Christophe Fragnière: « Directeur sans être actionnaire jusqu’en 1999 et dès 2000 à l’âge de 44 ans je fais le grand pas et devient entrepreneur pour donner envie à d’autres personnes de franchir ce même pas. »

Parcours original pour entrepreneur atypique

| Auteur / Rédacteur: Jean-René Gonthier, rédacteur en chef MSM / Jean-René Gonthier

Il y a plus de 10 ans le Groupe cherchait un concepteur en micromécanique avec opportunité d’affaire. La vision déjà à cette époque était de dénicher de nouvelles technologies mais également de recruter des talents qui pourraient devenir des managers. C’est ainsi qu’Alain Codourey, Dr en robotique qui travaillait au CSEM à Alpenach est venu se présenter. Et le père spirituel du petit robot delta a fondé la société Asyril qu’il dirige encore aujourd’hui. « Nous avons donc été suffisamment agile pour modifier le modèle académique d’origine pour innover au sein de notre éco système et transformer la société Asyril en grand spécialiste de l’Asycube une alimentation flexible pour des composants allant de 0.1 à 150 mm qui sont délivrés en vrac et qui rend de fait la technique des bols vibrants complètement obsolètes ».

Et c’est cette façon de faire que Christophe Fragnière utilise pour faire avancer le groupe. Il qualifie le Vivier de campus privé de l’automation et de la microtechnique pour bien se différencier des autres campus académiques. « Nous lançons des ballons, des idées afin qu’elles germent d’une façon ou d’une autre ».

Interview avec Christophe Fragnière, ce patron atypique

MSM : L’industrie 4.0 est un domaine que Nivalis Group a intégré depuis longtemps, mais selon vous quel est le nouveau défi dans les entreprises ?

Christophe Fragnière : Dans l’industrie technique le 4.0 est une notion bien connue et est souvent synonyme de digitalisation. Elle s’affirme à long terme et devient de fait incontournable dans toutes les entreprises. Pour nous, au sein de notre groupe, elle est omniprésente. Les objets connectés sont présents et le démultiplicateur de potentiel réside dans les algorithmes capables de gérer les interactions entre les capteurs et actuateurs. C’est un trend actuel c’est certain mais également une confirmation de l’évolution normale des choses et qui va subir un nouveau coup d’accélération avec l’apparition de la 5G tant dans les secteurs de la robotique que de la santé.

MSM : Qu’avez-vous appris par cette aventure du Vivier ? Quels sont les écueils que rencontrent les jeunes sociétés qui ont déjà dépassé le stade de start-up ou de jeune pousse et qui viennent s’établir à Villaz-St-Pierre ?

Christophe Fragnière : L’expérience et la richesse de pouvoir offrir un siège ou une base ou de pouvoir incuber une société et l’accompagner dans sa croissance. Ce que nous avons particulièrement bien vécu dans le Vivier c’est la progression constante d’entreprises que nous avons créées et voulu au sein de notre incubateur. L’une des difficultés est de pouvoir trouver l’entrepreneur qui en veut... et qui est demandeur d’un accompagnement sur des expériences et des manières de gérer les affaires, de se structurer et d’accéder à une palette de services facilitateurs.

Nous n'avons pas de boule de cristal !

Nous n’avons pas de boule de cristal pour offrir en fin de compte la recette parfaite menant au succès... trouver le bon manager, le créateur qui a une idée ou un produit et qui a l’intime conviction que son projet l’emmènera au succès. Il faut être ambitieux et parfois savoir déchanter sur certaines visions qui finalement ne sont pas les bonnes voies pour atteindre la réussite. Il est important d’avoir l’innovation technologique et avoir suffisamment d’ouverture d’esprit pour trouver un marché potentiel rapidement. Et surtout il s’agit d’être suffisamment humble pour partager son idée autour de soi et avec des gens d’expérience dans des technologies parallèles afin de trouver d’autres voies et rebondir sur des opportunités qui n’avaient pas été imaginées au départ. Cela me rappelle un peu l’histoire d’Asyril. Nous étions à la recherche d’un concepteur en mécanique. Alain Codourey s’est présenté et il arrivait chez nous avec « son » robot delta qu’il avait développé au CSEM. De fil en aiguille nous avons cherché à commercialiser ce bijou de robot pour finalement devenir concepteur high tech d’alimentation flexible car c’est bien là que le marché cherchait une solution ! Nous avons donc été suffisamment agile pour modifier le modèle académique d’origine et transformer la société Asyril en grand spécialiste de l’Asycube une alimentation flexible pour de petits composants délivrés en vrac rendant de fait la technique des bols vibrant complètement obsolètes.

J’ai quitté mes fonctions opérationnelles, cependant je conserve mes différents mandats d’administrateur au sein du Nivalis Group afin de pérenniser l’esprit d’entreprenariat du Vivier. Des 4 fondateurs initiaux, je suis le dernier à bord, je reste le moteur de la transition et je suis un peu l’ange gardien pour une continuation et pérennisation du groupe. Nicolas Corsi le dernier CEO de ViDi Systems, qui nous a accompagné dans la vente de Solvix et de ViDi plus tard a choisi de poursuivre sa carrière au sein du groupe. J’ai voulu qu’il reprenne à ma suite la direction du groupe, il occupe depuis 2018 le poste de directeur général du Nivalis Group. En avril de l’an passé, j’avais aussi quitté la direction opérationnelle de CPAutomation SA pour la céder à Marcel Dubey.

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Dans le groupe nous n’avons pas les moyens d’un fond de capital risque, nous ne pouvons pas accompagner et gérer une multitudes de sociétés. Nous avons une taille limitée et nos ambitions sont donc modestes. Habituellement l’idée ou la technologie sous-jacente compte pour un tiers dans le facteur de réussite d’un projet alors que les 2/3 restants sont liés aux RH soit aux personnes constituant l’équipe. Au fil du temps nous avons pu rassembler sur un même site des personnages charismatiques comme nos directeurs :

  • Nicolas Corsi qui était à la tête de ViDi Systems et qui depuis peu est devenu le nouveau CEO du Nivalis Group
  • Marcel Dubey CEO de CPAutomation SA (poste occupé jusqu’en avril 2018 par Christophe Fragnière, fondateur)
  • Marc Thurner fondateur et CEO de RegenHU
  • Alain Codourey CEO d’Asyril. MSM

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