Événement

Rétrospective EPHJ 2024 : paroles d'exposants

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Celso Gorrara, ingénieur projets R&D chez Schaublin Machines
Interview

Pouvez-vous nous présenter la nouvelle S19-15V ?

La S19-15V est une machine transfert avec une table rotative à 15 positions. Dans la configuration présentée ici, elle dispose de 12 stations d'usinage en environnement fermé et de 3 postes en environnement opérateur, comprenant une station de mesure, une station de chargement/déchargement, et une station de pressage qui peut être utilisée pour d'autres fonctionnalités.

Toutes les broches sont équipées de HSK 16 ou HSK 32. Au centre de la machine se trouve un robot qui sert de changeur d'outils. Ce robot apporte une grande aide à l'opérateur pour les mises en train, la gestion des outils frères, et les changements d'outils en cas de casse par exemple. La longueur d'outil est également mesurée de manière automatique pour ajuster les paramètres machines. La machine dispose d'un système de mesure intégré et d'une correction des offsets en boucle fermée, le Hive closed loop, développé en partenariat avec Stemys. Différentes options additionnelles sont disponibles en fonction des besoins de clients, comme le chargement manuel ou robotisées avec palettiseur, l'ajout d'un bol vibrant, etc. Voilà dans les grandes lignes les caractéristiques de la machine.

Pourquoi avoir développé cette machine ?

Historiquement, Schaublin fabriquait des machines de transfert dans les années 60-70. Pour diverses raisons, ces machines ont été abandonnées au profit du développement de tours pour l'usinage de métaux durs. Le développement de la S19 est né d'un besoin interne, et nous avons récemment reçu l'autorisation de la direction de présenter et vendre cette machine à l'externe. Elle est présentée à l'EPHJ en première mondiale.

Cette machine est parfaitement adaptée aux grandes séries, qui jusqu'à présent demandaient des temps de mise en train longs, fastidieux et très lourds. Nous avons donc axé le développement sur la convivialité, la modularité et la flexibilité de la machine, afin de faciliter le travail de l'opérateur et d'optimiser le processus de production. La S19 est néanmoins également intéressante pour des lots plus petits, en fonction du design des pièces.

Quelle est la pièce fabriquée sur le stand ?

Nous fabriquons une masse oscillante. Notre but cependant n'état pas de fabriquer une pièce finie, mais de démontrer un maximum de possibilités d'usinage sur la machine avec un pièce de démonstration. Nous avons du rabotage, du fraisage fin, du gravage, y compris sur cône, du diamantage sur cône, des décors avec remontées d'angle, du fraisage-perçage latéral, sachant que les deux faces sont usinées, une station étant utilisée pour retourner la pièce. L'usinage des deux faces prend 4 minutes.

Existe-t-il d'autres version de la S19 ?

Nous avons un modèle de base avec 6 stations d'usinage, une station de mesure et le chargement manuel. Cette version sans options mais parfaitement opérationnelle répond déjà à plusieurs besoins pour un budget d'environ 800 000 francs. La S19-15V présentée aujourd'hui est « full option », pour un budget d'environ 1,5 millions de francs.

De g. à d. : Celso Gorarra, Yoann Thomet et Bastien Burkhalter 
de Schaublin Machines (ayant tous trois travaillé au développement 
de la S19, visible en arrière plan), accompagnés de Raphaël Müller 
de Stemys, à l'EPHJ 2024.(Source :  Marina Hofstetter)
De g. à d. : Celso Gorarra, Yoann Thomet et Bastien Burkhalter 
de Schaublin Machines (ayant tous trois travaillé au développement 
de la S19, visible en arrière plan), accompagnés de Raphaël Müller 
de Stemys, à l'EPHJ 2024.
(Source : Marina Hofstetter)

Raphaël Müller, director industrial/digital solutions chez Brütsch/Rüegger Tools et CEO de Stemys SA
Interview

Comment est né le partenariat entre Stemys et Schaublin Machines ?

Jusqu'à aujourd'hui, seule une entreprise française proposait une solution de correction automatique, c'est donc un domaine encore très peu occupé. Nous voulions donc absolument nous positionner et surtout apporter ce savoir-faire en Suisse, d'autant plus que les fabricants de machines sont là ! Nous recherchions donc un moyen de développer cette compétence, nous voulions apprendre. Pour Schaublin, nos compétences en software étaient attractives, car manquantes de leur côté. Il y a eu une certaine prise de risque des deux côtés car aucun des deux partis ne pouvait s'investir de manière trop importante financièrement. Nous nous sommes finalement lancés et en trois mois, nous avons réussi à développer l'application Hive closed Loop, un module logiciel de correction automatique des offsets dont la machine S19-15V, présentée en avant-première mondiale sur le stand de Schaublin, est équipée.

L'option Hive closed loop sera-t-elle disponible sur d'autres machines ?

Du côté de Schaublin, nous travaillons actuellement, à la demande des clients, à l'implémentation de cette option sur tous les tours CNC. De notre côté, nous sommes également en discussion avec d'autres fabricants. Ici on travaille en boucle fermée sur une machine, mais on pourrait également imaginer utiliser un PC équipé du Hive Closed Loop rattaché à plusieurs machines et qui gère les corrections automatiques des offsets de plusieurs machine en parallèle. Un projet d'une complexité encore un cran plus élevée.

Quels autres éléments influent sur la complexité de la correction automatique des offsets ?

La correction automatique des machines est un sujet très actuel, car elle apporte énormément d'avantages. Mais c'est également un sujet très complexe, car il nait du mariage de plusieurs monde : la machine-outil, le contrôle-qualité, le software, etc. Un défi important est la disponibilité des données.

Dans la plupart des cas, les données nécessaires à la correction de la machine proviennent du contrôle qualité qui se fait en majorité en dehors de la machine. Ces données doivent ensuite passer dans un algorithme qui calcule la correction à apporter, et cette correction doit ensuite être implémentée dans la machine.

Un point de travail est aussi l'intégration des données directement depuis la FAO, soit via le fichier 3D, soit via le code ISO. L'idée est d'automatiser au maximum le processus dans son ensemble. Mais pour cela, il doit se créer des synergies entre les différents corps de métiers et les différents fournisseurs. Si tout le monde s'assoit autour d'une même table dans un intérêt commun, je suis convaincu que l'on arrivera à quelque chose de très puissant.

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