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Réaction de la promotion économique à la récente décision de la BNS de laisser tomber le cours plancher entre Euros et Francs Suisses BNS et franc fort : la CEP du Jura bernois réagit

Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> Surprise aussi bien par la décision que par l’annonce de la Banque Nationale Suisse (BNS) d’abandonner le cours plancher de 1,20 francs pour un euro, la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) a décidé de se saisir en urgence de la question.

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Le franc suisse déjà fort se renchérit encore par rapport à l'Euro, une des solutions pour les entreprises suisses serait la délocalisation de leurs production vers l'Europe!
Le franc suisse déjà fort se renchérit encore par rapport à l'Euro, une des solutions pour les entreprises suisses serait la délocalisation de leurs production vers l'Europe!
(Image: MSM)

Face aux répercussions importantes que ce changement soudain de politique monétaire menace d’occasionner pour les entreprises et l’emploi, la CEP, cercle de réflexion et représentante de l’économie régionale, a immédiatement pris, grâce à sa structure d’organisation, les dispositions nécessaires pour analyser la situation en détail et jauger ses conséquences sur les acteurs industriels. Au-delà de l’impact boursier déjà durement ressenti à cette annonce, les conséquences de la décision de la BNS pour les entreprises et les activités industrielles doivent à tout le moins être évaluées en profondeur.

Conséquences envisageables pour l’économie régionale

Malgré un plancher de 1,20, la force du franc était déjà fortement défavorable aux entreprises exportant leurs produits dans la zone Euro. Elle engendre en effet une série de conséquences négatives malgré un effet parfois jugé positif sur l’importation. La décision de la BNS d’abandonner la défense du cours plancher du franc menace d’aggraver les effets négatifs pour frapper de façon plus marquée les entreprises et l’emploi.

Une partition nette distingue les sociétés actives sur le marché suisse ou facturant leurs produits en francs suisses – évidemment épargnées par les effets de change – des sociétés concernées par l’exportation. Si l’impact de la force du franc est presque inexistant pour les premières (en dépit de l’apparition d’une concurrence par l’importation), il est considérable pour les secondes et engendre plusieurs types de répercussions.

Pression sur les prix

En premier lieu, l’ensemble des sociétés concernées par l’exportation risque de connaître une pression accrue sur les prix. Les entreprises devront peut-être concéder des rabais ou répartir l’impact sur leurs réseaux de fournisseurs en comprimant le coût de production. L’effet principal risque cependant d’affecter les prix en euros qui pourraient connaître une hausse significative.

Perte de compétitivité

Deuxièmement et subséquemment, le coût élevé de produits facturés en francs suisses affectera directement la compétitivité des entreprises suisses, notamment dans le cadre d’une concurrence issue de la zone Euro. Des sociétés du Jura bernois risqueront ainsi de perdre des parts de marché en raison de leur cherté artificielle. De plus, l’érosion des marges relatives aux effets de change retient dans le long terme l’investissement et accentue ainsi la menace sur la compétitivité, non plus seulement au niveau du prix, mais, à terme, au niveau de la technologie.

Délocalisation à envisager...

Troisièmement enfin, et plus grave pour la place industrielle régionale et nationale, la pression accrue sur les coûts de production, une des seules mesures à la disposition des entreprises pour limiter les effets de la force du franc, peut conduire à des transferts de production à l’étranger dans le but de limiter l’exposition au franc suisse.

Pourtant dénoncée depuis plusieurs années maintenant, la force du franc continue à entraver le dynamisme de l’économie régionale et menace dans le long terme d’affecter la compétitivité des sociétés exportant leurs produits. <<

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