Il est venu, il a vu et tout le monde l'a compris !

SIAMS 2018 : Johann N. Schneider-Ammann s’offre une séance de rattrapage

| Auteur / Rédacteur: Pierre-Yves Kohler, directeur de FAJI SA / Jean-René Gonthier

Le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann en séance de rattrapage à Moutier: « Avec la Swiss Entrepreneurs Foundation, nous disposerons d’un demi-milliard de francs suisses pour aider les start-ups à industrialiser leurs projets ».
Galerie: 21 photos
Le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann en séance de rattrapage à Moutier: « Avec la Swiss Entrepreneurs Foundation, nous disposerons d’un demi-milliard de francs suisses pour aider les start-ups à industrialiser leurs projets ». (Source : Pascal Crelier)

A l’occasion de l’inauguration de SIAMS, les organisateurs avaient dû, la mort dans l’âme, annoncer que Monsieur le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann ne pouvait participer pour cause de maladie...

Juste avant la partie officielle, une rencontre avec des industriels de l’Arc jurassien était initialement prévue pour leur permettre d’échanger librement dans une ambiance sympathique. Tout avait été annulé...

Mais, il a tenu promesse et il est venu...

Conscient de l’importance d’échanger avec des responsables d’entreprises et ainsi de rester au contact avec les préoccupations des industriels de l’Arc jurassien des microtechniques, M. Johann Schneider-Ammann a souhaité la mise en place d’une « séance de rattrapage ». Cette dernière, organisée par FAJI, responsable du salon des microtechniques SIAMS, s’est tenue le 24 mai à Moutier, dans les locaux du restaurant les deux tours de Tornos. Une douzaine de chefs d’entreprises couvrant différents domaines de la microtechnique ont répondu présents. Cette rencontre s’est tenue dans une ambiance conviviale et décontractée et les échanges ont été très fructueux…

Une arrivée en toute décontraction

Emploi du temps de ministre oblige, Monsieur Schneider-Ammann disposait de deux heures pour la discussion et le repas. Vers 18h55 son hélicoptère s’est posé sur le terrain d’entraînement de football juste derrière le Forum de l’Arc et c’est à pieds que le conseiller fédéral s’est rendu au lieu de rendez-vous. L’occasion de revenir quelques minutes sur le succès de SIAMS 2018 avec son directeur Pierre-Yves Kohler. Ce dernier a confirmé au conseiller fédéral que l’édition de 2020 est déjà quasiment complète et l’a chaleureusement invité à venir le visiter quand bien même il ne sera plus en poste. 

Une ambiance constructive et positive

Une fois arrivé dans le hall d’entrée du restaurant, le chef du département de l’économie a salué tous les chefs d’entreprises avant que Raymond Stauffer, président de FAJI l’accueille officiellement et remercie Tornos de l’accueil au sein de leur restaurant et incubateur. Après un apéritif sympathique dans ce cadre magnifique créé dans le vieux bâtiment de l’usine Junker, les discussions sont entrées dans le vif du sujet. M. Schneider-Ammann a lancé plusieurs thèmes de discussion.

La digitalisation et son impact sur la recherche et la formation

En effet, même si les formations de base de nos apprentis, techniciens et ingénieurs sont excellentes en Suisse, l’accélération du monde technologique (et notamment la digitalisation) a tendance à rendre leurs compétences rapidement obsolètes ou du moins nécessitant un rafraîchissement. La formation continue est donc indispensable. Le conseiller fédéral informe les participants que pour les années 2019-2020, il dispose d’un fond de 213 millions dont destinés à la recherche et à la formation.

La discussion tourne autour du fait que de nombreux outils existent et que malheureusement parfois les PME/TPE voient les programmes d’aide comme très compliqués. Le Conseiller fédéral incite les entrepreneurs à ne pas hésiter. L’image de ces programmes est souvent beaucoup plus complexe que la réalité.

L'industrie 4.0, un passage obligé pour les firmes suisses

En parlant d’industrie 4.0 et de digitalisation, Messieurs Schuler, CEO de DIXI Polytool et Haegeli, co-CEO de Willemin-Macodel insistent bien sur le fait que la digitalisation n’est pas un effet artificiel où l’on se dit subitement « je vais faire du 4.0 », mais bien une évolution intimement liée aux processus de l’entreprise… et bien entendu la formation continue des collaborateurs y est d’extrême importance. Philippe Scemama, président de LNS explique que de nombreuses institutions de formation continue, comme par exemple le CIP à Tramelan, sont reconnues loin à la ronde pour la qualité des formations continues qui y sont dispensées… mais toutes les entreprises ne sont aujourd’hui pas encore nécessairement conscientes de l’importance de la formation continue. M. Arrieta, General Manager de Mikron résume assez bien la situation : de nombreuses possibilités existent, mais il n’est pas toujours facile de les mettre en œuvre.

M. Schneider-Ammann acquiesce et précise que l’effort en vaut la peine. A titre d’exemple, il explique que près de 700 collaborateurs de son département ont été initiés pendant un après-midi à la programmation et que la curiosité et l’implication de ses collaborateurs a été exceptionnelle.

Travail en réseau et collaboration

Gilles Robert, CEO de Ceramaret revient sur l’évolution des technologies qui ont un impact sur la manière de voir l’environnement économique et concurrentiel. L’Arc jurassien dispose d’un terreau fertile et d’un savoir-faire extraordinaire. Il devient plus simple de travailler en réseau et de dépasser la vision classique de donneur d’ordre et de sous-traitant. Olivier Haegeli explique qu’une des barrières peut être le coût de la technologie. M. Schneider-Ammann ne veut pas doucher un bel optimisme, mais il précise toutefois que selon sa longue expérience, le travail en réseau est difficile, surtout si les entreprises impliquées suivent les mêmes cycles économiques. Il félicite toutefois les entrepreneurs présents pour les idées et leur volonté d’aller de l’avant.

Innosuisse fait de vos idées innovantes une réalité

Le Conseiller fédéral présente rapidement les services d’Innosuisse qui encourage des projets d’innovations basés sur la science que les entreprises, principalement des PME, mènent conjointement avec des partenaires de recherche. Il explique que cette structure est très légère et très loin de la bureaucratie que l’on imagine. Philippe Scemama explique que, selon lui, Innosuisse doit plus se vendre auprès des PME. Johann Schneider-Ammann prend note et encourage les entrepreneurs à contacter cette institution et son président André Kudelski. Le territoire Suisse et celui de l’Arc jurassien en particulier regorgent de pépites et de petits génies et Innosuisse leur permet de recevoir un coup de pouce bienvenu.

« N’hésitez pas à contacter le nouvel Innosuisse, grâce à André Kudelski il est plus efficace et plus réactif » déclare Johann Schneider-Ammann

Un vivier à protéger

Pierre-André Bühler, président de ETA et membre de la direction générale de Swatch Group insiste sur le fait de la richesse de notre territoire et la présence de nombreuses TPE abritant des technologies extraordinaires, notamment dans l’impression 3D et la technologie des poudres. Où l’on nécessitait de 6 mois pour disposer d’un prototype il y a quelques années, on peut en disposer aujourd’hui en 6 semaines. Il précise que le Swatch Group forme plus de 400 apprentis, et que la main-d’œuvre qualifiée reste une priorité absolue, que la formation soit de base ou continue. M. Cédric Monnin CEO de Tavadec partage ce constat et insiste également sur l’importance de la formation dans des métiers « de base » comme polymécanicien. Il relève l’importance du programme #bepog de valorisation des métiers techniques. M. Schuler relève également l’effort particulier qui doit être fait pour informer la moitié de la population… que les métiers techniques offrent également leurs places de travail aux femmes.

Swiss Entrepreneurs Foundation – un nouvel outil pour les start-ups

Cette nouvelle fondation âgée d’à peine quelques mois est présentée par M. Schneider-Ammann. Financée par des fonds privés, elle a pour but d’aider les start-ups lors de la phase d’industrialisation et ainsi éviter la fuite des cerveaux par exemple vers la Californie. Si les entreprises restent en Suisse, c’est un plus pour la compétitivité du pays et pour assurer le plein emploi. L’enveloppe budgétaire qui devrait être à disposition devrait avoisiner le demi-milliard.

« Avec la Swiss Entrepreneurs Foundation, nous disposerons d’un demi-milliard de francs suisses pour aider les start-ups à industrialiser leurs projets » déclare Johann Schneider-Ammann

Iran, frontaliers, libre-échange et paysans

La discussion s’est ensuite dirigée sur tous les sujets de préoccupations des entrepreneurs présents. Michael Hauser, CEO de Tornos a notamment abordé la problématique de l’accès au marché en Iran tout en relevant l’efficacité du SECO. M. Schneider-Ammann a souligné que la situation restait très délicate dans ce dossier et que beaucoup allait dépendre de la position de l’UE.

En ce qui concerne les autres sujets soulevés, M. Schneider-Ammann a pu proposer des pistes de solutions et de contacts très intéressantes à tous les participants. Il a relevé l’importance de la volonté d’entreprendre pour réussir. Volonté affichée par les entreprises, mais qui doit être un état d’esprit également au sein de son département.

Une soirée sous le signe de l’échange

A neuf heures piles et comme convenu, le chef de l’économie a pris congé. Tous les participants ont relevé la très bonne ambiance et la valeur des pistes discutées. Une visite de l’incubateur i-moutier a ensuite été réalisée. Pierre-Yves Kohler conclut : « Cette soirée a été à l’image de SIAMS, décontractée, sympathique mais également très professionnelle et apportant de la valeur. J’espère que nous aurons l’opportunité de refaire une telle manifestation à l’avenir et en rêvant un peu, pourquoi pas la mettre sur pieds chaque année » ? MSM

Ajouter un commentaire

copyright

Ce texte est protégé par les droits d'auteur. Si vous désirez l'utiliser pour des besoins personnels veuillez consulter les conditions suivantes sur www.mycontentfactory.de (ID: 45326160 / Personnalités)