Techniques de production Assemblage : soudage par laser pulsé

de Marina Hofstetter

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La Manufacture est une jeune entreprise de la région annécienne. Adrien Pernoud, directeur, était présent à l'EPHJ pour faire connaître ses activités.

Le soudage par laser pulsé peut aisément remplacer la brasure.
Le soudage par laser pulsé peut aisément remplacer la brasure.
(Source : ake1150 - stock.adobe.com )

Quel est votre cœur de métier ?

A. Pernoud : À La Manufacture, nous sommes spécialisés dans le domaine du soudage laser. Nous proposons des prestations avec la technique de soudage par laser pulsé, une technologie singulière qui permet de créer des soudures extrêmement fines, de l'ordre de deux dixièmes de largeur. Nous arrivons avec cette technologie à souder en bord à bord des épaisseurs du 800e.

Quels sont les domaines d'applications de cette technologie ?

A. Pernoud : La technologie de soudure par laser pulsé existe depuis une vingtaine d'année. Elle est très communément utilisée dans le domaine des technologies médicales, mais elle n'est pas encore entrée dans les mœurs dans le domaine horloger. Actuellement, nous travaillons principalement pour l'électronique et la micromécanique et sommes en cours de qualification ISO pour le domaine médical.

Quels sont les avantages du soudage par laser pulsé ?

A. Pernoud : La technique de soudure par laser peut être faite avec ou sans ajout de matière. L'avantage du sans ajout de matière est qu'on peut obtenir un assemblage quasiment invisible. La soudure est très fine, et après polissage, on ne la voit presque plus, ce qui est très intéressant d'un point de vue esthétique. En électronique a contrario, on ne cherche pas à cacher la soudure. Le but est simplement de pouvoir souder deux objets très petits, sans ajouter de matière et sans altérer les métaux de base.

De manière générale, le soudage par laser pulsé peut aisément remplacer la brasure, avec l'avantage en cas d'ajout de matière, d'utiliser le même métal que celui des pièces à assembler. Au niveau de la tenue mécanique de l'assemblage, la soudure par laser pulsé avec ajout de matière donne un résultat équivalent à celui de la brasure. Après il faut bien comparer ce qui est comparable, car la tenue mécanique est directement en lien avec la taille de la pièce et la taille de la soudure. La technique de soudure par laser pulsé est dédiée aux petites pièces. Notre machine par exemple a une taille de 1,50 mètre par 1,50 mètre, et nous pouvons travailler des pièces de l'ordre de de 15-20 cm de côté maximum.

Le procédé est-il manuel ou peut-il être automatisé ?

A. Pernoud : Le processus peut être automatisé sans problème. Après tout va dépendre du besoin. Pour la fabrication d'un prototype, on va travailler en manuel, mais pour une série, on peut écrire des programmes, combiner la machine avec un système de chargement/déchargement, etc. On est alors dans un processus très numérisé. L'opérateur n'a alors plus qu'un rôle de surveillance.

Quelle est la raison, selon vous, pour laquelle cette technologie est si peu utilisée dans le domaine horloger ?

A. Pernoud : Tout d'abord, ce n'est jamais facile de faire bouger les choses. Peut-être aussi que les horlogers n'y trouvent pour l'instant pas leur compte, qu'ils ont effectué peu d'essai avec cette technologie, ou qu'ils n'ont pas encore trouvé l'interlocuteur qui leur convient. Mais globalement ce qu'il faut, et c'est la raison pour laquelle nous sommes ici, c'est que les mœurs évoluent. L'idée est que les personnes travaillant dans les bureaux d'études pensent à la soudure par laser pulsé lors du développement de leurs projets. Cette réflexion sur les technologies existantes doit être faite dès la conception, essayer de penser à des assemblages différents de ce qui se fait habituellement. Cela fait partie de la pensée innovante. Il est alors toujours possible de faire des essais ou un prototype si on sent le potentiel de l'utilisation de la technologie pour un projet.

Avez-vous quelques exemples d'applications intéressantes pour le domaine horloger ?

A. Pernoud : Nous avons parlé tout à l'heure des soudures invisible. Outre en fabrication, cela peut être extrêmement intéressant au niveau des réparations, pour le segment de la seconde main par exemple. Si une corne est abimée, on peut remettre un tout petit peu de matière, la souder, puis repolir pour obtenir un résultat quasiment identique à du neuf. On peut également corriger ou renforcer un bracelet de montre par exemple. MSM

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