Automatiser est la seule option que nous avons!

Des robots autonomes et capables de s'adapter

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MSM: Pratiquement tous les robots de chargement/déchargement ont les pieds véritablement rivés au sol... Alors qu'on imaginerait bien les voir se déplacer d'une machine à l’autre en s'adaptant à la topologie des ateliers. Quand est-ce que ces robots deviendront-ils véritablement mobiles?

Nicola Tomatis: C'est entrain de se passer en ce moment. Les grandes sociétés comme ABB, Kuka, Stäubli, etc. présentent déjà depuis quelques temps des robots industriels sur des véhicules. Dans les prochaines années, ces démonstrateurs vont devenir des produits et rentrer dans l'industrie pour automatiser de façon plus flexible les processus de production et gestion de stock.

MSM: Quels sont les grandes tendances dans l'évolution des robots?

Nicola Tomatis: Dans le court terme, les robots vont devenir plus simples à installer et à utiliser ce qui va faciliter leur introduction dans l'industrie. Un exemple concret nous vient du domaine d'activité de BlueBotics. Si nous prenons le déplacement de palettes, il faut savoir qu'en Europe on vend 2-4'000 véhicules automatiques par an, tandis qu'au même temps on vend 2-300'000 transpalettes manuels. Ceci montre qu'il n'y a que 1% d'automation dans ce domaine. Au moment où l'on parle de voiture autonome, on peut bien imaginer que ce pourcentage devrait monter de façon importante très vite grâce à des produits plus simples et compétitifs.

Plus tard, l'automation va probablement avoir un impact important dans la vie de tous les jours. Personnellement, je m'attends plus à une automation intégrée dans les objets que nous connaissons déjà plutôt que la vision des robots humanoïdes que la science-fiction nous vend depuis plus qu'un siècle.

MSM: La biologie et les sciences de la vie en général peuvent-elles être des sources d’inspiration pour imaginer les robots de demain?

Nicola Tomatis: C'est une question très débattue. Personnellement, je pense qu'elles peuvent bien être une inspiration, mais pas une solution. Je suis profondément convaincu que l'approche ingénieur est indispensable pour avoir des solutions autant performantes que fiables.

MSM: Les robots sont pour l’instant obéissants. Lorsqu’ils auront acquis l’ouïe, la vue et une plus grande autonomie de déplacement, l’humain devra-t-il s’en méfier?

Nicola Tomatis: La sécurité est un thème important pour la robotique et elle est affrontée de façon très sérieuse. Il faut d'ailleurs savoir que l'automation réduit de façon importante les accidents dans les entreprises. Dans le futur, il faudra continuer à affronter la sécurité de la même façon afin d'éviter de possible dérive.

D'autre part, l'intelligence artificielle est une autre chose, qui n'a d'ailleurs pas besoin de robots pour faire des dégâts. La finance est malheureusement un très bon exemple de cet aspect. Aux Etats Unis, plus que 70% de transactions boursières sont exécutés automatiquement par des machines afin d'augmenter la performance spéculative. Ceci crée des aberrations ainsi que des crises majeures qui finissent par avoir un impact important sur l'économie réelle. J'espère que dans ce domaine on va aussi adopter des mesures de sécurité et d'éthique afin d'éviter des problèmes majeurs.

MSM: Les robots permettent l’exécution de taches bien plus précises et plus rapidement que les hommes. A l’heure actuelle, quels types de travaux sont toujours inaccessibles aux robots?

Nicola Tomatis: La grande majorité des taches restent infaisable, ou économiquement irréalistes pour les robots. Les robots sont compétitifs pour les tâches répétitives, ou pour les manipulations demandant de la haute précision, mais sont toujours très limités en terme de cognition. Exécuter des actions basées sur un contexte changeant reste très difficile à automatiser.

Les hommes ont encore beaucoup de temps à attendre avant que les machines les libèrent complètement du travail. <<

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