Portrait de Claude Jeannerat, professeur et responsable du groupe de compétences Conception des moyens de production à la Haute Ecole Arc Ingénierie

Déclencheur de l'étincelle à la base de la micro5

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Claude Jeannerat, professeur et responsable du groupe de compétences « Conception des moyens de production » à la Haute Ecole Arc Ingénierie au côté de la micro5, industrialisée par kummer-precision.ch
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Claude Jeannerat, professeur et responsable du groupe de compétences « Conception des moyens de production » à la Haute Ecole Arc Ingénierie au côté de la micro5, industrialisée par kummer-precision.ch (Source : JRG)

Après un diplôme ETS (ing. méc.) à la Berner Fachhochschule, Claude Jeannerat a amassé des expériences industrielles chez Mikron SA Boudry, Biwi, Pibor puis en tant que responsable du BT chez Willemin-Macodel avant de devenir professeur responsable d'unité de recherche à la He Arc et de déclencher la « vague µ5 ».

Après avoir travaillé dans l'automatisation de machines automatiques et semi-manuelles, le développement de structures, de divers périphériques, de broches hautes vitesse dans le domaine de la machine-outil, Claude Jeannerat a eu également d'autres activités parallèles telles que la mise en place d'un ERP, la formation des jeunes ingénieurs et la gestion des ressources. « J'ai également participé à l’implémentation de la directive européenne sur la sécurité machines (2006-42-CE). Suite à cette étude et les différentes réflexions menées, il m'est apparu avec une certaine évidence que l'évolution de la machine-outil tant chez Willemin-Macodel que chez la plupart des autres fabricants allait dans la direction opposée au besoin réel des procédés de micro-usinage. Notamment par une augmentation régulière des tailles et puissances des moteurs alors que la taille des pièces à usiner restaient modestes. Cette augmentation des puissances engendrait une élévation de la température et par voie de conséquence une diminution de la précision. En palliatif à ce surdimensionnement, la nécessité de climatiser les machines … et corolaire climatiser les usines ! Que d’énergie gaspillée… Puis pour néanmoins assurer la précision des machines, l'arrivée des algorithmes de compensation et la mise en place de grande quantités de capteurs permettant de prendre en compte les divers phénomènes présents ».

La perfection n'est pas immense

Ces évidences corroborées avec l'échauffement général du climat ont incité Claude Jeannerat à se poser des questions de fond et à prendre part comme coordinateur au programme d’impulsion HES-SO ECOSWISSMADE sur la thématique du manufacturing durable et performant. Après avoir mis en relation l'état de l'art des travaux menés dans le consortium japonais Desktop Factory, des recherches de l'institut Fraunhofer et de l’institut Inspire de l'ETHZ, il est arrivé à la conclusion que le ratio idéal entre une pièce de 50 mm de côté (un boitier de montre par exemple) et son démonstrateur d’usinage 5 axes devait être de 1/5. L’idée derrière ce projet est de démontrer qu’il est possible par un changement de paradigme de s’approcher d’une efficience idéale sans perte de productivité ni qualité d’usage. Une aventure passionnante... « Nous avons fait un vrai travail de conception mécanique optimisée et basé ce développement sur 2 critères importants soit répondre au stricte besoin de l’usinage UGV, soit minimiser les efforts de coupe et minimiser les masses en mouvement afin de minimiser les contraintes sur les entraînements et les déformations sous accélération. En finition dans une pièce de montre nous avons des efforts de coupe de 1 Newton, donc le besoin réel en rigidité est très faible. Pas besoin d'être lourd pour être précis ! »

Claude Jeannerat y croit : « Les avantages sont gigantesques dans l'interpolation circulaire car là on peut réellement usiner en UGV tout en conservant une vitesse constante, cela génère des meilleurs états de de surface une meilleure régularité et une usure d'outils réduite. Et en plus l'avantage des faibles masses est d'avoir un niveau vibratoire plus élevé donc pas de résonance dans la plage d'utilisation, assurant naturellement une surface poli miroir. Je n'ai pas encore trouvé d'argument négatif sauf un seul : impossible d'utiliser de grosses passes classiques pour faire de l'ébauche.

Je suis un passionné et en tant qu'ingénieur j'ai le sentiment de jouer un rôle plus en adéquation avec les grandes thématiques sociétales d’aujourd’hui... La durabilité est un beau créneau d'innovation et je trouve que les politiciens sont trop frileux dans ce domaine ». MSM

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