Les experts du CAD se sont retrouvés à Aigle

MyCADday, le rendez-vous des spécialistes de la CAO

| Auteur / Rédacteur: Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

Windshape, la soufflerie mobile pour UAV

La star-up invitée pour cet événement était Windshape qui présentait sa soufflerie mobile pour UAV (Unmanned Aerial Vehicle ) ou plus communément appelé drone. Comment valider un nouveau concept d'engin volant ? Généralement en lui faisant passer des tests aérodynamiques en soufflerie, mais ces dernières sont des infrastructures imposantes, complexes et chères à l'utilisation. Un tunnel de soufflerie à beaucoup d’inertie due à sa très longue colonne d'air, il est n'est capable de ne générer que des flux d'air constants avec des très faibles turbulences qui sont les conditions rencontrées par un avion volant à très haute altitude. Les modèles testés doivent être statiques (généralement des maquettes à échelle réduite), fixés sur un support générateur d’interférences et surtout ils ne peuvent évoluer naturellement en vol comme dans des conditions d'utilisation normales. Sans compter que dans ce cas-là il s'agit de drone de types quadri ou hexacoptère, sois des engins volants à voilures tournantes bien éloignés des gigantesques drones militaires à voilure fixe. Pour remédier à tous ces problèmes, l'équipe de Windshape a développé un nouveau type de soufflerie révolutionnaire basée sur des modules composés d'une multitude de ventilateurs indépendants. Cette soufflerie mobile dédiée aux drones permet de créer des mûrs verticaux, horizontaux et presque toutes les combinaisons de montage possibles. Avec environ 150 ventilateurs indépendants au m2, elle offre une flexibilité inégalée. Guillaume Catry, Directeur et co-fondateur et Albéric Gros, Directeur de la communication à Windshape font l'analogie entre leur soufflerie et un écran. Ce dernier est constitués de millions de pixels indépendants les uns des autres mais contrôlés ensembles ils donnent au final une image. Partant de ce constat Windshape a créé une soufflerie mobile capable de générer des vents sur mesures, très éloignés des écoulements laminaires obtenus dans une soufflerie classique. Avec plusieurs mûrs de « vents », la start-up est capable de créer des simulations bien plus réalistes qu'avec un unique flux d'air frontal comme c'est le cas dans un tunnel classique. Une infinité de vents peuvent être générés, frontaux, latéraux, rafales, vortex, cisaillements, effets de sol mais aussi pourquoi pas des bourrasques chargées d'eau, de neige ou de poussières. La petite taille des ventilateurs leur confèrent une très faible inertie et donc des changements de régimes de rotation extrêmement véloces. D'autres avantages comme pouvoir faire voler un drone en phase de test sans risque de collisions avec les parois ou encore récupérer les données des capteurs intégrés au drone pour des mesures ou simulations ultérieures complètent ce concept. La création d'une structure en forme de dôme permet de faire des simulations très proches des conditions de vol en extérieur par tous types de temps. Le marché des drones a une croissance très rapide, les instances de régulations mondiales ont tout juste commencées à aborder la question des UAV. Il est inévitable que le monde des drones sera lui aussi régulé comme c'est le cas pour tous les engins volants à l'heure actuelle. Les drones devront aussi passer des tests de vols par tous types de vents. La sécurité est essentielle pour des engins qui seront principalement dédiés au survol de zones peuplées et à l'emport de charges (livraisons de courrier, médicaments, etc...).

Windshape ambitionne de devenir un standard de test pour l'OFAC et même un label ou une certification.

Et cet objectif n'est de loin pas irréalisable, le célèbre CALTECH (California Institute of Technology ) a déjà adopté le système de Windshape. Actuellement le système est capable de générer des vents jusqu'à 50 km/h mais là aussi Windshape travaille à l'augmentation de cette vitesse et espère atteindre prochainement les 100km/h.

La présentation s'est terminée par une démonstration pratique, et là on se rend très vite compte des limitations du domaine de vol des drones à faible masse et à voilures tournantes. Assez rapidement les vents générés induisent des comportements en vol qui seraient très difficiles à maîtriser sans le système de stabilisation GPS intégré. L'énorme volume du bâtiment de l'UCI a permis encore de nombreuses démonstrations en vol, notamment le long de la piste de vitesse pour le plus grand plaisir des participants. La révolution des UAV est en marche et Windshape contribuera très activement à sa démocratisation.

A n'en pas douter, la soufflerie mobile de Windshape permettra dans un avenir très proche d'optimiser l'aérodynamique des UAV, de mieux comprendre la mécanique du vol, d'augmenter le niveau de sécurité des systèmes de contrôle et de simuler la résistance aux éléments météorologiques afin d'en améliorer encore la fiabilité et la sécurité. Mais cette soufflerie n'est pas dédiée aux drones mais à tous les engins volants lents comme ceux dédiés au vol libre (parapente), dirigeables ou encore les oiseaux.

L’innovation comme moteur

Elmar Mock n'est plus a présenté, il est entre-autre le co-inventeur de la plus célèbre des montres suisse à la fin des années septante, la Swatch. Après avoir quitté le monde de l'horlogerie il crée sa propre société d'ingénierie en innovation, créativité et développement de produits appelée « Creaholic » en 1986.

Il est le co-inventeur de plus de 180 familles de brevets et est à la base de 750 projets. Il est considéré comme le vétéran de l'innovation helvétique et était l'invité d'honneur de myCADday. C'est bien-sûr autour du thème de l'innovation qu'Elmar Mock s'est adressé au public présent. Le processus d'innovation doit être respecté pour assurer le succès d'un nouveau produit. Au cours de son intervention, Elmar Mock a relevé plusieurs points essentiels retranscrit ci-après :« L'ensemble des connaissances humaine sont réparties en 2 grands ensembles, un ensemble des concepts et un ensemble des connaissances. Ce qui est intéressant c'est que les concepts se définissent comme des choses qui n'ont pas de statuts logiques et qui sont ni vraies ni fausses. Un concept ne doit pas être logique, ne peut pas être démontré, c'est un rêve. Alors que l'ensemble des connaissances, lui a toujours un statut logique, les connaissances sont vraies ou fausses et ces 2 lois sont en oppositions et pourtant nous devons passer de l'une à l'autre. Non pas en transmettant un dossier d'un département à l'autre mais en ayant une équipe qui travaille d'abord sur le concept, alors qu'au départ le concept est toujours impossible. Si l'on crée que des concepts, nous restons dans les nuages, et si l'on crée des connaissances nous restons dans ce que nous savons déjà. Comment trouver d'autres approches ? Il faut d'abord travailler en concept, avec une équipe de gens du domaine conceptuel et avec ceux qui disposent des connaissances. Ensuite nous basculons du côté de connaissances, pas celles dont nous disposons déjà car ce qui est intéressant ce sont celles que nous n'avons pas. Ce jonglage entre concepts et connaissances est absolument essentiel à la réussite d'un projet innovant. Ce qui définit le processus même de l'innovation, c'est un processus non linéaire dont nous ignorons le résultat au départ. Il ne sert à rien de développer que des concepts ou que des connaissances, c'est la collaboration entre les deux qui crée l'unité, ce n'est pas des départements mais un corps qui travaille ensemble, interne, externe, mélangé. Dans le fond une bonne idée c'est apporter une solution que l'on ne croyait pas possible, nous avons l'habitude de faire avec les contraintes mais faire autrement c'est les supprimer. Il faut résoudre les éléments perturbateurs. Si vous n'améliorez pas la « vie » de votre client ou du consommateur vous n'aurez pas succès. »

Et de poursuivre avec : « Prenez un exemple concret. En 2002 j'ai commencé à travailler sur une idée ridicule, les micro-organismes (microbes, virus) deviennent résistants aux antibiotiques car ils s'adaptent. Il est évident que l'homme ne pourra pas fabriquer autant d'antibiotiques vu la vitesse à laquelle ces derniers trouvent des parades. Comment résoudre cette problématique de santé publique qui ne fera qu'évoluer au fil du temps ? Il faut tout simplement réduire le risque de transmission des microbes et des virus d'un individu à l'autre. La contamination par des bactéries fécales par contact direct et indirect est l'une des principales causes de contagion, poignée de main, de porte, transports publics, nourriture, etc... Le problème vient de l'hygiène et plus particulièrement du lavage correct des mains, il faut de l'eau, du savon mais il faut prendre le temps de le faire et de manière efficace. Alors comment motiver les gens à se laver les mains et amener le lavage au client et non l'inverse ? Nous avons créé une société qui s'appelle Sweat stream et qui a développé un système de fontaines de lavage pour les mains qui est maintenant implanté à Hong-Kong, chez KFC ou Mc Donald. Les clients peuvent se laver les mains en entrant dans le magasin mais aussi en le quittant avec seulement 1 dl d'eau consommé et une efficacité bien supérieure à un lavage classique. Avantage de ce système c'est de pouvoir le sortir du bâtiment, sa très faible consommation d'eau le rend complétement autonome. Pour réduire la quantité d'eau à une aussi faible valeur il a fallu revoir tout le concept pourtant simple du lavage des mains. L'eau, le savon et de l'air sont mélangés au départ, on se lave à l'eau savonneuse, car c'est bien le mélange de savon et d'eau qui désinfecte correctement et pas le savon et ensuite l'eau. Trop souvent nous pensons que l'eau ne coûte rien, qu'elle est gratuite, mais chez Mc Donald par exemple, la facture d'eau annuelle est plus élevée que celle du savon. Avec sweat stream c'est plus de 300 $ d'économies qui sont réalisés chaque année. »

La conclusion de cette conférence passionnante était la suivante : Qu'est-ce que l'innovation ? L'innovation c'est rendre l'impossible possible. C'est pouvoir offrir à vos clients quelque chose que vos concurrents ne proposent pas. MSM

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