 1200 II et les DHP 80 II et DHP 100 II. Toutes ces machines sont-elles issues de bases d’origine DMG-Mori ? Quelles sont les principales différences entre ces modèles ?
Yvan Meyer : La base de la série JIG/DHP a été développée avant notre intégration dans le groupe. Ces machines sont très bien adaptées à des marchés très spécifiques et restent donc dans notre programme de vente.
Les machines DIXI 210 et 270 ont, quant à elles, été développées en collaboration avec les équipes de DMG Mori. Cela nous permet d’avoir une base commune nous permettant de non seulement avoir un effet de volume important sur les coûts mais également de proposer toute une gamme d’options qu’il nous serait impossible à développer seul. Grâce à ce modèle nous pouvons également recourir à tout un programme de composant longuement validé et optimisé, de manière à pouvoir offrir une qualité irréprochable dès la première machine livrée. Ce modèle ressent une grande partie de notre avenir. Soyez attentifs, nous allons bientôt présenter au monde notre nouveau bébé.
MSM : Votre positionnement géographique proche de la frontière française vous donne accès à un important vivier de main d’œuvre qualifiée. La mise en application de l’initiative «contre l'immigration de masse» vous préoccupe-t-elle ? Que répondez-vous aux Suisses qui s’inquiètent d’être prétérités sur un plan salarial face à une concurrence européenne meilleure marché ?
Yvan Meyer : Effectivement notre position proche de la frontière nous donne accès à une main d’œuvre plus diversifiée. De notre côté nous recherchons des employés qui s’impliquent sur le long terme dans l’entreprise et qui sont fiers de travailler pour la haute précision. Nous favorisons donc de manière naturelle les employés de la région. Pour beaucoup de nos postes, nous recherchons des employés avec des connaissances pratiques poussées. La formation duale est donc un bien qu’il faut continuer à mettre en avant. Nous nous forçons à former régulièrement des apprentis. Nous faisons 98 % de notre chiffre d’affaire à l’exportation et travaillons en étroite collaboration avec l’Allemagne et le Japon. Nous recherchons donc régulièrement des employés à l’aise aussi bien en allemand qu’en anglais. Les Suisses devraient profiter de notre culture plurilingue pour se différencier encore plus dans ce domaine. Je conseillerais à tous les jeunes romands d’aller travailler une année ou deux en Suisse allemande pour profiter d’apprendre la langue. Ainsi ils auront développé une « unique selling proposition » qui les rendra encore plus attrayants à nos yeux.
Les conséquences de cette initiative sur de possibles barrières douanières nous préoccupent encore plus. Vous l’aurez compris, nous sommes dépendant d’importations et d’exportations à travers le monde. Chaque accord douanier est un avantage pour nous, à contrario chaque retour en arrière peut nous faire très mal. Les accords bilatéraux sont dans ce cadre très important pour notre futur. <<
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