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Gestion de l'outillage L’horlogerie, un domaine aux délais prépondérants

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> L’horlogerie est omniprésente dans le paysage industriel suisse. Un grand nombre de sociétés dépendent directement ou indirectement de cet instrument de mesure du temps, qui peut être considéré comme une valeur refuge. Les ateliers de mécanique de précision et de décolletage ne jurent que par les «délais courts».

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Période de retour sur investissement
Période de retour sur investissement
(Image: Brütsch/Rüegger Outils SA)

Pour satisfaire un marché toujours haussier et qui a même battu des records en 2013, il convient de produire et de livrer les pièces le plus rapidement possible, voire toujours plus vite et ce à partir du début de la chaîne d’approvisionnement déjà.

Il n’est pas toujours aisé de fabriquer des pièces parfois très complexes en un minimum de temps. Les entreprises sont cependant bien préparées à ce type d’impératif grâce à des employés très compétents et en nombre suffisant, à un parc de machines moderne et performant, à des processus éprouvés et parés à toutes éventualités, ainsi qu’à un stock de matières premières bien fourni. Malheureusement, il arrive souvent que les mécaniciens soient confrontés à un outil manquant qui les empêche d’effectuer l’opération qui leur est dévolue. Plusieurs raisons à cela: un manque d’ordre dans le rangement des outils de production, l’oubli de commander un nouvel outil après l’utilisation du dernier disponible, les stocks «écureuil» où les outils sont gardés dans les tiroirs des employés et pas forcément mis à disposition de ceux qui en ont besoin, etc.

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Le plus surprenant, dans la plupart des cas, c’est que le coût direct de l’outil est insignifiant comparé au montant de la commande.

Les systèmes logistiques de gestion d’outils

Pour éviter ce genre de problèmes, certains fournisseurs ont commencé à commercialiser des systèmes de gestion automatique de l’outillage. Ils se déclinent sous différentes formes, mais ont tous pour objectif commun l’automatisation d’une gestion souvent lourde et coûteuse.

Ces automates, sortes d’armoires équipées d’une interface informatique tactile, permettent le stockage des outils de manière sûre et efficace.

Via l’interface logicielle, il est possible de prélever l’outil souhaité en quelques clics seulement en gardant toujours le contrôle sur l'état du stock.

Saisie simple et aisée avec un lecteur

La plupart des systèmes disposent d’un lecteur de badge permettant à l’utilisateur de s’enregistrer avant d’effectuer la moindre opération. Il est possible de retracer ensuite toutes les manipulations effectuées dans le but de constater une éventuelle anomalie.

Ces systèmes offrent une multitude d’autres fonctions. Il est notamment possible de fixer des quantités minimales pour chaque référence et le système s’occupe de passer automatiquement commande de l’outil nécessaire une fois le seuil de sécurité atteint. Le risque de tomber sur un outil non stocké dans son armoire diminue donc fortement.

Autre avantage de ce système de commande automatique, il permet d’optimiser ses propres stocks et de diminuer le capital immobilisé. La concurrence dans le domaine des systèmes logistiques pousse les fournisseurs à intégrer toujours davantage d’options au niveau de l’interface. Dans la plupart des cas, il est possible de relier chaque utilisateur à un centre de coûts, ce qui permet de faciliter les facturations par département. Les aspects «FIFO» ou encore «5S» sont souvent pris en compte dans les GPAO où la gestion de l'outillage est intégrée.

Cette armoire fait partie intégrante de la GPAO

Il s'avère très difficile de chiffrer les frais d’outillage par lot de fabrication. Le système de distribution est capable de lier chaque prélèvement d’outil à un numéro de lot disponible par la suite sous forme d’informations à interpréter directement ou à exporter dans le système de GPAO utilisé.

Les données sont exploitables pour des statistiques

Dès sa mise en service, le système récolte un grand nombre d’informations: quantité de retraits, utilisateurs, date et heure, numéro de lot, nombre d’utilisations, etc. Autant de données qui peuvent ensuite être interprétées sous forme de listings ou de graphiques permettant d’améliorer divers aspects techniques de production. Il est également possible de voir quels sont les outils les plus prélevés ou au contraire ceux qui n’ont jamais été distribués. Des informations habituellement impossibles à récolter sans système logistique de gestion d’outillage.

Disponibilité sans faille même durant le 3x8

Autre avantage d’un système automatique: il n’a besoin de personne pour gérer la distribution. Il arrive souvent que les équipes de nuit ne soient pas composées de magasiniers. Il est alors extrêmement difficile, voire impossible, d’obtenir un outil spécifique. Ces systèmes fonctionnent 24 heures sur 24, 365 jours par an. Il est donc très facile pour les utilisateurs d’y avoir accès tout en disposant d’un historique des opérations et ce de manière continue.

Les coûts d’achat et d’installation de tels systèmes sont bien sûr non négligeables. Cependant, le ROI ou retour sur investissement est rapide.

Le ROI est positif

Le calcul de la période de «remboursement» se base sur les aspects suivants:

  • suppression des vols et des pertes d’outils
  • réduction du nombre de fournisseurs
  • diminution du capital immobilisé
  • réduction de la durée de prélèvement d’un outil
  • diminution des commandes urgentes
  • regroupement des commandes

Il y aura toujours davantage d’ateliers équipés de ce genre de systèmes, aussi bien adaptés aux multinationales qu’aux PME suisses. <<

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