Relocaliser notre production en Suisse grâce aux robots Un robot jaune collaboratif, en Suisse dès 2015 !

Rédacteur: Gilles Bordet

>> Fanuc Corporation est le fabriquant le plus représentatif dans le monde de solutions d’automatisation d’usines (CNC), de robots et de robomachines (Robodrill, Robocut et Roboshot). Depuis sa création en 1956, Fanuc a contribué à l’automatisation de machines-outils en tant que pionnier dans le développement d’équipement de commandes numériques.

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Pierre Rottet est responsable des ventes du secteur robotique chez Fanuc Suisse.
Pierre Rottet est responsable des ventes du secteur robotique chez Fanuc Suisse.
(Image: Fanuc)

Selon Pierre Rottet, responsable des vente chez Fanuc Suisse, la robotisation de nos outils de production augmente notre productivité et par la même assure la localisation ou la relocalisation de notre production en Suisse. De plus en plus d'entreprises qui avaient délocalisé leur production reviennent en Suisse car cela devient économiquement viable et résout définitivement les problèmes de logistique, de communication et de délais. Les risques de contre-façon sont aussi grandement diminués en gardant notre savoir-faire chez nous.

MSM: Que vous inspire le dicton: «Automatiser plutôt que délocaliser»?

Pierre Rottet: La délocalisation est uniquement un instrument temporaire comme prouvé par le passé. Il y a un grand nombre de sociétés par exemple dans le haut de gamme horloger Suisse qui sont en train de rapatrier les divisions de production délocalisées depuis plus de 15 ans. La tâche principale pour pouvoir rapatrier est de produire en Suisse pour le même prix que dans un pays à bas revenu, donc il faut produire au maximum en automatisant les procédés. La délocalisation apporte souvent beaucoup de problèmes au niveau des copies(falsifications), de la logistique, de la qualité, des délai, etc. Avec des solutions robots, l’automatisation peut répondre à une haute flexibilité ce qui convient bien au marché Suisse qui produit plutôt des petit lots, mais avec une grande variété de modèles.

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MSM: Quels sont les atouts de vos robots par rapport aux autres concurrents?

Pierre Rottet: Fanuc est le plus grand producteur mondial dans le secteur de l’automatisation. L’ensemble de nos produits sont développés et fabriqués au même endroit. Notre stratégie est d’avoir sur le marché les robots les plus fiables. Avec une production de 5'000 robots par mois il est logique que nous ne pouvons pas nous permettre la moindre erreur technique. Actuellement, nos robots et autres produits Fanuc garantissent une fiabilité de 99.99% ainsi que sur l’ensemble des pièces de rechange couvertes par une garantie de plus de 25 ans. Cela est uniquement possible par le fait que nos robots sont développés et fabriqués à 85% par Fanuc et cela sur le même site.

MSM: Est-il envisageable de créer un robot à la demande soit selon un cahier des charges spécial dédié à une tâche spécifique ne pouvant pas être réalisé avec un modèle standard?

Pierre Rottet: Oui cela est fort possible. Fanuc a la gamme de robots la plus large au monde qui commence avec une charge nominale de 0,5 kg et un rayon de travail de 140 mm et fini à une charge maximale de 1'350 kg et un rayon d’action de 4'680 mm. De plus, notre société peut offrir plus de 250 options pour créer le robot à la demande du client ou de la tâche à accomplir.

Chez Fanuc un grand nombre de composants périphériques qui doivent communiquer avec le robot (p.ex. système de vision, capteur de force, etc.) sont développés et fabriqués chez nous. Ces périphériques peuvent ainsi être intégrés facilement en cas de besoin par « Plug and Play ».

MSM: Les robots de chargement/déchargement de machines sont généralement très obéissants mais assez peu intelligents. On ne leur demande pas de prendre des décisions... Quand pensez-vous que la GPAO de la société sera finalement liée aux gestes du robot dans l'atelier.

Pierre Rottet: Je pense que ce n’est pas le robot qui doit piloter la GPAO d’une société par contre, il doit communiquer avec la GPAO au niveau de l’échange d’information p.ex. des paramètres de production, l’état du robot, le saisissement de l’OF, etc.

MSM: Pratiquement tous les robots de chargement/déchargement ont les pieds véritablement rivés au sol... Alors qu'on imaginerait bien les voir se déplacer d'une machine à l’autre en s'adaptant à la topologie des ateliers. Quand est-ce que ces robots deviendront-ils véritablement mobiles?

Pierre Rottet: Là, nous devons différencier les robots industriels et les robots collaboratifs. Les robots industriels apportent à une application une très haute précision de positionnement et de répétabilité ainsi que des temps de cycle très courts. Pour ces raisons cette gamme de robots doit être ancrée au sol et être recouverts d’une protection de sécurité pour protéger les personnes.

Par contre dans le futur, il y aura des robots collaboratifs qui travailleront main dans la main dans la production et qui ne devront pas être ancrés au sol ni être recouverts d’une protection de sécurité. Mais ces robots sont moins précis et plus lents que les robots industriels. Le choix du robot dépendra de la nature du projet qui déterminera la technologie. Fanuc a présenté son premier robot collaboratif fin 2014 et il sera livrable dès le printemps 2015 sur le marché européen et notamment en Suisse.

MSM: Quels sont les grandes tendances dans l'évolution des robots?

Pierre Rottet: L’évolution des robots chez Fanuc est de les rendre de plus en plus intelligents en leur intégrant des technologies se rapprochant des sens humain comme la vision ->,caméra, le toucher ->capteur de force, pinces électriques, revêtement sensitif, le raisonnement -> I.A. De plus Fanuc s’efforce d’alléger au maximum le poids de ses robots et de les créer les plus fins possible. Les raisons sont de rendre nos robots plus rapides avec un encombrement minimal.

MSM: La biologie et les sciences de la vie en général peuvent-elles être des sources d’inspiration pour imaginer les robots de demain?

Pierre Rottet: Oui, je pense que cela est une très bonne opportunité pour améliorer et adapter la technologie robotique pour le futur. Fanuc Suisse travaille avec plusieurs organisations au niveau scientifique pour avancer dans cette direction. Au niveau mondiale notre entreprise a créé des groupes de travail pour coordonner les diverses R&D autour du globe.

MSM: Les robots sont pour l’instant obéissants. Lorsqu’ils auront acquis l’ouïe, la vue et une plus grande autonomie de déplacement, l’humain devra-t-il s’en méfier?

Pierre Rottet: Non, je ne pense pas que les robots pourrons remplacer les humains sur notre terre par contre les soutenir et aider à rendre certain travaux plus intéressants et moins pénibles. L’humanité ne cesse pas de se développer et la robotique est uniquement une cause logique de notre industrialisation.

MSM: Les robots permettent l’exécution de taches bien plus précises et plus rapidement que les hommes. A l’heure actuelle, quels types de travaux sont toujours inaccessibles aux robots?

Pierre Rottet: Je pense que pour tous travaux créatifs ou ceux où l'on doit prendre des décisions, les hommes ne pourrons pas être remplacés. Par contre, là où le travail est très répétitif et parfois très pénible pour l’homme, le robot va l'aider à rendre son environnement de travail beaucoup plus agréable. Depuis plus de vingt ans on s’imagine que le robot supprime des postes de travail, mais il rend surtout le travail de l'homme plus intéressant et lui permet d'évoluer dans d'autres domaines. Exemple -> il est plus intéressant de programmer le robot que de faire un travail répétitif ennuyant.

MSM: Quel serait l’impact sur la production industrielle Suisse sans automatisation?

Pierre Rottet: Je pense que l’efficacité de production ne serait pas là où elle est actuellement. La délocalisation de production serait bien plus avancée et aucune industrie ne rapatrierait leur production en Suisse (comme le fait l’horlogerie aujourd’hui), ce qui laisserait apparaître un taux de chômage bien plus élevé dans notre pays. <<

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