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L'industrie aéronautique suisse n'est pas en reste
Côté suisse, honneur au constructeur de monomoteurs à turbopropulseur Pilatus qui se lance dans le jet bimoteur avec un premier vol réalisé en mai dernier par son PC-24, avion qui cependant n'a pas été dévoilé grandeur nature au Bourget cette année. En revanche les visiteurs ont pu admirer un PC-21 et un PC-12 NG.
Mais, c'est dans la halle 4 que l'essentiel de la délégation helvétique était regroupée. On y trouvait notamment Listemann, expert en traitements thermiques industriels. Fondée en 1990 l'entreprise a acquis Sulzer Metco en 1999 à Oberwinterthur (Suisse). En 2006, elle ouvrait une usine de traitements thermiques à Cracovie (Pologne) et en 2007 améliorait sa maîtrise des technologies de projection thermique, de soudage par faisceau d'électrons et de traitements thermiques sous vide ou sous atmosphère contrôlée pour composants de réacteurs.
Avec comme clients Pilatus, Pratt & Whitney et Rolls Royce, Listemann est reconnue pour les matériaux comportant des processus de finitions thermiques capables d'augmenter la durée de vie des composants tout en maintenant leurs performances. Près de Lugano, Precicast est une fonderie de précision positionnée sur des marchés de petites et moyennes séries. La firme qui aligne 45 années d'expérience en aéronautique transforme des alliages bases fer, principalement inoxydables, des alliages bases cobalt, bases nickel coulés sous vide ainsi que quelques alliages bases cuivre ou aluminium. Les pièces réalisées varient de quelques grammes à dix kilos.
La PME de 80 personne maîtrise aussi l'usinage par enlèvement de matière, le prototypage rapide (depuis une vingtaine d'année) ainsi que les traitements de surface pour pièces métalliques et le contrôle non destructif (magnétoscopie, ressuage et radiographie).
De son côté, Jean Gallay SA assure la fabrication des pièces circulaires de réacteurs, pour chambres de combustion, injecteurs, diffuseurs, distributeurs, collecteurs de gaz chauds, anneaux… autant d'éléments ayant des diamètres de 100 à 2000 mm. La firme genevoise assure notamment des opérations de brasage, formage, traitements de surfaces, traitements thermiques, usinages avec les contrôles et tests de qualité associés.
C'est à Netstal, au sud de Zurich que Sauter, Bachmann AG élabore et fabrique des systèmes d'engrenages et renvois d'angles de haute précision qui équipent actuellement les avions Pilatus PC 12, certains hélicoptères légers et même le chasseur FA 18 employé par l'armée suisse, dans le cadre d'un partenariat avec GE Aviation.
A Emmen, près de Lucerne Ruag Schweiz AG est bien connu comme fournisseur d'éléments d'avions, voir de sous-ensembles complets d'aérostructures métalliques et composites. Pour le civil, la firme participe aux programmes Airbus A 320 (tronçons central et arrière du fuselage plus extrémités d'ailes), Airbus A 380 (extrémités d'ailes), Airbus A 330/340 (parties de fuselage et extrémités d'ailes) ainsi que pour les CRJ 700/900 et 1000 de Bombardier (Partie de fuselage arrière recevant les réacteurs).
Côté militaire, Ruag participe aux programmes Pilatus PC-21 avec pratiquement la totalité de l'appareil, à la fourniture d'ailerons et de systèmes de gouvernes pour Boeing F/A-18 et Northrop F-5 Tiger II ainsi que pour les avions Dassault Rafale et Saab Gripen en tant que fournisseur de réservoirs sous ailes.
Dans un autre domaine, Mecaplex effectue les études d'engineering et la production d'éléments transparents ou teintés, fixes ou mobiles des cockpits pour planeurs, aviation légère, mais aussi pour les jets privés, les avions d'entraînement, certains hélicoptères et avions de combat.
Autre secteur également pour Clemessy Switzerland, entreprise de Bâle qui a présenté plusieurs systèmes de contrôle-commande et moyens de tests électriques notamment pour le câblage des satellites.
Drones, l'aviation de demain
Toujours plus compacts, souvent élaborés par des PME, les nombreux drones présentés au Salon visent des usages industriels et agricoles, ou se proposent de réaliser des opérations de surveillance au long cours. Parmi cette nouvelle génération, Gimball de Flyability développe un système « sense and avoid » qui permet à un engin volant d’éviter les obstacles fixes et mobiles par ses propres moyens, avancée technologique recherchée par les utilisateurs de drones. En attendant, la start-up suisse basée à Lausanne, propose une solution alternative sous forme d’un drone monté sur trois axes et intégré à l’intérieur d’une sphère protectrice en fibre de carbone d’un diamètre de 34 cm.
Ainsi, les collisions ne font pas peur à ce robot volant dont les deux hélices contrarotatives permettent de se rétablir après un choc jusqu’à 15 km/h. Le Gimball évolue près des personnes et dans n’importe quel environnement confiné ou difficile d’accès. Il pèse 450 grammes avec sa caméra et embarque une modeste charge de 50 grammes qui peut être par exemple un capteur de gaz. En revanche, son autonomie ne dépasse pas sept minutes. Ce petit drone servira donc aux opérations d’inspection pointues dans le secteur industriel, notamment dans les centrales nucléaires. Il pourrait aussi rendre de grands services en cas de catastrophe puisque capable de s’aventurer, là où les sauveteurs n’ont pas accès.
Une star discrète qui fait du bruit
A l'heure où Solar Impulse démontre de façon éclatante la pertinence d'une propulsion électrique pour avions, cette nouvelle énergie a marqué des points au Bourget 2015. Excessivement discret, après les présentations en vol du Rafale, des gros porteurs et autres aéronefs, le petit e-fan d'Airbus Group, 100% électrique est devenu une véritable star en participant aux démonstrations aériennes. Cet appareil entièrement composites (fibres de carbone), affiche un poids de 550 kg. Ses deux moteurs à hélice carénée génèrent une puissance totale de 60 kW ce qui lui permet d'atteindre les 220 km/h pour une vitesse de croisière de 160 km/h. Le 10 juillet dernier, sur les traces de Louis Blériot entre Lydd et Calais, il a même traversé la Manche, en totale autonomie, démontrant ainsi que l'option électrique, véritable rupture technologique devient possible dans le secteur aéronautique. Son point faible reste cependant une autonomie limitée d'environ une heure de vol, ce qui devrait suffire néanmoins aux écoles de pilotages auxquelles il est destiné.
Son successeur, l'E-Fan 2.0, dans une conception revue avec notamment deux places côtes à côtes (et non plus en tandem), une électronique de puissance plus élaborée et des batteries lithium-ion plus performantes sera commercialisé fin 2017. Quant à l'E-Fan 4.0, un quatre places avec une autonomie en vol de trois heures, il sera vraisemblablement hybride.
«Ces petits appareils font office de véritables laboratoires pour tester de nouvelles technologies utiles dans le cadre des recherches sur l'avion du futur» indique Jean Botti, Directeur de la technologie chez Airbus Group.
«Il s'agit d'apprendre, avec l'e-fan, à développer un appareil plus gros, capable d'emporter 90 passagers avec une propulsion entièrement électrique. Dans notre centre de recherches à Munich, nous travaillons sur les briques technologiques de cet avion régional de demain» poursuit-il.
Siemens travaille aussi sur le projet en développant un moteur électrique léger, de seulement 50 kg, mais néanmoins capable de développer 260 kW en continu, soit cinq fois plus qu’un moteur électrique industriel ou 2,5 fois plus qu’un moteur de voiture électrique. Dédié à l'aéronautique et tournant à 2 500 tr/min il est prévu pour être en prise directe avec l'hélice. Egalement présenté au Bourget, il devrait propulser des court-courriers de 50 à 100 passagers.
En attendant, l'usine de production d'E-Fan se construit à Pau au sud de la France, non loin de l'aéroport, avec une inauguration prévue début 2016 dans la perspective d'une première livraison d'avion école tout électrique un an plus tard. En phase de démarrage, Airbus Group prévoit, une production de 10 e-fan par an. «Puis, en fonction de la réponse du marché, nous envisageons une montée en cadence à 60-70 appareils chaque année», précise Jean Botti.
Dorénavant le Bourget est la manifestation technologique à ne plus manquer !
Rendez-vous est pris pour la prochaine édition qui se produira du 19 au 25 juin 2017. <<
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