Séminaire - Formation - Usinage

Usiner rentablement et en toute sécurité

| Rédacteur: Thomas Koch

Marc Schuler, directeur de DIXI Polytool, et l'un des responsable du séminaire Swissmem.
Marc Schuler, directeur de DIXI Polytool, et l'un des responsable du séminaire Swissmem. (Image: SMM)

Le thème central du dixième séminaire Swissmem sur l'usinage par enlèvement de copeaux a pour thème central «la sécurité du processus lors du fraisage et du tournage».

La rédaction a posé une douzaine de questions à Marc Schuler, directeur de DIXI Polytool, pour tenter de faire le tour de la problématique de ce thème central. La sécurité en matière d'usinage par enlèvement de copeaux englobent de multiples implications tant du point de vue d'une productivité dopée que d'une sécurité de processus. Des experts ont été réunis par Swissmem durant cet événement, parrainé par le SMM et le MSM, qui sont les partenaires média exclusifs de ce séminaire. Un événement qui pour la première fois se déplace d'Yverdon à Lausanne.

MSM: Quelle importance cette thématique a-t-elle parmi les usineurs en général ?

Marc Schuler: C'est en effet un thème impératif. L'on parle là avant tout de fiabilité du processus d'usinage. Pourquoi est-ce si important? Une sécurité élevée dans le cadre d'un processus de production permet de: - planifier des délais corrects - établir des offres d'une grande exactitude. Avoir une grande régularité dimensionnelle sur l'état de surface, ce qui permet également de réduire les rebuts.

MSM: Quelles sont à votre avis les opérations les plus délicates à réaliser ? ou en d’autres termes dans quelle circonstance la sécurité peut elle être améliorée ?

Marc Schuler: De manière générale, les problèmes ont tendance à se complexifier. D'une part les matériaux à usinabilité difficile prennent de plus en plus de part de marché et d'autre part, dans nos pays, ce sont avant tout des pièces à haute valeur ajoutée qui sont usinées. L'on peut toutefois affirmer que c'est dans le micro-usinage que l'on trouve la plus grande complexité. Les petits outils sont toujours plus complexes à mettre en place et leur spectre d'utilisation est bien plus restreint. Le micro-usinage appliqué dans des matériaux exotiques ou du moins d'usinabilité difficile constitue le mixe le plus complexe. Parallèlement l'on constate également de plus en plus que les clients cherchent à maximiser leurs états de surface en fraisage. Certes les techniques les plus récentes ont permis des améliorations substantielles, mais malgré tout, viser des états de surface de rectification en fraisage n'est pas toujours réaliste. Toutefois, ce sont ce genre de défis et de pressions qui poussent les fabricants à se dépasser.

MSM: Quels sont les paramètres les plus importants à maîtriser lors de l’usinage pour assurer une sécurité optimale ?

Marc Schuler: En parallèle au respect dimensionnel et d'état de surface, le paramètre clé est la capacité et la maîtrise de l'évacuation des copeaux. A nouveau, dans le cadre du micro-usinage, la maîtrise de l'évacuation de copeaux est critique.

MSM: La sécurité en production touche d’une part la sécurité vis-à-vis de l’opérateur mais également celle face à une production avec le moins de rebut possible. Comment peut on augmenter le plus aisément la productivité sans péjorer la sécurité ?

Marc Schuler: La clé est la mise au point du processus d'usinage. Celui-ci nécessite bien évidemment une approche totalement différente s'il s'agit de petites séries (ou prototype) ou d'une production de masse. Dans le dernier cas de figure, au niveau des outils de coupe, une fois les paramètres de coupe optimisés, il s'agit de clairement définir à quel moment l'on change d'outil. Très souvent l'on privilégiera une quantité de pièces visées systématique, plutôt que l'usure individuelle de l'outil (où une certaine variante est possible d'un outil à l'autre). On recherche donc un output maximal sans le moindre rebut.

MSM: Parfois dans les applications spéciales notamment dans le Medtech et dans l’horlogerie des matériaux exotiques entrent en scène. Y aura-t-il durant le séminaire Swissmem des conférenciers qui traiteront de cette problématique ?

Marc Schuler: Ces matériaux dits exotiques ne sont pas seulement relatifs à l'industrie horlogère ou le Medtech, cela devient une thématique de plus en plus récurrente. Des industries telles que l'aéronautique sont encore bien plus concernées. Il va de soit qu'aujourd'hui tout fabricant d'outils de coupe est obligé d'intégrer de telles évolutions dans son R & D et son assortiment. Durant ce séminaire de Lausanne, diverses sociétés intégreront ces matériaux dans leurs présentations. Vu la structure industrielle de la Suisse-Romande, les exemples d'application de la micro-mécanique, de l'horlogerie et du Medtech seront nombreux.

MSM: Les outils notamment ceux ayant un revêtement deviennent de plus en plus nombreux, est-il encore possible de conserver pour les utilisateurs une vue d’ensemble ?

Marc Schuler: Oui, en effet le nombre de couches a eu une forte tendance à la multiplication ces 10 dernières années. Il s'agit cependant d'un phénomène logique: les clients sont confrontés à des usinages de plus en plus complexes nécessitant des géométries d'outils spécifiques (il y a donc aussi une forte multiplication des géométries d'outils), des carbures spécifiques et de facto des revêtements spécifiques. L'objectif final étant un usinage optimisé avec un maximum de productivité. Le client peut-il s'y retrouver ? C'est notre travail ou plus spécifiquement celui de nos conseillers techniques ou technico-commerciaux. C'est à eux de soutenir les clients dans leurs choix. Notre but ne peut plus être de vendre des outils mais des solutions optimisées.

MSM: Est il encore envisageable d’utiliser des outils non revêtus ?

Marc Schuler: Le pourcentage d'outils revêtus augmente sans cesse mais il existe toujours des applications pour lesquelles le revêtement ne se justifie pas forcément: - très petite série à réaliser pour le client. L'argument du gain de durée de vie de l'outil ne tient pas. - pas ou peu utile dans certains matériaux (ex : laiton)- Chez DIXI nous n'encourageons pas nos clients à utiliser des forets revêtus en Ø < 0.20 mm. La dispersion constatée en terme de durée de vie est souvent importante.

MSM: Dixi Polytool propose un taraudeur perceur, une idée géniale rassemblant dans un seul outil deux opérations distinctes. Existe-t-il d’autres outils tout aussi révolutionnaires ?

Marc Schuler: C'est même mieux que cela! C'est un outil (DIXI 1740) pour trois opérations: anglage, perçage, taraudage. L'acceptation de cet outil est réellement excellent dans le marché ce d'autant auprès des clients qui sont limités dans le nombre d'outils au niveau de leur machine. Parallèlement les résultats obtenus sont tels que le succès commercial ne pourrait que suivre. DIXI Polytool étant concentré sur les riches, nous recherchons en permanence à nous montrer innovants et très axés solution client. Au cours des trois dernières années, DIXI Polytool a réalisé des introductions de produits majeurs dans le domaine du taraudage, ainsi que du tourbillonnage. Les principaux secteurs à en avoir bénéficié sont l'horlogerie, le médical, le dentaire, la micro-mécanique et l'aéronautique.

MSM: Prodex est un salon dédié aux machines outils et aux outils. Ne serait ce pas un moment idéal pour proposer un tel séminaire ?

Marc Schuler: En aucun cas. En effet, une foire-expo représente une plate-forme marketing très importante et nécessite un investissement considérable de tous les participants. Chaque exposant est ainsi concentré sur sa propre société et sur les avantages qu'il peut retirer d'un tel salon. Il n'est donc guère envisageable. Il est donc impensable de «détourner» nos visiteurs potentiels pour un autre événement que la foire elle- même.

MSM: Malgré l’évolution continue des outils le lubrifiant reste d’actualité. Est-ce que le thème de l’huile ou l’émulsion de coupe fera partie du contenu informatif du prochain séminaire Swissmem de janvier ?

Marc Schuler: L'usinage doit, de manière générale toujours être considérée comme un tout. Dès lors, il est évident que les lubrifiants sont essentiels. Même si ce séminaire est fortement focalisé sur les outils de coupe, le lubrifiant aura sa présence notamment via un fabricant Suisse qui sera en même temps l'un des sponsors de l'événement.

MSM: Le 10e séminaire d’enlèvement de copeaux organisé par Swissmem se déroulera à Lausanne le 24 janvier. Qu’est-ce qui vous a motivé à déplacer ce séminaire d’Yverdon à Lausanne ?

Marc Schuler: Le choix de Lausanne plutôt qu'Yverdon n'est pas géographique, mais avant tout logistique. En effet, l'infrastructure dont nous disposons à Lausanne (en particulier au niveau des salles) est plus en adéquation avec nos besoins. Ceci est d'autant plus vrai que nous partons du principe que l'événement en Suisse romande a encore un potentiel de croissance, cette dernière ne pouvant se réaliser à l'ancienne localisation.

MSM: A l’heure des réseaux mobiles de l’internet omniprésent votre séminaire continue à voir l’afflux d’un nombre de participants toujours plus élevés. Quelle en est la cause ?

Marc Schuler: Sur les années, ce séminaire a su se forger une solide réputation. Il s'agit d'un événement réunissant des entreprises souvent concurrentes mais qui ont comme objectif de promouvoir, en commun, la Suisse en tant que base de réflexion, de développement et d'usinage. Les sociétés présentes offrent une excellente vue sur le dynamisme, la créativité de notre secteur. Certes les réseaux et forums internet sont en plein essor mais ne remplacent pas les échanges directs entre personnes, heureusement d'ailleurs... <<

Dates des séminaires

Winterthur, le 22 janvier 2013 (allemand),

Olten, le 23 janvier 2013 (allemand)

Lausanne, le 24 janvier 2013, en français.

Pour s'inscrire:

www.swissmem.ch/copeaux

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