Formation Nos métiers ont de l'avenir

de Gilles Bordet 9 min Temps de lecture

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Les métiers techniques et tout particulièrement ceux de la branche MEM attirent de plus en plus de jeunes motivés par l'apprentissage d'un métier captivant, offrant de nombreuses opportunités professionnelles et des passerelles vers des études supérieures

Anthony, 18 ans, apprenti automaticien de 4ème année.(Source :  MSM)
Anthony, 18 ans, apprenti automaticien de 4ème année.
(Source : MSM)

Qui sont ces jeunes passionnés de technique ? Quelles sont leurs motivations ? Comment envisagent-ils leur avenir ? Quoi de mieux pour répondre à ces questions que de rencontrer ces futurs professionnels de la technique.

C'est au C-FOR!, le centre de formation des services industriels de Lausanne, que la rédaction du MSM s'est rendue pour donner la parole à ces apprentis passionnés par leur métier.

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Nous profitons de ces quelques lignes pour remercier chaleureusement Stéphane Candaux, responsable du C-FOR! et chef de division au SiL pour sa disponibilité à notre égard et pour son engagement auprès des jeunes.

« Les métiers techniques enseignés au C-FOR! attirent de plus en plus de filles », précise-t-il. « Nous en formons plusieurs actuellement. Malheureusement, lors de votre visite elles étaient toutes en cours ou en stages à l'extérieur. Mais nous vous invitons volontiers à repasser nous voir pour leur donner la parole », conclut Stéphane Candaux. MSM

Anthony, 18 ans, apprenti automaticien en quatrième année
Interview

Comment as-tu découvert le métier d'automaticien ?

J'ai fait des stages quand j'étais en dernière année scolaire. J'ai essayé beaucoup de métiers différents : automaticien, logisticien, électronicien, physiothérapeute... Ce que je préfère le plus dans le métier d'automaticien, c'est la programmation. Au début, je n'étais pas très fan de la mécanique mais aujourd'hui j'apprécie de plus en plus. J'ai également fait un stage au CPNV pour savoir si je voulais faire un apprentissage en dual ou en école. Pour finir, la formation duale me plaisait plus, il y a aussi le salaire qui m'a motivé ! En école, on a plus de vacances mais on n'est pas payé.

Comment as-tu connu le C-FOR! ?

Je connaissais une personne qui avait travaillé pour la ville de Lausanne et qui m'en avait parlé. Je suis venu visiter, j'ai vu les différents métiers qui y étaient enseignés et j'y ai fait un stage de quelques jours. Deux ou trois semaines après, je signais un contrat avec le C-FOR!. Ce qui m'a beaucoup plu, c'est l'ambiance. J'ai trouvé les apprentis très soudés entres eux et le cadre de travail motivant. Au C-FOR!, l'avantage est que la formation est plus basée sur l'apprentissage que sur la productivité. À l'école, je pense qu'il y a encore moins ce côté production et je ne me voyais pas repartir dans une école, j'en avais un peu marre de passer mes journées assis à écouter des professeurs. Je me sens bien plus actif ici et mes journées sont bien remplies. Ce qui est sympa aussi au C-FOR!, c'est qu'à partir de la 3e année, nous faisons des stages de quelques mois dans des entreprises pour nous confronter à la réalité du terrain. J'ai beaucoup apprécié ces stages. J'ai pu par exemple travailler sur des cas très concrets comme un bras robot, nous n'en avons pas au C-FOR!.

Comment vois-tu ton avenir ?

Je pense travailler quelques mois après l'obtention de mon CFC. Ensuite je ferai ma maturité et par la suite Microtechnique en HES à la HEIG-VD. J'aurai pu faire la maturité en même temps que mon apprentissage, mais on m'a dit que c'était assez difficile alors j'ai choisi de la faire sur une année après mon apprentissage. La robotique m'intéresse vraiment beaucoup, j'aimerai bien travailler dans ce domaine une fois mon diplôme d'ingénieur en poche.

Maxime, 16 ans, polymécanicien en première année
Interview

Comment as-tu découvert le métier de polymécanicien ?

À travers les différents stages que j'ai fait. J'en avais aussi entendu parler un peu à l'école. Mes grands-pères ont fait à peu près le même apprentissage mais ils ne m'ont pas beaucoup parlé de leur métier. Avant de choisir polymécanicien, j'ai fait plusieurs stages dans des domaines différents : menuisier, sanitaire, automaticien et polymécanicien. Ce qui m'a plu dans le métier de polymécanicien, c'est de travailler avec ses mains, et comme je n'aime pas l'électronique et l'électricité, la mécanique m'a très vite attiré. J'aime beaucoup travailler sur des machines, partir d'une pièce brute pour arriver à un produit fini. Il y a un côté créatif qui me plait beaucoup. Je sais aussi qu'il y a beaucoup de demande pour ce métier et qu'il ne sera pas remplacé de sitôt.

Comment as-tu connu le C-FOR! ?

En me renseignant sur internet pour trouver des places. J'ai d'abord fait un stage chez Bobst, et ils m'ont recommandé de venir ici. C'est comme ça que j'ai découvert le C-FOR!. J'ai ensuite fait un stage et ça m'a plu. On nous avait parlé de ces métiers à l'école et on nous avait donné les outils pour nos recherches mais personne ne nous a poussé à entreprendre des démarches. J'étais le seul dans ma classe à vouloir faire un métier technique donc les profs n'ont pas vraiment insisté sur ce sujet.

Comment vois-tu ton avenir ?

Quand j'ai choisi polymécanicien, je me suis un peu renseigné sur les débouchés mais ce n'est pas mon objectif principal pour l'instant. Pour la suite, je ne sais pas encore vraiment ce que je veux faire mais je me vois continuer ici encore 4 ans jusqu'à la fin de mon apprentissage. Je n'ai pas encore réfléchi à ce que je veux faire une fois mon CFC obtenu mais je suis presque sûr de ne pas vouloir continuer mes études. Cependant, je ne ferme aucune porte, je verrai comment les choses évoluent avec le temps. Je suis encore jeune et peut-être qu'avec la maturité je changerai d'avis, on verra. J'ai encore de la peine à me projeter.

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Lukas, 15 ans, automaticien en première année
Interview

Comment as-tu découvert le métier d'automaticien ?

J'ai fait les portes-ouvertes de l'ETML (École des Métiers de Lausanne) car beaucoup de métiers peuvent y être appris. Je me suis aussi renseigné sur Internet pour savoir ce qu'il existait comme métiers manuels et j'ai également fait des stages dont un d'automaticien. Je ne connaissais pas vraiment ce métier, j'en avais une vision globale mais sans plus. Ce qui m'a tout suite plus, c'est la diversité des travaux effectués. On apprend beaucoup de choses différentes et on n'est pas focalisé sur une matière. On fait de la mécanique, de la pneumatique ce n'est pas limitatif comme formation. J'aime vraiment tout ce que je fais et je suis très content d'avoir choisi cette voie. Ce que je préfère c'est l'électronique, c'est petit, concret et très intéressant. En plus, automaticien, c'est un nouveau métier et on en a besoin partout.

Comment as-tu connu le C-FOR! ?

J'ai cherché les différentes entreprises qui engageaient des apprentis et je suis tombé sur le C-FOR! en cherchant sur Internet. J'ai également demandé autour de moi si les gens connaissaient des entreprises formatrices. Ensuite j'ai fait un stage ici. Par rapport à l'ETML, ce qui m'a plu ici c'est que c'est un centre de formation, il y a aussi le coté école mais nous sommes dans une grande entreprise avec tous ses avantages. Il y avait aussi la question du salaire ou des vacances et un salaire ça fait quand même plaisir.

Comment vois-tu ton avenir ?

J'aimerai faire un Master en ingénierie mais je ne sais pas encore exactement dans quel domaine. Le développement m'intéresse beaucoup. Ce que j'aime ici dans ma formation, c'est développer et construire. D'ailleurs mon père est ingénieur et je savais déjà depuis tout petit que je voulais faire ce métier. L'avantage c'est qu'avec un CFC et un diplôme d'ingénieur, ça me laisse une liberté plus importante dans le choix de mon activité professionnelle future. Je pourrais me concentrer plus sur l'ingénierie ou alors revenir au niveau CFC selon mes envies. Pour moi ce n'est que du bénéfice. Même si un Master me prendra encore 5 ans d'études, je suis prêt pour ça. D'ailleurs je suis en filière maturité comme cela je pourrai directement aller à l'école d'ingénieur sans avoir besoin de passer un examen d'entrée. Ce qui m'a rassuré avec la formation d'automaticien, c'est que c'est un métier recherché et que si au pire des cas je devais ne pas continuer mes études, je n'aurai pas de difficulté à trouver un emploi.

Noah, 17 ans, polymécanicien en deuxième année
Interview

Comment as-tu découvert le métier de polymécanicien ?

J'ai fait plusieurs stages. Au début j'ai fait électronicien et ensuite un stage découverte à l'École des métiers de Fribourg où étaient présentées les 4 formations professionnelles dispensées par l'école : électronicien, automaticien, informaticien et polymécanicien. J'ai assez vite croché avec le métier de polymécanicien. Ensuite j'ai refait plusieurs stages ailleurs en tant que polymécanicien dont un au C-FOR!. Après cette série de stages, j'étais à 100 % sûr de mon choix. On m'avait aussi dit que ce métier ouvre pas mal de portes et que c'est également un métier recherché. On peut avec une formation de polymécanicien travailler dans des secteurs nombreux et variés.

Comment as-tu connu le C-FOR! ?

Sur Jobup, il y avait des places pour des apprentissages de polymécaniciens au C-FOR! J'ai postulé pour venir faire un stage et un entretien. J'avais fait d'autres stages dont un chez Starrag à Vuadens et Meggitt à Fribourg. Je devais encore en faire un à l'EPFL mais entre-temps j'avais déjà fait mon stage au C-FOR! et à partir de ce moment je savais que c'était ici que j'allais faire mon apprentissage. Ce qui m'a tout de suite plu c'est l'ambiance, le parc machine est bien et au moins je ne suis pas le seul apprenti. Dans une entreprise, c'est plein d'employés et l'on se retrouve seul comme apprenti. Le fait d'être entouré d'autres apprentis facilite l'entrée dans le monde professionnel. Ça nous aide, le choc est moins rude et ça fait une petite passerelle. Un apprentissage en école aurait aussi été une solution mais je trouve qu'il y a moins de pratique et trop de théorie. Et ici il y a le salaire, c'est un plus pour moi.

Comment vois-tu ton avenir ?

Je ne sais pas encore très bien. Il est possible que je continue dans la maintenance car ce domaine me plait beaucoup. J'ai eu la chance il y a quelques mois de travailler pour le service des Eaux de la ville de Lausanne. Ils avaient besoin d'un apprenti pour réparer une pompe et faire un peu de maintenance. J'aime également beaucoup l'usinage et tout particulièrement le fraisage mais la maintenance et l'entretien sont des domaines qui me plaisent plus encore. La maintenance est plus variée que l'usinage où l'on reste toujours derrière la même machine, et travailler dans des grosses entreprises où l'on est juste un presse-bouton ne m'intéresse pas.

Sinon je continue avec des études supérieures car je suis en niveau E comme polymécanicien, nous avons plus de cours théoriques qu'en niveau G, ce qui nous prépare mieux pour des études supérieures.

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