Rechercher

Inauguration de la 600e Bumotec s191 installée en 2019 chez Del West à Roche Un exploit unique, vendre 600 machines s191

| Auteur / Rédacteur: Propos recueillis par Jean-René Gonthier / Jean-René Gonthier

C'est très rare dans le monde des machines-outils de pouvoir dénombrer un tel nombre de machines vendues. La s191 est un cas à part, elle s'adapte à tout environnement, c'est un centre d'usinage unique ressemblant dans la multitude de ses possibilités à un véritable couteau suisse.

Entreprises liées

Usinage avec arrosage intensif sur une S191.
Usinage avec arrosage intensif sur une S191.
(Source : Del West)

A l'occasion de la remise de la 600e machine s191, la rédaction a eu l'opportunité de discuter avec les intervenants suivants dans les locaux de Del West, l'acquéreur de cette machine mythique, la s191 :

  • Olivier Conne, CEO de Del West Europe à Roche, l'acquéreur de la machine.

Les atouts de la s191, devenue une référence en matière de souplesse d'emploi

La s191 est un centre d’usinage horizontal, de haute précision et d’une flexibilité exemplaire permettant une grande modularité dans les configurations possibles afin de relever la plupart des challenges. Proposé en diamètre 32, 50 ou 65 mm en passage de bar, ce centre d’usinage équipé de moteurs linéaires, possède jusqu’à 7 axes et 3 broches ainsi qu’un magasin d’outils contenant jusqu’à 90 outils embarqués.

Galerie d'images
Galerie d'images avec 16 images

MSM : Pouvez-vous me donner votre définition personnelle ?

Guy Ballif : Selon vous, Monsieur Olivier Conne directeur de Delwest, vous la surnommez la danseuse...

Olivier Conne : Oui en effet, j’ai à de multiples reprises qualifié la Bumotec s191 de « danseuse » car sa contre-broche effectue des mouvements de la plus grande élégance, à la fois beaux et d’une grande précision !

Guy Ballif : Plus sérieusement, j’ai l’habitude de dire que la s191 est en fait un véritable couteau suisse. A l’image de cet objet iconique possédant une quantité de fonctions, la s191 est somme toute une excellente base pouvant aisément être adaptée et même ajustée aux besoins spécifiques du client. Cela démarre avec un centre d’usinage relativement simple pouvant usiner des mailles de bracelets ou autres pièces industrielles prismatiques à partir de barres, jusqu’à une machine complète équipée d’une contre-broche, d’un système d’automation intégré et même des possibilités de meulage autorisant l’utilisateur à exécuter sur ce centre des pièces en céramiques, en métaux durs et mêmes en matières synthétiques, ceci avec une combinaison d’opérations de fraisages et de meulage conventionnels. Cette plate-forme couvre une vaste étendue de besoins clients. Et la versatilité de cette machine est finalement prouvée par le grand nombre de centres que compose le parc machine : plus de 600 exemplaires de la s 191 sont installés et en service dans le monde entier ! C’est suffisamment rare pour l’annoncer et surtout pour en être fier. Les plus grands atouts de ce modèle sont sa précision et sa stabilité thermique. C’est donc très agréable de pouvoir dès son enclenchement, avoir en quelques minutes seulement, une machine prête à l’emploi, capable de produire dès le premier jet, des pièces aux dimensions exactes. Une machine qui a une excellente renommée tant dans sa répétabilité que sa fiabilité. En presque 15 ans de vie, la s191 n’a subi aucune révolution, mais de nombreuses évolutions en ont fait une véritable référence dans le « mill-turn ».De plus elle est reconnue comme très simple à utiliser.

Une machine étonnante qui a fait ses preuves

MSM : Pourquoi inaugurer la 600e machine s191 vendue, est-ce que les ventes de cette machine auraient tendance à diminuer ?

Stéphane Violante : Bien au contraire, année après année les ventes de ce modèle ne cesse d’augmenter. Pour arriver à la six centième machine vendue, cela signifie qu’elle a fait ses preuves sur le marché et continue de répondre à un réel besoin... Malgré le fait que ce besoin évolue, la s191 continue à pouvoir y répondre sans problème. 600 machines installées et en service, c’est en soi un événement. Il est à noter que le premier centre mis en place fonctionne toujours à merveille, c’est donc un produit phare qui a indubitablement fait ses preuves, un gage de maturité de cette machine-là.

Guy Ballif : En effet, pour un client, quel gage de stabilité et de maturité de savoir qu’il y a déjà beaucoup de machines du même modèle qui tournent sans soucis. D’où une prise de risque nettement réduite et c’est ce fait là que nos clients apprécient.

Jean-Daniel Isoz: Il est important de rappeler que nous, tout comme la plupart des autres fabricants de machines Suisses probablement, ne concevons pas des machines ayant pour unique objectif prioritaire le plus grand volume de vente possible. Vendre 600 x Bumotec s191 identiques n’a jamais été l’objectif premier lors de sa conception. En revanche, comme pour le couteau suisse, construire une architecture produit sur un modèle de base fait sens. J’en veux pour preuve son succès commercial.

MSM : Chez Del West, votre slogan c’est «né pour innover» en quoi estimez-vous que l’acquisition de cette excellente machine vous permettra d’innover dans votre production ?

Olivier Conne : Afin de garantir une liberté d’innovation maximale dans nos produits, nous veillons à intégrer des équipements de production de dernière génération, très précis et flexibles. La possibilité de combiner des opérations d’usinage et de rectification sur la même prise est un réel atout tout comme les axes linéaires.

Guy Ballif : C’est grâce à la nouvelle façon d’utiliser la s191 chez Del West que nous ajoutons des lames à notre « couteau suisse » notamment par l’usinage de matières exotiques !

Olivier Conne : ...Oui, en effet, nous utilisons les matériaux de demain pour innover. Ces matériaux sont souvent difficiles à mettre en forme. Del West a d’ailleurs construit un savoir-faire étendu dans la réalisation de composants issus de matériaux réputés difficiles voire impossible à usiner.

MSM : Et la question embarrassante... Pourquoi donc avez-vous choisi une machine Bumotec ?

Olivier Conne : Notre stratégie industrielle consiste à acquérir des machines auprès de fournisseurs ayant une réelle pérennité et une avance technologique. Nous avons porté notre choix, en 2011 déjà, sur une première Bumotec pour réaliser des carrures de montres. Ce n’était pas la moins chère mais d’une qualité à toute épreuve. Nous voulions également nous assurer d’une certaine proximité avec le fournisseur, surtout avec des machines sophistiquées comme celle-là.

Guy Ballif : Rappelons qu’en 2010, la s191 était une pionnière notamment car proposant un usinage à la barre et équipée de moteurs linéaires. Nous étions des précurseurs.

MSM : Il est relativement rare dans le monde de la machine-outil de voir une machine perdurer si longtemps, pouvez-vous dresser l’historique des améliorations?

Guy Ballif : La plus grande évolution est de pouvoir travailler à partir d’une barre. Puis en travaillant à partir d’ébauches, nous avons intégré un système d’automatisation à partir de plateau de la taille d’une page A4, jusqu’à 50 pièces par plateau et un total maximal de 20 plateaux, développé récemment. Cette amélioration est devenue possible dès les années 2010 - 2011.

Jean-Daniel Isoz : Aujourd’hui ce centre d’usinage équipé de son automation est hyper compétitif en prix par pièce. Il est simple d’utilisation et ne nécessite pas de compétences particulières en robotique.

Retour en arrière lors de l'avènement de la s181

MSM : Au printemps 2016, on mentionnait que la s181 était plus précise et plus compacte que la s191 mais que néanmoins celle-ci allait continuer à se vendre...

Guy Ballif : Oui car la s181 possède deux stations qui fonctionnent simultanément. Le modèle s181 présente l’avantage de travailler la 6e face en temps masqué. Le modèle s191 ne le peut pas, mais offre un plus grand éventail de configurations possibles et permet de produire une plus grande variété de pièces.

MSM : L’acquisition de la s191 est-elle liée à un remplacement de machine, une augmentation de flexibilité de la production ou l’arrivée et la promesse d’une nouvelle production ?

Olivier Conne : Acquérir une plate-forme multiple combinant tournage et fraisage permettant la plus grande flexibilité. Actuellement nous en avons trois du même modèle.

MSM : Avez-vous comme stratégie de privilégier plutôt les investissements locaux ou au contraire de choisir la performance au meilleur prix ?

Olivier Conne : L’aspect local est un élément important, mais secondaire... nous nous approvisionnons auprès des meilleurs fournisseurs de notre point de vue ; qu’ils soient suisses ou internationaux.

MSM : Est-ce que les paramètres environnementaux tels que ... puissance nécessaire, filtrage des huiles, récupérations des lubrifiants... interviennent dans le choix d’une machine ?

Olivier Conne : Aujourd’hui pas encore mais cela va changer très vite... Nos clients nous posent ce genre de questions et ces éléments seront naturellement intégrés dans les critères de sélections lors des prochaines acquisitions.

MSM : Si le client en échange de l’achat d’une nouvelle s191, (ou à l’achat d’une autre machine neuve) vous « offrait » une vieille machine à reprendre, est-ce que vous entrez en matière ?

Guy Ballif : Cela arrive rarement... Sur le marché, il n’y a pas de machines Bumotec d’occasion.

Jean-Daniel Isoz: Au cas par cas nous faisons du retrofit, mais ce n’est pas notre « core business ».

MSM : Et l’outillage... qui est d’une grande importance dans l’usinage... Comment vous faites-vous conseiller ?

Olivier Conne : Nous avons des portes outils capto. Cela n’a pas été simple au début mais cela s’est avéré être un bon choix. En ce qui concerne les outils de coupe, nous testons beaucoup d’outils et nous avons développé de fortes compétences dans le choix des outils. Bumotec n’est pas avare non plus de conseils. La culture du service est très bonne au SAV ainsi qu’au sein du département de vente de Bumotec.

MSM : Dans quel salon suisse exposerez-vous l’an prochain ?

Olivier Conne : Nous sommes uniquement présents à l’EPHJ. Dans notre domaine, le sport automobile, il n’y a plus de salon dédié, donc nous nous concentrons sur le salon de Genève.

Stéphane Violante : Nous sommes présents dans de nombreux salons en Europe, tels que SIAMS, EPHJ en Suisse, T-Gold et MECSPE en Italie, Simodec et Micronora en France, AMB en Allemagne et MACH à Birmingham. Soit un total d’environ 14 événements internationaux auquel s’ajoutent des journées à thème appelées « Tech Days » ainsi qu’une journée « portes ouvertes » au publique.

MSM : Et que pensez-vous du nouveau salon Innoteq à Berne qui se déroulera en mars 2021 ?

Jean-Daniel Isoz: Je privilégie les petites expositions ciblées marchés/régions, car le temps des foires globales est révolu.

Guy Ballif : C’est vrai qu’en démultipliant les opportunités d’exposer on a tendance à désintéresser les clients. Nous avions abandonné Prodex, car c’était devenu trop généraliste. Nous privilégions notre showroom pour montrer notre savoir-faire, c’est particulièrement important de faire la démonstration de nos synergies entre SIP et Bumotec. Depuis le rapprochement de ces deux entités nous apportons plus de fiabilité et de valeur ajoutée à nos clients.

MSM : Comment la nouvelle s191 sera-t-elle utilisée au sein de l'entreprise Dell West ?

Olivier Conne : Les machines ne sont pas spécialisées, elles restent flexibles assurant une grande souplesse. Avec la dernière s191 nous faisons des pièces prismatiques, telles qu’attaches de bracelet, protèges couronne, fermoirs ou des pièces de boîtes à vitesse pour voiture de course. Notre force est de savoir usiner de multiples matière telles qu’inox, titane et alliages d’aluminium et des matériaux plus exotiques comme des aciers très spéciaux ou encore des composites à matrice métallique ou du carbone.

Note : Cet article ainsi que les photos ont été réalisés à fin 2019. MSM

(ID:46353334)