HoroSys propose le robot industriel le plus compact du marché. Christophe Taramarcaz évoque les Smart Micro Factories

Miniaturiser pour économiser, un concept d'actualité

| Auteur / Rédacteur: Propos recueillis par Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

MSM : Le microrobot industriel à 6 axes Meca500 est-il le plus compact du marché à l’heure actuelle ?

Christophe Taramarcaz : Oui, et le plus précis. C’est surtout le seul qui n’a pas besoin d’un contrôleur externe ni d’un logiciel propriétaire. C’est également le seul à tenir une répétabilité de positionnement de 5 microns.

MSM : Quels sont les domaines d’application de ce robot industriel, quelles sont ses capacités de travail et dans quels environnements peut-il évoluer ?

Christophe Taramarcaz : Ce petit Meca500 est adapté pour la manipulation de composants légers. Il convient pour une charge de 500 grammes maximum et a un rayon d’action d’environ 250 mm.

Les domaines d’utilisations sont nombreux. Aujourd’hui, environ 50% des Meca500 vendus dans le monde sont utilisés pour des tâches de pick&place pour l’assemblage de semi-conducteurs, d’éléments microtechniques et les assemblages de composants automobiles.

Les laboratoires de recherches, les bureaux de conception, R&D en automation et les académies sont également de bons clients.

Pour pouvoir l’intégrer dans des environnements difficiles, comme par exemple une machine d’usinage, de rectification ou de soudage, nous avons développé un système de protection IP67 constitué d’une housse spéciale et des éléments de jonctions étanches.

Nous travaillons actuellement sur une solution lui permettant l’accès à la salle blanche.

MSM : Quel outil logiciel proposez-vous pour sa programmation ?

Christophe Taramarcaz : C’est une des forces principales du Meca500 : il n’y a pas de logiciel spécifique nécessaire ! Une fois connecté, nous accédons à un webserveur qui permet de tester et de réaliser une séquence avec le robot.

Pour l’intégration, nous avons juste besoin d’une connexion Ethernet et pouvoir échanger de simples messages par TCP/IP ou par EtherCat. Nous pouvons donc utiliser le Meca500 avec n’importe quelle plateforme d’automation ou moyen de programmation. Du Raspberry Pi au PC industriel de pointe, il n’y a aucune contrainte.

MSM : Quels sont les systèmes de préhension qui peuvent être associés à ce robot ? Est-il compatible avec les productions disponibles sur le marché ou a-t-il fallu développer des pinces adaptées à sa taille ?

Christophe Taramarcaz : Nous trouvons déjà du matériel adapté, en particulier chez notre partenaire Schunk Suisse. Mecademic propose également une pince électrique parfaitement adaptée au Meca500. Mais dans la plupart des cas, nous réalisons nous-même les préhenseurs, parfaitement adapté au besoin.

MSM : Sa mise en œuvre et son fonctionnement sont-ils à la portée de tous les utilisateurs ?

Christophe Taramarcaz : Oui. La prise en main s’effectue rapidement et la simplicité d’utilisation du webserveur est notable.

Par contre, l’intégration d’un tel manipulateur sur une ligne industrielle reste une affaire de spécialistes ! Il faut des compétences en programmation et une bonne idée des possibilités et contraintes d’utilisation d’un robot 6 axes.

MSM : A quels types d’entreprises s’adressent vos systèmes d’automatisation et de robotisation ?

Christophe Taramarcaz : Nous visons principalement les PME microtechniques qui produisent des volumes annuels entre 20'000 et 500'000 pièces par an.

Il y a une très forte demande de l’industrie horlogère qui doit éliminer les tâches de manipulation sans valeurs ajoutées. Nous constatons également un fort intérêt de plus gros industriels qui cherchent à optimiser la flexibilité et le coût de leur ligne de production.

MSM : Lorsque l’on parle de « Desktop Factory & Smart Industry 4.0 » on visualise des chaînes de production miniaturisées installées dans des locaux à vocation de bureaux. Ce concept est-il réellement envisageable en termes de nuisances sonores et
olfactives ainsi que de l’adaptation des infrastructures ?

Christophe Taramarcaz : Oui, nous n’avons aucunement besoin d’un environnement industriel pour travailler avec une ligne SMF.

Pour les nuisances sonores et olfactives, c’est évidement à traiter au cas par cas. Par exemple pour une ligne qui nécessite un laser ou du soudage, il faudra évacuer les gaz. Pour l’usinage, le bruit est également à prendre en compte.

MSM : Ce concept nécessite une communication constante et en temps réel entre tous les éléments constitutifs de la chaîne de production. Disposons-nous actuellement en Suisse d’infrastructures réseaux filaires et aériens suffisantes pour sa mise en œuvre concrète ?

Christophe Taramarcaz : Oui, l’infrastructure est déjà performante. Nous avons 2 liaisons qui fonctionnent très bien, soit par le réseau internet LAN, soit par la 4G. Pour la communication en temps réel entre les modules, les échanges restent en réseau local. Nous utilisons les liaisons externes uniquement pour la supervision, les sauvegardes, les échanges de données de production et la maintenance à distance.

MSM : Peut-on vraiment envisager une chaîne de production autonome et « intelligente » où l’intervention humaine ne serait plus nécessaire ? Quelles sont les limitations de ce concept et dans quels cas une personne physique sera toujours indispensable ?

Christophe Taramarcaz : Non, et heureusement ! Il y a toujours besoin de l’œil expert et du coup de patte magique de l’humain qui fera fonctionner correctement la ligne. Il faut également prendre en compte le facteur coût. Pour une multitude d’opération délicate, l’homme reste beaucoup plus performant que la machine. Je pense aux métiers de l’horlogerie en particulier.

MSM : Pourriez-vous nous dire quelles sociétés suisses utilisent avec succès vos produits ?

Christophe Taramarcaz : En premier, je citerais Gimmel Rouages SA et Horovia Sàrl. Ce sont nos deux premiers partenaires au lancement de notre projet SMF.

Et ce sont également les seuls qui m’autorisent à les citer ! La confidentialité est un point important dans la plupart de nos développements.

Nous avons environ une quinzaine de robots en fonctions en Suisse romande et quelques-uns en Suisse allemande. MSM

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