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Les innovateurs de suisse romande récompensés pour leurs projets Prix Industrie 4.0 « The Shapers »

| Auteur: Marina Hofstetter

Pour la troisième année consécutive, le collectif « Manufacture Thinking », associé aux chambres de commerce romandes, a décerné le Prix Industrie 4.0 à 11 personnalités de l'industrie suisse romande.

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Le Prix Industrie 4.0 reçu par les lauréats lors de la soirée de remise des prix du 3 septembre 2020.
Le Prix Industrie 4.0 reçu par les lauréats lors de la soirée de remise des prix du 3 septembre 2020.
(Source : MSM / Marina Hofstetter)

Ce prix vise surtout, au-delà des projets présentés, à récompenser leurs initiateurs pour leur rôle de leader de l'innovation dans le domaine du digital. Comme le déclare Xavier Comtesse, membre du jury et organisateur de la soirée : « Il est important de montrer les visages de l'industrie, et pas seulement ses machines. » Bien que le prix récompense des personnes spécifiques, Xavier Comtesse n'oublie néanmoins pas de rappeler que « dans une entreprise il y a rarement un seul inventeur, ce sont souvent des équipes qui développent les innovations. »

La liste des lauréats, appelés « Shapers », avait déjà été dévoilée en février 2020, et les récompensés ont enfin pu recevoir leurs prix en mains propres lors d'une soirée de gala le 3 septembre dernier, non loin de Genève. Une soirée dédiée à ces innovateurs, qu'on a parfois tendance à oublier ou à cacher derrière la présentation de leurs accomplissements. « À défaut de matières premières, la Suisse dispose de matière grise. Une denrée précieuse mise aujourd'hui à l'honneur », soutient Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de Commerce, d'Industrie et des services de Genève (CCIG).

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Pour rappel, voici la liste des « Shapers » 2020 :

  • Agnes Petit, de l'entreprise Mobbot (FR), pour le projet « Impression 3D en béton » ;
  • Thierry Vialenc, de l'entreprise Sogetri (GE), pour le projet « Trieuses de déchets utilisant l'IA » ;
  • Anne Tayac, de l'entreprise Givaudan (GE), pour le projet « IA & Parfum » ;
  • Stéphane Poggi, de l'entreprise Felco Motion, et Nathalie Nyffeler, de l'HES-VD (NE/VD), pour le projet « Du sécateur à la Data » ;
  • Christophe Taramarcaz, de l'entreprise HoroSys (NE), pour le projet « Précurseur en termes de Smart Micro Factory » ;
  • Denis Piquerez, de l'entreprise Soprod (VS), pour le projet « Mouvements pour smart watches avec des aiguilles » ;
  • Steve Tanner, de l'entreprise ecoRobotix (VD), pour le projet « Agriculture robotisée, connectée et écologique » ;
  • Philippe Crevoisier, de l'entreprise Crevoisier (JU), pour le projet « Développement d'une cellule de polissage via un robot collaboratif » ;
  • Jean-Marie Hotz, de l'entreprise Hot's Design Communication (BE/Bienne), pour le projet « Easy Docmaker, une plateforme pour une communication multi-canal ».

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

L'industrie du futur concerne tous les domaines

La digitalisation est un thème actuel dans tous les domaines de l'industrie. Les innovations que représentent les lauréats 2020 couvrent des secteurs très divers : la construction, l'industrie textile, les techniques médicales, l'environnement, l'agriculture, la viticulture, l'horlogerie, les techniques de production, l'industrie cosmétique et l'industrie agro-alimentaire. De manière générale, tous les projets présentés tendent à optimiser l'utilisation des ressources énergétiques et des ressources humaines. « Difficile de prédire exactement à quoi ressemblera le futur de l'industrie. Néanmoins, on voit progresser depuis quelques années la notion du développement durable. Et ces innovations ont toutes un point commun : proposer de nouvelles manières de travailler qui directement ou non, conduisent à un développement plus durable, que ce soit sous un angle économique, environnemental, sociétal ou les trois à la fois. Chacune de ces innovations est porteuse d'espoir pour le tissu économique de la Suisse », déclara Laurence de la Serna, présidence de la CCIG, en ouvrant la cérémonie.

La Suisse en première ligne

Les « Shapers » façonnent aujourd'hui l'économie de demain. Ils transforment une idée en projet, un projet en produit ou en service, et ils contribuent ainsi à créer de la valeur économique », explique Vincent Subilia. L'innovation est en effet indispensable au développement économique du pays, mais ce que l'on fait de l'innovation l'est tout autant. « La Suisse est pour la dixième année consécutive élue pays le plus innovant du monde. Il faut néanmoins s'assurer que le fruit de ces innovations soit maintenu en Suisse afin de transformer ses belles idées en valeur économique et en emplois », appuie Laurence de la Serna.

Le Prix Industrie 4.0 est un geste de reconnaissance de la part du jury et des chambres de commerce, qui affirment ainsi leur soutien aux entreprises suisses et à leurs innovateurs, moteurs de l'industrie.

La reconnaissance du travail accompli

Cette soirée de gala a donc rassemblé 121 personnes invitées, qui ont pu profiter d'un apéritif dans un cadre champêtre avant de rejoindre la salle où se déroulait la remise des prix. Pierre-Yves Bonvin, lauréat, et son équipe de chez Steiger Participations SA, ont distribué à chacun des invités à l'entrée de la salle un masque barrière tricoté sur leurs machines 3D. Une belle démonstration de la capacité de la technologie récompensée. À la fin de cette cérémonie, tous les participants ont été conviés à un dîner volant sur fond musical à cappella.

Une ambiance agréable, qui a permis à tous de continuer à discuter « innovation » et tout ce qui va avec. Car au-delà de la visibilité qu'apporte le fait d'être lauréat d'un prix industriel, tous s'accordent sur le fait que la reconnaissance dont ce prix atteste est importante pour eux, pour leurs équipes, et pour leurs entreprises. Cette récompense du travail accompli est une source importante de motivation, essentielle aux comportements novateurs.

Découvrez maintenant les portraits des lauréats, leur vision sur l'innovation et l'industrie suisse, ainsi que des vidéos de présentation.

Agnes Petit, Mobbot (FR), « Impression 3D en béton »

Agnes Petit a fondé Mobbot en 2018. L'entreprise compte 11 employés, et est basée à Fribourg en Suisse.

Interview

Pouvez-vous décrire brièvement votre activité/votre produit ?

Mobbot développe et exploite des plateformes robotisées automatisées d'impression de béton en 3D pour les entreprises de construction et les pré-fabriquants. Une technique de projection de béton brevetée produit des éléments jusqu'à vingt fois plus vite, avec 30 % d'émissions de CO2 en moins que les méthodes standards de coffrage. L'impression 3D-béton de produits de services publics souterrains pour les télécommunications, l'énergie et l'eau est beaucoup plus rapide et plus durable que les coffrages traditionnels. Les entreprises de construction peuvent ainsi travailler plus efficacement avec une production « just-in-time » et un minimum de travail manuel.

Pour quelle raison avez-vous choisi de vous lancer dans ce développement?

Je travaille depuis 13 dans le domaine de la construction et suis confrontée depuis ces nombreuses années à l'inefficacité de ce secteur. Et c'est aussi un des secteurs émettant le plus de CO2. J'ai lancé Mobbot pour offrir une solution alternative plus efficace et durable à la construction traditionnelle.

Que vous a apporté le fait d'être lauréate de ce prix ?

Principalement de la visibilité.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Nous venons d'annoncer la commercialisation de notre solution d'impression 3D et le partenariat avec la société jurassienne Matériaux Sabag. Il s'agit de peaufiner techniquement notre solution stationnaire et la développer en suisse allemande et dans d'autres pays. Nous avons des demandes de sociétés basées en Europe et en Asie principalement. La vision est d'offrir un panel de solution mobile, permettant d'amener la fabrication additive directement sur le chantier.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

La Suisse est le pays le plus innovant au monde. Cependant tous les secteurs industriels ne sont pas tous à la même page. Il y a je trouve de très fortes disparités entre les secteurs en Suisse. La raison est principalement dû à la taille du marché. Alors que certains abordent la 5e révolution industrielle, c'est-à-dire la fabrication écologique et responsable, d'autres sont encore à la traîne et n'ont pas encore atteint la 3e révolution industrielle, celle de l'automation. Le secteur de la construction en est un exemple frappant ! Nous misons et cherchons à travailler avec des précurseurs et des entreprises visionnaires et audacieuse. On a pas le temps de convaincre ou travailler avec ceux qui doutent. Ils disparaitront tôt ou tard.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Pierre-Yves Bonvin, Steiger Participations (VS), « Machine textile 3D »

Steiger, fondée en 1949, est une société comptant une centaine de collaborateurs. L'entreprise produit des machines à tricoter rectilignes industrielles pour 3 segments : la mode, le médical et la technique.

Au début des années 2000, une grande partie de la production textile a été délocalisée en Asie pour des raisons de coûts. Pour suivre ses clients du domaine de la mode, Steiger construit alors en 2007 une usine en Chine. L'enjeu était néanmoins de pérenniser les emplois sur le site valaisan de l'entreprise. Pour des raisons d'efficacité, le développement des machines et une ligne de production ont été maintenus en Suisse. « Il nous fallait développer des machines amenant suffisamment de valeur ajoutée à nos clients pour qu'ils soient capables de payer des machines fabriquées en Suisse. C'est la raison pour laquelle nous avons innové avec des machines qui tricotent des produits en 3 dimensions », explique Pierre-Yves Bonvin, CEO de Steiger Participations SA.

Interview

Pouvez-vous nous expliquer plus en détails les avantages qu'apportent votre produit ?

Prenons le cas d'un pull. Une machine traditionnelle tricote en 2 dimensions des panneaux séparés, à savoir l'avant du pull, l'arrière, les manches. Ces pièces sont ensuite assemblées manuellement lors d'une opération de 25 minutes appelée confection. Cela participe à 40 % du prix du pull si l'opération est faite en Europe et à moins de 5 % en Chine. Cette différence explique la délocalisation de l'ensemble de la production en Asie. Grâce à notre innovation, pour le même pull, notre machine tricote en parallèle, 3 tubes de diamètres différents : le corps au milieu et les 2 manches de chaque côté. Arrivée au niveau des aisselles, la machine va réunir les 3 tubes, et continue à tricoter les épaules et le col. Le pull sort quasiment terminé de la machine. Cela permet donc de limiter à moins de 5 minutes l'opération de confection et de rendre le prix du pull compétitif par rapport à un prix asiatique.

Nous avons ensuite adapté le tricotage en 3 dimensions pour les applications orthopédiques et médicales dans le traitement des grands brûlés. Nous avons développé une solution digitale qui permet l'installation d'un scanner dimensionnel dans un hôpital. Le membre du patient atteint de brûlure au 3e degré est scanné. Les dimensions sont envoyées par le médecin sur le soft de programmation graphique de la machine, à travers une application web développée par Steiger. Automatiquement, la machine utilise les paramètres du patient pour tricoter le vêtement de compression ayant une force de contention bien spécifique. En moins de 48 heures, notre solution permet de retourner ce pansement sur mesure au client. La compression du membre permet une croissance de l'épiderme beaucoup plus harmonieuse et réduit les cicatrices inhérentes à ces brûlures extrêmes.

Pour ce qui est du tricotage technique, il est lié à notre capacité à tricoter des fibres hautes performances comme la fibre de verre et la fibre de carbone. Notre machine tricote en 3 dimensions une préforme qui est ensuite enduite de résine et déposée dans un moule. Après quelques heures, la pièce solidifiée sort du moule et peut être usinée. Nous sommes capables d'offrir une solution industrielle pour produire des pièces complexes ultralégères et ultrarésistantes. Nous tricotons par exemple des pièces de l'avion solaire SolarStratos qui volera à plus de 30 000 m d'altitude.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

L'innovateur doit être capable de comprendre le besoin des clients, de bien connaître les compétences de son entreprise et de créer l'environnement nécessaire pour construire le pont entre ses ressources et les besoins du marché. Dans notre cas, nous avons combiné une innovation avec la création d'une machine à tricoter en 3 dimensions, et une diversification en s'orientant vers le tricotage de préformes de fibres composites.

Sur le moyen terme, nous voulons continuer à améliorer nos compétences dans le digital. Nous étions des constructeurs de machines avec un bureau technique peuplé d'ingénieurs en mécanique très pointus. Afin de faire face à la complexité de la 3e dimension, nous avons dû fortement renforcer notre capacité de programmation avec des ingénieurs en informatiques de différents niveaux. La gestion et la programmation de nos machines devenaient trop complexes. Nous avons dû simplifier nos interfaces, rendre la programmation beaucoup plus intuitive pour nos clients et ajouter de nombreuses solutions digitales autour de nos machines, telle qu'une gestion de production décentralisée.

Dans le cadre de notre diversification dans le segment de tricot technique, nous avons aussi ajouté des ressources spécialisées dans la construction de pièces composites. Nous avons été confrontés à des barrières d'entrées élevées, par exemple dans l'aéronautique où une pièce doit attendre environ 4 à 5 ans avant d'être certifiée et choisie pour être installée sur un nouveau type d'avion. Ces ressources nous ont permis de parler le même langage que nos clients sur ce nouveau marché.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat du Prix Industrie 4.0 ?

Recevoir un prix de ses pairs, chefs d'entreprises et personnalités innovantes, est très valorisant. Nous le prenons comme une reconnaissance de l'effort continu fournit par les entrepreneurs pour pérenniser les places de travail en Suisse. Nos équipes travaillent toute l'année, la tête dans le guidon, et peinent à prendre du recul sur le travail accompli. Une telle reconnaissance leur permet de se rendre compte que les efforts consentis sont remarqués par nos clients mais aussi par l'environnement économique.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

L'industrie Suisse a besoin de conditions cadres stables lui permettant un accès libre au marché européen, tant au niveau commercial que pour la participation aux programmes de recherche ou l'accès à des ressources spécialisées. Le refus de l'initiative pour une immigration modérée est dans ce sens vital pour l'industrie d'exportation. Il est important de défendre chaque place de travail existant dans l'industrie en Suisse. Nous avons vu lors de chaque crise qu'une place de travail délocalisée a de la peine à revenir dans notre pays. En 2015, lorsque l'industrie de l'exportation a été touchée de plein fouet par la décision de la banque nationale Suisse de ne plus soutenir le taux planché de 1,2 franc pour 1 euro, nous avons vu notre carnet de commandes fortement se réduire. Notre choix a été de transférer des ressources de la production vers le développement et de garder nos équipes actives sur les prototypes en cours de montage et de tests. Grâce à un programme de réduction de coûts et un partenariat avec nos sous-traitants, nous avons ainsi réussi à maintenir notre profitabilité et rebondir après la crise.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Etienne de Beauval, pour Thierry Vialenc et son équipe, SOGETRI (GE), « Trieuses de déchets utilisant l'IA »

Sogetri est une entreprise active dans le tri et le recyclage des déchets en Suisse romande. La société a inauguré fin 2019 Sortera, un centre de traitement de déchets multi-filière situé à Satigny (GE). Pour la première fois en Suisse, un centre de tri atteint un taux de tri de 80 % du flux des déchets entrants (métaux - ferreux et non ferreux-, bois, papiers, cartons, plastiques) contre 30 % auparavant et un taux de valorisation supérieur à 70 %. Il permet de réduire significativement les volumes à incinérer passant de 70 % à 20 % de matière.

Etienne de Beauval, directeur industriel chez Sogetri, a répondu à nos questions.

Interview

Pouvez-vous décrire plus en détails votre innovation ?

Sortera, le centre de tri haute performance de l'entreprise, a pour objectif de trier un maximum de déchets mélangés grâce à un processus performant mêlant tri robotique, trioptique et intelligence artificielle. Sogetri reçoit des déchets en mélange et les transforme en matières premières (plastiques, papier, cartons, fers, métaux, bois, etc.) pour l'industrie primaire.

Les progrès accomplis par les dispositifs de tri automatique des déchets au cours des vingt dernières années sont vraiment spectaculaires. Les centres de tri de dernière génération, tels que Sortera, se placent en promoteur d'une valorisation maximale des déchets et permettent de produire des matériaux recyclés aux standards réclamés par l'industrie. Ce sont de telles installations qui doivent se développer désormais pour privilégier la récupération des matières et ne laisser à la valorisation thermique et aux incinérateurs que le traitement de la fraction non recyclable de nos déchets.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Grâce à ses nouvelles technologies, Sortera permet de trier des matières recyclables qui n'existaient pas auparavant. Un des enjeux est d'optimiser et de développer ces filières en Suisse. Bien sûr, l'objectif est aussi de développer notre outil pour pouvoir lui permettre de trier et de recycler de plus en plus de déchets sur le périmètre romand.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat de ce prix ?

Être lauréat est tout d'abord une immense fierté pour les équipes de Sogetri, mais cela marque aussi une prise de conscience environnementale et la nécessité de faire évoluer les modèles actuels.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Un peu moins présente sur l'industrie lourde, la Suisse doit faire confiance à ses ingénieurs et à ses compétences pour présenter, à l'image de Sortera, une industrie qui devienne un modèle technologique et de valeur ajoutée.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Anne Tayac, Givaudan (GE), « IA & Parfum »

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Stéphane Poggi, Felco (NE), « Du sécateur à la Data »

FELCO Motion SA, spécialisée dans les outils de taille électroportatifs et les solutions numériques, était une spin-off de la société Felco SA, leader du sécateur et des outils de coupe. Les deux sociétés ont fusionné en juillet 2020.

Stéphane Poggi, ancien CEO de Felco Motion et actuel co-CEO de Felco SA, a répondu à nos questions.

Interview

Comment êtes-vous arrivés à développer ce concept innovant ?

Le groupe Felco est en constante recherche d'innovation permettant aux utilisateurs de nos produits et de nos solutions de simplifier et/ou de rendre moins contraignantes leurs tâches quotidiennes. Les métiers de la terre sont des métiers difficiles où les femmes et les hommes qui la cultive ou l'embellisse sont mis à rude épreuve. Notre mission et donc de tout faire pour leur amener des outils et des solutions qui peuvent les soulager.

Dans cet esprit, lors d'un travail avec le HES-SO dans le cadre du master INNOKICK, une équipe d'étudiants pluridisciplinaires ont travaillé sur la thématique générale « De quoi sera fait la taille de la vigne dans 10 ans ». Après plus d'une centaine d'interviews de viticulteurs, ils nous ont adressé la difficulté que nos clients avaient de récupérer les informations pertinentes du terrain, de les stocker et de les traiter afin de pouvoir prendre des décisions basées sur les anomalies repérées dans le terrain.

Leur seconde préoccupation était de pouvoir mieux contrôler et analyser les temps de travails et l'avancement des tâches à la vigne durant toute l'année.

Fort de ces deux points préoccupants pour nos clients, nous avons développé une solution basée sur un outil de collecte de données à la vigne géolocalisé et une application web permettant de rendre disponibles ces informations aux viticulteurs.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Nous mettons beaucoup d'énergie en ce moment à redéfinir nos missions au sein de notre groupe. Il nous parait primordial de repenser l'entreprise autour de valeurs telles que l'économie circulaire, les circuits courts, la durabilité et l'économie durable. Les missions de nos sociétés doivent se tourner vers des concepts sociétaux et de durabilité. Nous devons à la fois innover pour que nos clients continuent à se fier à notre marque, à nos produits et à nos solutions, mais nous devons aussi leur amener une dimension humaine et de respect de notre planète ainsi que de ses habitants.

Les développements s'orientent aussi beaucoup sur les services que nous pourrons amener à nos clients pour les rendre plus efficaces et se fatiguer moins.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat de ce prix ?

Ce prix nous apporte une visibilité accrue et la validation que notre innovation est bien positionnée dans les problématiques d'aujourd'hui. Le fait d'être reconnu par nos pères, expert en innovation et en nouvelles technologies, nous conforte dans le choix de développement et l'évolution de nos modèles d'affaires.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Je pense que notre industrie doit absolument prendre le virage de la technologie de pointe, qu'elle soit liée à l'AI ou autres technologies naissantes mais la différentiation qui pourra faire la différence est bien liée à l'entreprise à missions versus l'entreprise uniquement pilotée par le profit à court terme.

La durabilité au sens large est un challenge aussi grand que les nouvelles technologies et leurs applications. Au sein de Felco, nous essayons tous les jours d'œuvrer en ce sens.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Nathalie Nyffeler, HES-VD (VD), « Du sécateur à la Data »

Nathalie Nyffeler a mis en place depuis 2007 un écosystème qui permet de former des jeunes à l'innovation en collaborant étroitement avec des partenaires industriels, des PME, des ONG, des institutions publiques etc. Depuis 2015, elle a lancé le premier master interdisciplinaire en innovation intégrée de Suisse au sein de la HES-SO, le master Innokick. Cet écosystème permet à la fois de créer de la valeur pour les entreprises partenaires tout en permettant de former des ingénieurs, économistes et designers au développement de produits/services innovants et au processus d'innovation le tout dans une optique d'innovation ouverte en incluant les méthodologies du design thinking et du lean start-up. Cette formation a permis en 5 ans l'éclosion de 5 projets entrepreneuriaux.

Interview

Comment est né ce projet avec Felco Motion ?

Dans le cadre du master Innokick, la colonne vertébrale est le projet pratique d'application où un groupe de 6 à 7 étudiants interdisciplinaires travaillent étroitement avec une entreprise partenaire dans l'objectif de proposer un produit/service innovant sur la base d'un challenge. En tant que professeure de management, j'assurais le coaching du point de vue économique, accompagnée par un professeur issu du domaine design et arts visuels et un professeur issu du domaine ingénierie. C'est dans ce cadre que l'idée du projet Digitivis avec Felco Motion est née.

Que vous a apporté le fait d'être co-lauréate de ce prix ?

Je suis depuis peu la nouvelle responsable Innovation et Entrepreneuriat à la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud, qui fait partie de la HES-SO. Ce prix a notamment démontré au jury de sélection que j'avais le profil entrepreneurial que la direction recherchait, de par ma capacité à créer ces écosystèmes d'échanges et d'apprentissages qui sont créateurs de valeur pour toutes les parties prenantes.

Mon objectif est double : former des futurs managers, qu'ils soient ingénieurs ou économistes, à accompagner des processus d'innovation pour des PME qui sont au cœur de notre économie suisse, mais également offrir de la valeur aux partenaires économiques qui peuvent ainsi accéder à des ressources et des idées « out of the box » qui sont parfois plus difficiles à obtenir quand on doit assurer les pressions des tâches quotidiennes. Il y a déjà beaucoup de soutien à l'entrepreneuriat et il me semblait clé de former des jeunes pour les besoins de nos PME en innovation et créativité.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Développer le centre d'innovation au sein de la HEIG-VD, permettre l'éclosion de start-ups interdisciplinaires en lien avec les technologies développées au sein de nos instituts afin de créer des nouvelles places de travail dans le canton de Vaud, et répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux auxquels nous faisons face, renforcer la culture d'innovation et de créativité, et permettre ainsi de renforcer les synergies, de développer un écosystème agile en entraînant une dynamique collective en vue de faire émerger des nouvelles compétences individuelles et collectives où chacun doit se sentir, à son niveau, responsable de la capacité d'innover. En tant que Haute Ecole Spécialisée, nous devons pouvoir comprendre les tendances du marché et les besoins des entreprises et industries en vue d'assurer l'employabilité de nos étudiants et l'alignement avec les besoins de l'industrie.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

La Suisse a clairement une carte à jouer si elle continue à investir en matière d'innovation et réussit à saisir le virage du numérique, de la digitalisation incluant notamment les aspects liés à l'industrie 4.0, également appelée « l'internet industriel des objets » qui va certainement révolutionner l'automatisation industrielle. Grâce aux objets connectés et à l'avancée en matière d'intelligence artificielle, il existe un réel potentiel pour booster la productivité, affiner la qualité des produits, accroître la flexibilité de la production, repenser les processus dans une vision d'économie circulaire, de réduire les coûts et les déchets. Idéalement, la crise mondiale que nous venons de vivre devrait nous permettre de saisir les opportunités pour repenser les chaînes de valeur et de production en vue de relocaliser des industries, afin notamment de diminuer notre dépendance économique aux échanges internationaux.

Christophe Taramarcaz, HoroSys (NE), « Précurseur en termes de Smart Micro Factory »

Après avoir accordé une interview complète sur son innovation à la rédaction du MSM fin 2019, Christophe Taramarcaz, directeur d'HoroSys SA et lauréat 2020 du prix Industrie 4.0, a répondu à quelques questions additionnelles.

Interview

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Nous souhaitons rendre accessible à tout le monde l'automation et la robotique, grâce à notre approche innovante de méthodes de programmation simplifiée, de pilotage et de communication.

Nous travaillons à rendre « intelligent » la robotique actuelle : comprendre et appréhender l'environnement et les tâches à exécuter grâce au progrès de l'IA et de la vision industrielle.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat de ce prix ?

Ce prix apporte un gain de visibilité ainsi qu'une bonne publicité. Et un peu de fierté aussi !

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Je n'aurais pas la prétention de poser une vision sur l'ensemble de l'industrie, mais dans nos domaines que sont la microtechnique et l'horlogerie, je vois une Suisse dynamique et innovante, qui propose d'ores et déjà une nouvelle vision de la production microtechnique : l'usine de demain sera modulaire, orientée vers une production personnalisée, connectée et intelligente.

Les moyens de productions seront enfin adaptés à la taille des composants produits ! Efficacité énergétique et miniaturisation en prime.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Denis Piquerez, Soprod (VS), « Mouvements pour smart watches avec des aiguilles »

Soprod est une société du groupe Festina. Elle existe depuis plus de vingt ans et est spécialisée dans la fabrication de mouvements horlogers (mouvements quartz dans le canton du Valais et mouvements mécaniques dans le canton du Jura).

Denis Piquerez, CEO de Soprod et lauréat du prix Industrie 4.0, a répondu à nos questions.

Interview

Pouvez-vous nous expliquer plus en détails les avantages qu'apportent votre produit ?

Nous offrons à l'industrie horlogère une solution complète Swiss Made pour les montres connectées comprenant : un mouvement, des fonctions, des applications Android et IOS, la maintenance pour le firmware et les applications, les certifications, l'assemblage T2 et le SAV.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat de ce prix ?

Pour le moment principalement une meilleure visibilité.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Nous travaillons sur le développement d'un mouvement ana-digital connecté.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

En ce qui concerne l'industrie horlogère suisse je suis plutôt pessimiste. La crise sanitaire et la concurrence des montres connectées sont les principales sources de difficultés.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Steve Tanner, Ecorobotix (VD), « Agriculture robotisée, connectée et écologique »

ecoRobotix est une jeune entreprise qui développe des machines innovantes pour l'agriculture. Steve Tanner, CTO d'ecoRobotix et lauréat du Prix Industrie 4.0, a répondu à nos questions.

Interview

Pouvez-vous nous expliquer plus en détails les avantages qu'apporte votre innovation ?

Notre entreprise ecoRobotix a développé une nouvelle technologie pour la reconnaissance et le traitement automatique et individuel des plantes en agriculture. Nous avons implémenté cette technologie sur un premier produit, un robot autonome solaire, actuellement en phase d'industrialisation. La machine navigue dans la culture, identifie les espèces de plantes présentes, et décide pour chaque plante de la dose de produit à appliquer, par exemple pour du désherbage. L'application ciblée permet de réduire considérablement la quantité de produits chimiques utilisée et donc les résidus, avec un bénéfice sur la biodiversité, la qualité de l'eau et des sols, et la santé humaine.

Pour quelle raison avez-vous choisi de vous lancer dans ce développement ?

Nous voulons améliorer l'impact environnemental de l'agriculture afin de concilier production durable des aliments et protection de la biodiversité.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Nous sommes encore très en amont d'un véritable succès commercial et industriel : en effet, l'acceptation d'une nouvelle technologie dans un marché conservateur tel que l'agriculture prend beaucoup de temps. Nous avons donc encore de nombreux obstacles à franchir et nous voyons notre avenir dans un partenariat fort avec un acteur établi de la machine agricole. Au niveau des possibilités de l'utilisation de notre technologie, elles sont étendues et nous avons donc de nombreuses idées qui ne demandent qu'à être validées et déployées.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat de ce prix ?

Cela a un impact positif sur notre image d'innovateurs, ce qui est bon pour notre crédibilité, principalement auprès de nos investisseurs. Ce gain d'image n'a cependant pas vraiment d'impact sur nos clients, car les agriculteurs sont peu en contact avec le monde industriel.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Notre industrie a souvent eu un rôle pionnier. Le prochain grand tournant de notre civilisation industrielle, ce sera la transition énergétique. Il y a dans ce domaine un grand potentiel pour innover et valoriser cette innovation en Suisse. C'est un virage à ne pas manquer.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Philippe Crevoisier, Crevoisier (JU), « Développement d'une cellule de polissage via un robot collaboratif »

Crevoisier SA est une entreprise comptant un peu plus de 80 personnes, active dans le domaine des machines-outils.

Philippe Crevoisier, CEO de Crevoisier, a répondu à nos questions.

Interview

Pouvez-vous nous expliquer plus en détails les avantages qu'apporte votre innovation ?

Bien que le domaine des métiers de l'horlogerie constitue le secteur de prédilection de Crevoisier SA, notre entreprise est également active sur les marchés de la microtechnique, de la maroquinerie, de l'aéronautique, du domaine médical et de l'automobile.

Nous développons et fabriquons principalement des machines CNC pour l'usinage et le meulage des matériaux dur comme la céramique, le saphir, mais également pour l'inox, les métaux précieux etc. Nous produisons aussi des machines pour réaliser des décors divers pour les pièces qui constituent les mouvements mécaniques des montres, ainsi que divers systèmes de chargement de machines-outils avec palettiseurs et robots poly-articulés. Nos postes de polissage ressemblent à de véritables bureaux reléguant les anciens tours des polisseurs aux oubliettes.

Notre dernière grande innovation est une cellule de polissage intégrant un robot collaboratif. C'est une solution qui valorise le savoir-faire du polisseur en reproduisant sa gestuelle, tout en gérant l'usure des consommables. Pour ce faire, la cellule C710 utilise les dernières technologies de robotique collaborative. D'une simplicité d'utilisation déconcertante et de petite taille cette cellule est équipée d'un moteur C5100 qui permet le travail sur l'ensemble des accessoires de la gamme Crevoisier. Un polisseur expérimenté peut s'occuper de plusieurs cellules, ce qui permet de rapatrier des tâches actuellement sous-traitées à l'étranger.

Cette innovation est le résultat de la continuité des machines et appareils que nous développons depuis des années. Une société comme la nôtre se doit d'être et de rester à la pointe de la technologie.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Nous essayons d'être en concordance avec l'évolution des marchés pour développer des moyens de production adaptés. Nous axons nos développements en adaptant en permanence les nouvelles technologies, dans le but d'améliorer la fabrication pour consommer moins d'énergie et moins de place au sol, et en utilisant des matériaux renouvelables pour être en adéquation avec l'époque où nous vivons.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat de ce prix ?

Ce prix nous apporte la reconnaissance du travail de notre équipe par des professionnels. Depuis la fondation de l'entreprise par mon papa, l'innovation est dans notre ADN. Nous sommes des passionnés, et recevoir un prix est une belle récompense qui confirme que l'évolution doit être permanente dans une entreprise qui veut accompagner ses clients et être un vrai partenaire à long terme. Cela véhicule également une vision positive de l'équipe et de l'entreprise Crevoisier.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Ma vision est positive. Notre système de formation dual pour l'obtention du CFC avant de poursuivre dans une HES ou autres formations supérieures est à mon avis très importante pour réussir dans le monde industriel, économique.

L'innovation nous permettra toujours de nous démarquer et le sérieux du travail réalisé en Suisse est reconnu dans le monde entier. Il est important de poursuivre avec cette thématique, le monde bouge très vite un manque de rigueur peut s'avérer néfaste pour notre économie.

La stabilité politique est aussi un facteur prépondérant, nous devons veiller à améliorer notre productivité en respectant l'environnement, les acquis sociaux, sans partir à la dérive et occasionner des frais qui seraient néfastes pour l'exportation. Il faut garantir que la Suisse reste partenaire de l'organisation intergouvernementale qui vise à promouvoir le libre-échange.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

Jean-Marie Hotz, Hot's Design Communication (BE/Bienne), « Easy Docmaker, une plateforme pour une communication multi-canal »

Jean-Marie Hotz, fondateur et directeur de Hot's Design Communication, a répondu à nos questions.

Interview

D'où vous est venue l'idée Easy Docmaker ? Quels sont les avantages de cette plateforme ?

En mettant en page le Plan d'Études Romand (PER) depuis une plateforme collaborative, nous avons acquis une grosse expérience dans l'intégration automatique de données dans InDesign, un programme de mise en page. Ce document compte mille pages.

Or, en parallèle, nous mettions en page manuellement des catalogues de collections et de vente pour de grandes marques horlogères. La source de ces catalogues était constituée d'envois successifs de fichiers Word ou Excel non standardisés, car émanant de divers départements. Il était donc difficile d'automatiser la mise en page de ces données.

Nous avons aussi constaté que chez nos clients, les personnes responsables des catalogues avaient beaucoup de difficultés à réunir toutes les informations nécessaires. Étonnamment, même dans de grandes maisons, les informations commerciales concernant les produits ne sont pas réunies en un seul endroit. Chaque département, pour ne pas dire chaque personne, se crée sa petite base de données, qui pour la vente, qui pour le marketing, qui pour les RP et ainsi de suite. Évidemment, ses informations ne se trouvent que très partiellement dans un ERP, il est donc illusoire d'aller les chercher dans un SAP, ProConcept ou Oracle.

L'idée de base fut donc de supprimer les innombrables échanges de fichiers Excel en créant une plateforme en ligne que les différents intervenants pourraient remplir et modifier en tout temps. Nos typographes importent ces données directement dans InDesign sans faire de « copier-coller » nécessitant du temps et étant une source d'erreurs.

D'autre part, les collections sont amenées à évoluer continuellement et non plus une fois par année. C'est là que le numérique prend le pas sur l'analogique (le papier). Il faut comprendre le mot « collection » comme l'offre d'une entreprise, que ce soient des outils, des jouets ou des vélos.

Les données contenues sur cette plateforme sont utilisées pour la communication interne, pour alimenter les catalogues en ligne, les boutiques en ligne et les documents papier. Le message de l'entreprise est donc cohérent, les termes utilisés sont les mêmes partout, les traductions ne sont faites qu'une fois et les corrections ne se font qu'à un seul endroit et sont répercutées partout instantanément.

Nous n'avons pas inventé l'informatique, loin de là, mais nous sommes partis à l'inverse de ce qui se fait habituellement. C'est la vision du metteur en pages qui a dicté l'ergonomie de cette plateforme. Elle est très « user friendly », très intuitive.

Aujourd'hui, nos clients utilisent leur plateforme Easy Docmaker comme outil de communication interne et d'échanges de données sur leur réseau mondial. Cette plateforme redonne du sens au travail de chacun.

Quels sont vos axes de développement à moyen et long terme ?

Easy Docmaker est plus une philosophie qu'un concept ou produit figé.

Ce n'est pas un programme qu'il faut installer, c'est une plateforme en ligne. Un simple accès internet suffit pour travailler, même depuis la maison, ce qui, par les temps qui courent, est un réel avantage. Le principe de base est de centraliser les données et de les mettre à disposition des différents utilisateurs.

Ainsi nous gérons les données du Guide bleu (guide gastronomique suisse) en français et en allemand, les restaurateurs peuvent corriger eux-mêmes les données de leur établissement, et les inspecteurs peuvent rédiger leurs commentaires directement sur la plateforme.

On pourrait aussi utiliser cette technique pour gérer les catalogues (digitaux et papier) des salons professionnels.

Une autre application a été développée pour la Haute Ecole spécialisée bernoise (BFH) afin de permettre aux étudiant de publier directement leur résumé de Master sans passer par les secrétariats qui, en fin d'année scolaire, sont déjà débordés. Un tableau de bord permet aux secrétaires de vérifier l'avancement des travaux. Ces résumés sont mis en page automatiquement, poussés sur le site de la BFH et récupérés chez HDC pour en faire différentes publications papier.

Pour l'Espace horloger de la Vallée de Joux, nous mettons en place une plateforme qui permet de gérer, non seulement l'ensemble de la collection, mais en plus les expositions via les vitrines tout en donnant accès aux visiteurs à des informations complémentaires (images de détails, sons, etc.) via leur smartphone et un QR Code.

Un gros chantier est sur le point de démarrer pour la création automatique de modes d'emploi horlogers.

Vous le voyez, nous ne sommes pas à cours d'idées. Reste à trouver les clients.

Que vous a apporté le fait d'être lauréat ?

Nous espérons des retombées médiatiques. Nous ferons nous-même un communiqué de presse dans la région, une newsletter à nos contacts et un post sur FB.

Quelle est votre vision concernant le futur de l'industrie en Suisse ?

Je ne pense pas avoir les compétences pour répondre à cette question. J'imagine que selon les secteurs, la réponse n'est pas la même. Si je prends un domaine que je connais un peu, l'horlogerie, on a déjà annoncé sa mort plus d'une fois, mais elle est toujours là et elle continue de faire rêver des passionnés.

La seule certitude, c'est que l'avenir de l'industrie suisse, dans son ensemble, continuera de dépendre de l'exportation et qu'en ce sens, elle n'a pas toutes les cartes en main.

Copyright vidéo : Thierry Weber / breew

MSM

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