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MSM: Pratiquement tous les robots de chargement/déchargement ont les pieds véritablement rivés au sol... Alors qu'on imaginerait bien les voir se déplacer d'une machine à l’autre en s'adaptant à la topologie des ateliers. Quand est-ce que ces robots deviendront-ils véritablement mobiles?
Pierre Rottet: Là, nous devons différencier les robots industriels et les robots collaboratifs. Les robots industriels apportent à une application une très haute précision de positionnement et de répétabilité ainsi que des temps de cycle très courts. Pour ces raisons cette gamme de robots doit être ancrée au sol et être recouverts d’une protection de sécurité pour protéger les personnes.
Par contre dans le futur, il y aura des robots collaboratifs qui travailleront main dans la main dans la production et qui ne devront pas être ancrés au sol ni être recouverts d’une protection de sécurité. Mais ces robots sont moins précis et plus lents que les robots industriels. Le choix du robot dépendra de la nature du projet qui déterminera la technologie. Fanuc a présenté son premier robot collaboratif fin 2014 et il sera livrable dès le printemps 2015 sur le marché européen et notamment en Suisse.
MSM: Quels sont les grandes tendances dans l'évolution des robots?
Pierre Rottet: L’évolution des robots chez Fanuc est de les rendre de plus en plus intelligents en leur intégrant des technologies se rapprochant des sens humain comme la vision ->,caméra, le toucher ->capteur de force, pinces électriques, revêtement sensitif, le raisonnement -> I.A. De plus Fanuc s’efforce d’alléger au maximum le poids de ses robots et de les créer les plus fins possible. Les raisons sont de rendre nos robots plus rapides avec un encombrement minimal.
MSM: La biologie et les sciences de la vie en général peuvent-elles être des sources d’inspiration pour imaginer les robots de demain?
Pierre Rottet: Oui, je pense que cela est une très bonne opportunité pour améliorer et adapter la technologie robotique pour le futur. Fanuc Suisse travaille avec plusieurs organisations au niveau scientifique pour avancer dans cette direction. Au niveau mondiale notre entreprise a créé des groupes de travail pour coordonner les diverses R&D autour du globe.
MSM: Les robots sont pour l’instant obéissants. Lorsqu’ils auront acquis l’ouïe, la vue et une plus grande autonomie de déplacement, l’humain devra-t-il s’en méfier?
Pierre Rottet: Non, je ne pense pas que les robots pourrons remplacer les humains sur notre terre par contre les soutenir et aider à rendre certain travaux plus intéressants et moins pénibles. L’humanité ne cesse pas de se développer et la robotique est uniquement une cause logique de notre industrialisation.
MSM: Les robots permettent l’exécution de taches bien plus précises et plus rapidement que les hommes. A l’heure actuelle, quels types de travaux sont toujours inaccessibles aux robots?
Pierre Rottet: Je pense que pour tous travaux créatifs ou ceux où l'on doit prendre des décisions, les hommes ne pourrons pas être remplacés. Par contre, là où le travail est très répétitif et parfois très pénible pour l’homme, le robot va l'aider à rendre son environnement de travail beaucoup plus agréable. Depuis plus de vingt ans on s’imagine que le robot supprime des postes de travail, mais il rend surtout le travail de l'homme plus intéressant et lui permet d'évoluer dans d'autres domaines. Exemple -> il est plus intéressant de programmer le robot que de faire un travail répétitif ennuyant.
MSM: Quel serait l’impact sur la production industrielle Suisse sans automatisation?
Pierre Rottet: Je pense que l’efficacité de production ne serait pas là où elle est actuellement. La délocalisation de production serait bien plus avancée et aucune industrie ne rapatrierait leur production en Suisse (comme le fait l’horlogerie aujourd’hui), ce qui laisserait apparaître un taux de chômage bien plus élevé dans notre pays. <<
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