2 litres de carburant pour 100 km, un objectif presque atteint Demain, des voitures sobres et propres

Rédacteur: Gilles Bordet

>> La sobriété devient le critère fondamental de choix d'une automobile. Le coût d'utilisation, les normes environnementales de plus en plus drastiques, la raréfaction des énergies fossiles amènent les constructeurs à faire des sauts technologiques dans ce domaine.

Related Vendors

L'aérodynamisme est aussi un facteur de gains important.
L'aérodynamisme est aussi un facteur de gains important.
(Image: VW)

« Allègement des mécaniques et de la carrosserie, meilleur rendement de groupes motopropulseurs hybrides, aérodynamique performante, moindre consommation du bord et amélioration de la résistance au roulement feront qu’à l’horizon 2018-2020, nos voitures du segment B (taille moyenne), seront respectueuses de l’environnement avec une consommation limitée à deux litres de carburant pour 100 km » assurait François Sudan, Directeur du Programme Véhicule 2l/100km de la Plateforme Filière Automobile (PFA), lors de sa conférence à l'Hôtel des Ingénieurs Arts & Métiers (Paris) du 23 juin dernier.

Auteur de l'article: Jean Guilhem est un journaliste spécialisé et indépendant, travaillant régulièrement pour le MSM.
Auteur de l'article: Jean Guilhem est un journaliste spécialisé et indépendant, travaillant régulièrement pour le MSM.
(Image: Jean Guilhem)

Réduction de l'impact carbone

Côté écologie, la nette diminution des consommations se traduira par une meilleure qualité d’air respiré dans nos villes avec une vie plus saine pour les citadins tout en diminuant les émissions de CO2 des véhicules coupables de participer au réchauffement climatique.

«Avec l’essence, cet objectif de consommation réduite amènera une émission de 46,4 g CO2/km. Il sera de 53,0 g CO2/km pour un véhicule Diesel » souligne François Sudan.

Les cibles de la PFA consistent à identifier puis développer les « briques technologiques » nécessaires à l’industrialisation d’un véhicule de ce type pour un prix d’environ 18'000 CHF.

« Deux voies sont incontournables, la réduction du besoin énergétique global du véhicule et l’amélioration de l’efficacité du groupe motopropulseur » souligne François Sudan. Les leviers technologiques sont déjà identifiés. Il s’agit de diminuer la masse en mouvement grâce aux matériaux comme l’aluminium et les composites, d’améliorer l’aérodynamique, et d’amoindrir la résistance au roulement en utilisant des pneumatiques plus performants. Autres pistes, réduire les consommations auxiliaires du bord.

Les ordres de grandeur pour cent kilomètres parcourus sont les suivants :

Une réduction du poids de 100 kg (Reconception de la structure), ferait gagner dix grammes de CO2. Une amélioration de la résistance au roulement de 6 N ferait conquérir un gramme supplémentaire et, moins de consommation électrique (éclairage, climatisation…) ferait encore économiser un gramme de CO2 tout comme un aérodynamisme plus élaboré.

Allègement et incontournable hybridation

« En résumé, les options principales obligatoires sont l’hybridation et l’allègement des automobiles » poursuit François Sudan.

Plusieurs solutions sont déjà aux études.

Cœur de l’amélioration, un rendement optimisé du groupe motopropulseur avec récupération d’énergie cinétique (au freinage) et thermique.

Pour cet élément prédominant, diverses chaînes cinématiques sont envisagées à partir d’ICE (Internal Combustion Engine), nouvelle génération économe en énergie, de moteurs thermiques adaptés à l’hybridation. Celle-ci fait appel soit au procédé hydraulique (Hybrid’air) développé par le Groupe PSA, soit à un principe électrique.

Cette seconde famille se décline en plusieurs options. Le Mild Hybrid (sous 48Volts) est une « hybridation douce » avec moteur thermique plus moteur électrique. Le « Full Hybrid » est un système d'hybridation moteur thermique plus moteur électrique, sans possibilité de recharge sur secteur, mais capable de récupérer l'énergie cinétique sans pour autant rouler en ZEV (Zéro émission).

Dans ce cas, la tension affiche 200-400V, pour un principe qui reste sous les 50 g de CO2 mais s’en approche avec 60 à 65g.

D’autres modes ss développent comme le HEV (Hybrid Electric Vehicle), une voiture hybride non rechargeable, pourtant capable de rouler en ZEV sur environ 1km.

Dernier né, le PHEV pour Plug-in Hybrid Electric Vehicle. Il s’agit d’un hybride rechargeable que l'on branche sur le réseau électrique, lorsqu’il est arrêté durant un long moment et qui offre une autonomie de 25 à 60 km en mode ZEV (roulage électrique).

Outre l’ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) précepte d'aide à la conduite, capable d’orienter les conducteurs vers un comportement d'éco-conduite, François Sudan, a brièvement évoqué d’autres pistes complémentaires telles que le covoiturage et l’auto partage. Ces nouvelles capacités se démocratisent grâce à internet aux téléphones portables et à la géo localisation, autant de solutions qui concourent à la réduire la pollution automobile. <<

(ID:43126909)