Willemin-Macodel fête cette année ses 50 ans, un jubilé marqué par un week-end festif durant lequel l'entreprise a proposé à ses employés, clients, partenaires et fournisseurs un événement inoubliable.
Patrick, Blaise et Olivier Haegeli sont fiers du chemin parcouru.
(Source : Matthias Böhm)
Fin juin, le fabricant de machines-outils delémontain a fait les choses en grand pour marquer ses 50 ans. Les festivités ont débuté dès le vendredi avec une première soirée réunissant près de 200 personnes. Étaient présents les clients, partenaires, fournisseurs de l'entreprise ainsi que la famille Haegeli au grand complet. Le lendemain, l'entreprise accueillait les employés et leur famille pour poursuivre la fête jusqu'au bout de la nuit, réunissant cette fois-ci près de 500 personnes. Un week-end de festivités mémorable auquel les rédactions du MSM et SMM étaient conviées. L'occasion de couvrir cet événement d'ampleur et de revenir sur la genèse de cette belle entreprise familiale.
Blaise Haegeli, fondateur de Willemin-Macodel SA
Témoignage
Que représente pour vous ce demi-siècle d'existence pour Willemin-Macodel ?
C'est un accomplissement et cela me réjouis. Je me suis battu durant 40 ans contre vents et marées. J'ai monté au départ un réseau de vente pour m'occuper de la direction de la société. Sachant que j'étais au moins 3 mois sur les routes partout dans le monde pour m'occuper des marchés parallèles, les débuts étaient compliqués.
Comment êtes-vous investi dans l'entreprise aujourd'hui à 83 ans ?
J'y suis encore très impliqué, je m'y rends presque quotidiennement, mais je ne considère pas ça comme un travail, plutôt un hobby. J'y vais par plaisir, pour voir ce qu'il s'y passe, essayer de donner des idées, d'étudier les produits, analyser le marché et rester visionnaire.
Quel est le conseil que vous donneriez en tant que fondateur et dirigeant ?
De savoir bien s'entourer, c'est primordial. Cependant, il faut toujours garder la main et savoir donner les directives.
Comment percevez-vous la collaboration entre vos fils ?
Ils sont complémentaires, ont un but commun. Il est donc dans leur intérêt de trouver des compromis afin de naviguer vers le même objectif et pouvoir confronter leurs idées. Parfois, leur relation fait des étincelles mais je pense que c'est bon signe : cela signifie qu'ils ont du caractère !
Quel conseil leur donneriez-vous ?
La fougue entrepreneuriale c'est bien, mais il faut savoir parfois se tempérer.
Quel est votre leitmotiv ?
Il faut faire savoir notre savoir-faire.
Retour sur les origines de l'entreprise
« Il en fallait de la force de conviction et de la détermination pour lancer une entreprise active dans la machine-outil en 1974. » C'est par ces mots que débute le discours de Patrick et Olivier Haegeli, qui retracent avec beaucoup de détails et d'anecdotes les jalons de l'entreprise familiale.
Les deux frères qui co-dirigent l'entreprise aujourd'hui ne manquent pas d'éloges sur ce père visionnaire qui a l'entrepreneuriat dans le sang. Ils ajoutent même à son sujet « le capital de l'entrepreneur, c'est son idée, c'est sa vision, c'est son énergie, c'est sa détermination, c'est sa force de conviction, sa force de travail. C'est beaucoup d'optimisme et un peu d'inconscience. »
Il y a 50 ans, la crise du quartz touchait l'industrie horlogère en Suisse, le choc pétrolier de 1973 apportait son lot de complication pour l'économie et surtout Blaise Haegeli était tout jeune papa … ce qui ne l'a pas arrêté pour créer son entreprise : Macodel SA (l'acronyme de MAChine-Outil DELémont). Les débuts ne sont pas simples. Un jour, de retour de France où il est allé prospecter, Blaise Haegeli rencontre par hasard M. Paul Willemin, qui est alors constructeur de machines spéciales chez Piquerez SA à Bassecourt. Blaise Haegeli partage avec Paul Willemin la vision d'une machine-outil destinée au marché horloger : l'idée fondatrice de Macodel. Une connivence professionnelle se crée dont nait une collaboration. Paul Willemin fondera Willemin Machines SA en 1975. Willemin Machines développera et assemblera les machines, tandis que Macodel SA assurera la promotion et la vente, la mise en service, le développement des applications et le service après-vente.
En 1977, Macodel déménage à Delémont dans les mêmes locaux que Willemin Machines et devient Willemin-Macodel SA. L'association des deux noms permet de marquer le lien fort avec les machines qui portent le nom Willemin. La collaboration a perduré jusqu'en 2003, année durant laquelle Willemin-Macodel a racheté son partenaire historique pour fusionner l'ensemble de l'activité chez Willemin-Macodel SA.
Le premier projet issu de collaboration entre Blaise Haegeli et Paul Willemin fut le développement d'une fraiseuse à copier pour la fabrication de boîtes de montres : la légendaire machine à copier W-011. L'objectif était de produire une cinquantaine de machines, en fait plus de 700 unités furent construites jusque dans les années 80. Déjà à l'époque, ce succès ne doit rien au hasard. L'analyse marketing et le concept technologique avaient été parfaitement réalisé.
Hommage au père fondateur, Blaise Haegeli
Olivier et Patrick concluent sur la genèse de l'entreprise familiale en rappelant que la vie d'une entreprise n'est jamais un long fleuve tranquille et les premières années sont un parcours d'une folle intensité. Ils en viennent donc à poser la question directement à leurs parents, Blaise et Lucienne : « Dites-nous franchement, comment avez-vous fait ? »
Car en plus d'avoir toujours été présent pour la famille, il fallait travailler sur tellement de fronts simultanément : déterminer les produits à développer, développer les marchés, recruter le personnel qualifié et motivé, assurer le paiement des factures et des salaires, établir la comptabilité, et aller à confesse tous les mois chez les banquiers exigeant les ouverts. Bref, il fallait asseoir l'entreprise.
Pour ça, ils ont pu s'appuyer l'un sur l'autre, mais aussi sur des collaboratrices et des collaborateurs de la première heure qui, pour un nombre important, les ont accompagnés jusqu'à leur retraite, voire parfois bien au-delà. C'est ce lien humain fort qui a assurément assis la solidité de l'entreprise et sa longévité.
Situation au30.10.2020
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50 ans de jalons technologiques
Difficile de revenir sur un demi-siècle d'innovations, mais quelques moments marquants sont à relever dans l'histoire de Willemin-Macodel.
En 1978, Blaise Haegeli se rend à l'IMTS (International Manufacturing Technology Show) à Chicago. Sont présentés les premiers produits à commande CNC, notamment réalisés par des constructeurs japonais et américains. Cette même année, la première fraiseuse à commande numérique (une commande NUM) est développée ipso facto : le modèle W130, une machine multi-broches (horizontales et verticales) à 3 ou 4 axes CNC, essentiellement conçue pour l'usinage d'éléments de boîtes de montres, une industrie très florissante dans l'arc jurassien.
Dès le début des années 80 sortent les premiers centres d'usinage CNC à 5 axes simultanés. Très vite, la société développe des solutions spécifiques selon les besoins des clients. Au cours de plusieurs années de constante expansion, comprenant notamment divers agrandissements et l'ouverture de bureaux de vente et de prestations de services répartis dans le monde entier (Allemagne, États-Unis, Russie, Chine), la gamme de machines évolue, comprenant des tours frontaux et des centres d'usinage. Dans les années 90, la société est la première à proposer une fraiseuse travaillant à partir de barres. Sont ensuite lancés les premiers centres d'usinage fraisage / tournage à partir de barres qui sont reconnus mondialement. L'effectif du personnel (10 collaborateurs en 1980, 120 en 2009, 250 en 2013) suit l'évolution de la société, qui emploie aujourd'hui plus de 370 collaboratrices et collaborateurs qualifiés sur le site de Delémont ainsi qu'une quarantaine de personnes dans ses filiales en Allemagne, en Chine, en Inde et aux USA. Avec plus de 20 jeunes en formation dans les métiers techniques et commerciaux, l'apprentissage et la pérennisation du savoir-faire sont au cœur des préoccupations.
Depuis le rachat de Willemin Machines SA par Willemin-Macodel SA en 2003, tous les développements, la fabrication, la vente et les services sont gérés sous la même entité. L'année 2009 voit le déménagement de l'entreprise à Delémont-ouest, dans des locaux modernes et fonctionnels de 9000 m2. Jusqu'à cette date, l'entreprise occupait deux usines à Bassecourt ainsi que divers locaux répartis dans la vallée de Delémont, ce qui compliquait considérablement les flux logistiques.
Le fait de pouvoir disposer de l'outil industriel dans son entier a permis de planifier les étapes essentielles du développement de l'entreprise.
Depuis 2020, l'entreprise bénéficie de 5000 m2 supplémentaires. Cette même année, Willemin-Macodel a eu l'honneur d'être nommée lauréat du prestigieux prix SVC. Ce prix a été un encouragement à poursuivre les efforts menés par l'entreprise, une belle reconnaissance pour l'ensemble des personnes qui font Willemin-Macodel.
L'histoire de Willemin-Macodel n'a pas fini de s'écrire, et parions que les 50 prochaines années seront au moins aussi belles voir plus que celles écoulées ! MSM