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MSM : Alors « Industrie 4.0 », révolution ou simple évolution ?
Samuel Vuadens : J'aime bien comparer la 4ème révolution industrielle avec la seconde. Quand nous sommes passés de la vapeur à l'électricité, certains industriels ont préféré conserver la vapeur par peur de perdre leur indépendance énergétique, au profit des fournisseurs d'électricité. Ces entreprises n'ont pas survécu. Alors effectivement, le problème avec « Industrie 4.0 » c'est que beaucoup ont l'impression qu'ils vont perdre le contrôle de leurs données avec l'inter-connectivité des objets et la délocalisation du stockage sur un « cloud ». Une révolution industrielle, c'est un choix à faire entre le passé et le futur. A mon avis, ceux qui choisissent le statu quo ne sont pas conscient des gains de productivités de cette technologie et prennent le risque de ne pas rester compétitifs.
MSM : Quels conseils donneriez-vous à ces industriels encore dubitatifs face à « Industrie 4.0 »?
Samuel Vuadens : Par exemple, de travailler avec des partenaires suisses bien établis et sérieux. Ce n'est pas ce qui manque. J'ai personnellement opté pour un système ERP « open source » en mode « cloud » que je confie à une entreprise basée à Lausanne. Il est beaucoup plus rentable de partir sur des solutions existantes que d'engager un informaticien à plein temps. Swisscom propose aussi des solutions « cloud » fiables, sûres et en plus très économiques. Par exemple, pour une petite entreprise, une solution complète comprenant l'ERP, la gestion de toutes les données de l’entreprise, le stockage et les sauvegardes est accessible à partir CHF 30.- par mois et par utilisateur.
MSM : Donc selon vous stocker ses données en Suisse est un gage de sécurité?
Samuel Vuadens : Bien-sûr le risque zéro n'existe pas, mais si nous voulons disposer de la flexibilité d'accéder à ses données depuis l'extérieur pour être réactif et dynamique, nous avons pas le choix. Je fais toujours la comparaison avec un patron qui fait toutes ses transactions bancaires par E-banking. S'il fait confiance à sa banque pour gérer ces informations bancaires en ligne, pourquoi ne pourrait-il pas aussi le faire avec l'entreprise qui garde ses données ?
MSM : Concrètement, pourriez-vous nous donner un exemple des avantages de la numérisation des données que vous avez utilisées ?
Samuel Vuadens : Notre société MECATIS Maintenance exploite les données d'installations dotées de capteurs grâce à un système qui permet de s’y connecter et de les remonter dans notre ERP. Nous sommes avertis quand un défaut survient, ce qui déclenche automatiquement l’intervention d’un technicien. La numérisation de tout nos flux administratifs sur un seul système, nous a aussi permis d’économiser énormément de temps et de gagner en précision.
MSM : Comment vont évoluer les professions de l'industrie MEM ? Le travail manuel aura-t-il tendance à disparaître au profit du travail intellectuel ?
Samuel Vuadens : Un certain nombre d’étude évoquent trop souvent des destructions énormes d'emplois, et d’autres études voient au contraire une vague de création d’emplois grâce à la robotisation dans les domaines de l’ingénierie et de la maintenance technique. Pour ma part j’ai décidé de voir le verre à moitié plein, effectivement les travaux pénibles, répétitifs et à faible valeur ajouté vont être remplacés mais nous aurons toujours besoin de personnes ayant des grandes aptitudes manuelles. Je reprends l'exemple des banques, notre mode de consommation, paiements et transactions bancaires avec des cartes ou par E-banking, contribue de manière active à la disparition des emplois aux guichets.
MSM : Mais vous comprenez que cela puisse effrayer pas mal de monde ?
Samuel Vuadens : Oui, par contre il ne faut pas oublier que l'industrie suisse est très en retard dans ce domaine. Connaissez-vous le pourcentage de numérisation au sein de notre industrie ? 18% seulement ! Là où le secteur économique en est déjà à 40% et alors que la Suisse dispose d'un réseau couvrant 95% du territoire ! Il serait inutile, et même dangereux, de combattre cette évolution technologique. Il faut en revanche que les pouvoirs publics prennent la mesure de ce changement dès maintenant et que nous nous penchions sur un avenir incertain qu’il nous appartient de définir.
MSM : Comment se passent vos débuts à la présidence du GIM-CH ?
Samuel Vuadens : Actuellement, François Schoch est le président en charge. Il me communique les informations, donc pour l'instant, à mon niveau, c'est 6 mois de découvertes et de nouvelles connexions. J’apporterai mes orientations dans un 2e temps, en accord avec le comité.
MSM : Quelle sera la nature de cette touche personnelle ?
Samuel Vuadens : Je veux mettre en avant l’innovation dont nos membres font preuve tous les jours et qui nous permet de continuer à produire en Suisse. J’aimerais aussi amener les entreprises à collaborer entre elles afin qu’elles puissent mener à bien des projets qu’elles n’auraient pas faits seules, faute de compétences. Nous allons pour cela relancer le Technopolis à la HES de Neuchâtel. Cet événement va rassembler les donneurs d’ordres, le monde académique et les sous-traitants autour de 2 axes, une série de conférences et un espace de rencontre pour exposants. J’invite donc déjà tout le monde à réserver la date du 31 janvier 2017 et à s'inscrire comme exposant sur le site web suivant : www.technopolis.ch MSM
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