Le secteur secondaire de la région Grand Chasseral s'attend à maintenir son haut niveau d'activité au cours du troisième trimestre 2023 selon le baromètre industriel de la Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP).
Baromètre industriel : anticipations et clés de lecture.
(Source : CEP)
Dans le prolongement d'une phase complexe mais intense de plus de deux ans, l'ensemble des paramètres de cet outil de compréhension des dynamiques industrielles révèle une forte continuité des projections des entreprises composant l'écosystème microtechnique régional. Volume d'affaires, performances financières, prévisions d'investissement et développement des entreprises indiquent la poursuite d'une séquence positive que seule la difficulté à attirer des talents et des compétences altère directement. Préoccupée toutefois par différents défis chroniques, l'industrie affiche une forme d'exaspération résignée face à la problématique énergétique, notamment en ce qui concerne les scenarii de délestage de réseau pour l'hiver 2024. « De nombreuses mesures ont été adoptées par les entreprises durant l'automne 2022 et ont largement contribué aux économies d'énergie demandées par la Confédération. Une année après l'inflammation brutale de cette problématique, l'absence de solutions précises pour garantir le maintien d'activités industrielles efficientes, peu compatibles avec des interruptions aléatoires ou des contingentements, lasse », constate Patrick Linder, directeur de la Chambre d'Économie Publique du Jura bernois (CEP).
Prévisions pour le troisième trimestre 2023
Le contexte conjecturel dans lequel s'inscrit le secteur secondaire de la région Grand Chasseral est très favorable depuis plus de deux ans. Il est caractérisé par un haut degré d'activité (une intensité remarquable sur le premier quart du 21e siècle), des investissements soutenus et une forte confiance dans la pérennité des activités. Dans le même temps, une appréciation systémique des aspects de risques, d'incertitudes et de volatilité montre un haut niveau de complexité, de possibles emballements et la persistance d'entraves récurrentes comme la force du franc suisse, l'instabilité des relations avec l'Union européenne, premier marché de l'industrie suisse, et la confirmation d'une concurrence internationale même dans les niches. L'ensemble d'entreprises complémentaires qui compose le système de production interdépendant de la microtechnique est redevable de cette condition et fonde donc une communauté de destin économique.
Pour les trois prochains mois, les projections faites par les entreprises en matière de volume d'affaires révèlent de manière très homogène une poursuite des performances dénotées depuis le début de l'année. Les entrées de commandes du troisième trimestre 2023 devraient donc être comparables à celles du deuxième trimestre. L'activité industrielle s'est fixée à un niveau élevé et se maintient indépendamment des complications événementielles (guerre en Ukraine, tensions sino-américaines) ou conjoncturelles (mécanismes d'inflation). Le tonus de l'horlogerie suisse, premier domaine d'application des capacités de production du Grand Chasseral, explique en grand partie la puissance de cette dynamique, mais les performances dans les chaînes de valeur du médical, de l'automobile, de la mécatronique ou de la micro-électronique la soutiennent incontestablement.
En termes de résultats financiers, les prévisions affichent une certaine stabilité dont il faut se satisfaire tenant compte des conditions d'ensemble, notamment au niveau de la propagation de l'inflation et de la force, toujours opérante, du franc suisse. Les résultats opérationnels anticipés devraient ainsi s'inscrire dans la continuité de ceux enregistrés les derniers mois. Leur maintien s'avère crucial pour l'économie régionale dans la perspective d'assurer la compétitivité à long terme et donc de pérenniser les activités.
Les projections d'investissements, toujours ambitieuses, affermissent la situation actuellement favorable de l'industrie de la précision en contribuant d'une part au maintien de l'efficience voire à l'amélioration de la productivité et en garantissant d'autre part la diffusion, dans l'ensemble du tissu industriel (jusqu'aux biens d'investissements), des besoins. Des capacités d'investissement constantes demeurent le paramètre clé pour l'industrie régionale en raison de l'interdépendance des entreprises complémentaires qui forment l'écosystème de production de la précision. Un investissement régulier détermine ainsi directement les capacités d'innovation des entreprises régionales.
Enfin, une grande stabilité transparaît des projections en termes de développement des entreprises pour les douze prochains mois. « L'industrie du Grand Chasseral affiche une confiance uniforme et s'attend à conserver le degré d'organisation ayant cours actuellement, ce qui, compte tenu de l'intensité des activités, accrédite la position favorable de l'industrie régionale. L'écueil principal de cette séquence positive reste la difficulté à attirer des talents et des compétences dans l'industrie, une problématique nationale particulièrement perceptible dans la région du Grand Chasseral qui offre près d'un emploi sur deux dans le secteur secondaire », conclut Patrick Linder
Situation au30.10.2020
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Tribulations électriques, deuxième saison
Le mois d'août 2022 avait mené à un emballement sur le front de l'approvisionnement électrique, notamment en raison de spéculations sur le prix du kilowatt/heure. Pourtant c'est principalement l'éventualité de délestages de réseau pour éviter son effondrement qui avait alerté, en dernière analyse, les acteurs industriels à l'automne de l'année passée. De nombreuses voix avaient alors souligné la profonde incompatibilité entre la planification industrielle, la recherche d'efficience et l'instabilité de l'approvisionnement électrique. Il faut ainsi définitivement quittancer la menace d'arrêt complet des activités industrielles durant plusieurs semaines que font planer pour 2024 les mesures les plus radicales du plan OSTRAL, malgré son affinement et différentes mesure urgentes.
Dans ce cadre et en prévision d'une nouvelle phase potentiellement critique au plan énergétique, les entreprises du Grand Chasseral ont été interrogées directement sur leur perception de la situation, leurs préoccupations pour l'hiver 2024 et l'éventuelle adoption de nouvelles mesures. Les entreprises confirment l'installation du problème électrique dans leur champ de préoccupations récurrentes et font état de nombreuses mesures adoptées depuis l'automne 2022 pour contribuer aux économies d'énergie demandées par la Confédération. Pose de panneaux solaires, isolation, changement de sources lumineuses, mais surtout projets d'efficience énergétique dans le cadre de la consommation de la production ont occupé les entreprises depuis lors. « Les objectifs d'économie nationaux ont été atteints du côté de l'industrie, mais ces actions volontaristes ne changent aucunement le fond du problème qui réside dans le simple fait d'être assuré de disposer d'électricité pour produire », schématise le directeur de la CEP.
À ce propos, une exaspération est perceptible face à l'absence de mesures propres à l'activité industrielle. Passé le cap d'un hiver 2023 par ailleurs clément, et donc moins avide d'électricité, la problématique ne semble pas avoir été traitée spécifiquement. S'il faut saluer les mesures fédérales urgentes ayant permis d'augmenter la réserve d'énergie hydraulique et de raccorder une centrale de réserve (Birr), les éventualités de contingentement des gros consommateurs impactent par exemple directement l'industrie. Cette situation inquiète d'autant plus en raison de son caractère chronique, confirmé pour les prochaines années. « Les entreprises ont l'impression d'avoir agi conformément à qui était demandé ; pourtant leur sort au plan énergétique ne relève pas de leur fait et, à notre connaissance, aucune action précise (hormis l'accumulation de réserve hydraulique et le raccordement d'une centrale de réserve qui relèvent d'un niveau systémique) n'a été préparée pour éviter des arrêts de production à l'hiver 2024 » avance Patrick Linder. « La perspective de voir la production industrielle temporairement compromise, même si elle s'avère compensée par des mesures structurelles comme les RHT, ne semble pas satisfaisante dans une séquence d'activité intense comme celle que connaît l'industrie de la précision depuis deux ans ». MSM