Rechercher

Interview au sein du plus grand bureau de design de Suisse De l’esquisse à l’utilisation finale

| Auteur / Rédacteur: Propos recueillis par Jean-René Gonthier / Jean-René Gonthier

Interview de Messieurs Rémy Jacquet et Yves Marmier, les directeurs de Multiple SA, Global Design et Eric Tissot, en charge du marketing et de la communication de cette entreprise Chaux-de-Fonière.

Entreprises liées

Le design de la machine à éroder Form 200 a été réalisé chez Multiple SA.
Le design de la machine à éroder Form 200 a été réalisé chez Multiple SA.
(Source : GF Machining Solutions SA)

Rencontre avec des talents en tout genre au service d’une clientèle d’une grande diversité et de produits dont le design leur apportera une valeur ajoutée indéniable. Multiple n’est pas un nom choisi au hasard il définit la multiplicité des façons de voir, la diversité culturelle de son équipe et son ouverture d’esprit. Une trentaine de collaborateurs d’origine différentes et de générations complémentaires sont à l’œuvre pour montrer de façon subtile toute la créativité et le savoir-faire qui permet d’explorer, d’imaginer puis de concrétiser dans les moindres détails par exemple l’habillage d’une machine-outils ou d’une machine à boissons. Rencontre avec des créatifs de La Chaux-de-Fonds qui maîtrisent l’art de donner une singularité cohérente et attractive aux futurs produits de leurs clients.

MSM : Quelle formation doit suivre un designer s’il veut être efficace ?

Rémy  Jacquet : Il n’y a pas véritablement de règle, il n’existait à mon époque aucun apprentissage pour se former en design. J’ai suivi une école de concepteur de produit et d’environnement. Le terme de designer n’était même pas utilisé dans cette école.

Galerie d'images

Galerie d'images avec 10 images

Yves Marmier : Ma trajectoire est un peu différente. Je ne proviens pas de ce secteur j’ai appris le métier de bijoutier - joaillier puis j’ai suivi une formation sur le tas. Il faut bien dire qu’en Suisse nous sommes en retard au niveau du design. En Allemagne et en Grande Bretagne il y avait depuis longtemps des écoles et en Suisse nous devions nous contenter de 2 à 3 diplômés par an qui sortaient de l’ECAL. Maintenant les choses ont évolués dans le bon sens et plus d’une trentaine de designers sont formés chaque années à l’ECAL de Lausanne sans compter ceux provenant d’écoles privées et celles de Suisse alémanique.

MSM : Que peux amener un nouveau design à une machine de production ?

Rémy  Jacquet : Un nouveau design offrira à l’acheteur la satisfaction d’avoir un beau produit agréable à utiliser et d’avoir fait le bon choix. Du côté du fabricant cela permet de se différencier, de montrer son savoir-faire et son bon goût par rapport aux autres acteurs de son marché. De plus le design aide à mieux mettre en valeur et mieux vendre les performances d’une nouvelle machine ou d’un nouvel instrument.

MSM : Un designer doit-il s’adapter au style de son client ou doit-il rester maitre et imposer un style identique à tous ses clients ?

Rémy  Jacquet : Non car cela limiterait le champ d’action envers ses clients. Concernant la société Multiple SA nous nous devons de tenir compte des désirs de nos clients. Désirent-ils une continuité par rapport aux anciens modèles ou au contraire montrer une rupture. Ou encore faut-il se différencier de machines concurrentes. Les paramètres sont nombreux et différents à chaque nouveau projet.

Yves Marmier : Nous devons également nous adapter aux futurs usagers et comprendre ce que sera leur avenir, en imaginant un design qui répondra à leur façon de vivre, à leur façon de consommer, à leur façon de se déplacer demain. Tout comme proposer à nos clients notre vision sur ce à quoi pourrait ressembler une machine ou un instrument en intégrant harmonieusement les nouvelles technologies, la sécurité et la protection de l’environnement en restant dans un cadre budgétaire bien défini.

Eric Tissot : Une entreprise qui s’adresse à Multiple, est certes séduite par notre créativité et notre ingéniosité, mais elle sait aussi qu’elle peut bénéficier de notre solide expérience et de pouvoir profiter de l’interdisciplinarité de nos équipes à l’interne. Notre démarche prospective rencontre aussi un grand intérêt tant auprès des grandes entreprises, des PME que des start-up dans de nombreux secteurs.

Rémy  Jacquet : Pour nous l’idéal est de pouvoir être intégré au projet le plus tôt possible, ainsi nous avons plus de liberté et le résultat sera meilleur. Parfois par contre, nous devons simplement réaliser une coque sans pouvoir agir sur le volume. Et parfois, nous sommes hélas simplement consultés pour le choix d’une couleur. Nous ne refusons jamais de collaborer car bien souvent cette première expérience amènera peut être dans l’avenir d’autres projets plus complets.

(ID:44705030)