Histoire L'histoire du décolletage en Suisse

de AFDT 5 min Temps de lecture

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L'Arc jurassien est le centre d'excellence du décolletage notamment dans les domaines de l'horlogerie et des technologies liées au médical. L'industrie du décolletage est particulièrement présente dans cette région et le savoir-faire de ses professionnels est reconnu dans le monde entier.

Tour automatique Mettetal et Junker fils. (Source :  Musée du Tour automatique)
Tour automatique Mettetal et Junker fils.
(Source : Musée du Tour automatique)

Le décolletage est né dans l'Arc jurassien, il est lié à l'avènement de l'horlogerie. Les pièces constituant la montre étaient fabriquées manuellement de manière unitaire sur des petits tours d'établi. L'évolution du marché des montres a rapidement nécessité une fabrication des pièces en séries, beaucoup plus rapide et plus précise.

La réponse intervient en 1872 lorsque le premier tour automatique doté d'une « poupée mobile » est inventé pour la fabrication de vis d'horlogerie. Mais le tour automatique s'est vite révélé indispensable à la fabrication d'autres pièces de très haute précision constituant la montre qui peut contenir jusqu'à une centaine de pièces décolletées.

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Les performances des entreprises de décolletage ont suscité l'intérêt d'autres domaines d'activités. Les marchés se sont alors diversifiés : technologies du médical, aéronautique, automobile, connectique ont su bénéficier des compétences de nos décolleteurs.

Pour répondre à ces nouvelles exigences les professionnels de notre région, et d'ailleurs, ont mis en évidence leur capacité innovante en développant sans cesse de nouveaux moyens de production plus performants. Les commandes numériques ont remplacé les commandes à cames, les outillages ont bénéficié des développements de matériaux nouveaux et les nombreuses évolutions technologiques ont favorisé cette nécessaire évolution.

Les possibilités de formation professionnelle se sont multipliées et développées dans l'Arc jurassien. Enfin l'association professionnelle du décolletage a été redynamisée. L'Arc jurassien s'est ainsi transformé en un véritable centre de compétences de l'industrie du décolletage.

L'invention du tour à poupée mobile est attribuée à Jakob Schweizer, originaire de Bâle campagne et formé comme horloger dans le Jura bernois. En fait, ce précurseur mit au point à Bienne dès 1872, initialement pour son propre usage, le premier tour à poupée mobile commandé par cames.

En 1880 un mécanicien suisse alémanique, Nicolas Junker, s'établira à Moutier avec pour projet la fabrication rationnelle de vis et de pignons pour l'horlogerie. Pour ce faire, il reprend le principe du tour automatique à poupée mobile système Schweizer, réalisant sur cette base une machine plus rigide, qu'il dote de perfectionnements nouveaux, en particulier la bascule, un chariot radial et même un système rudimentaire d'avance-barres…

La physionomie en éventail du plan de travail des tours automatiques ne devait dès lors guère varier au cours des décennies suivantes, le principe de la « poupée mobile », décidément indémodable, ayant par ailleurs été transposé dans les machines à commandes numériques actuelles.

Le premier brevet relatif au tour automatique à poupée mobile, concernant la bascule qui consiste en un dispositif oscillant commandé par une seule came, supportant les porte-burins avant et arrière, n'a été déposé qu'en 1896 par Nicolas Junker et la machine fut présentée cette même année à l'Exposition nationale de Genève.

C'est à partir de cette date que le tour automatique Junker à poupée mobile fut réellement produit en série.

L'apparition du tour automatique à poupée mobile a également été à l'origine de deux métiers nouveaux : celui de décolleteur (pour l'exploitation, le réglage et la mise en train des machines) et celui de calculateur/faiseur de cames, non moins important, nécessitant de la part de ce spécialiste de solides notions de géométrie, trigonométrie, mathématiques… et surtout une bonne dose de sens pratique !

Aperçu de l'histoire de l'horlogerie

Depuis plus de quatre siècles, tradition, savoir-faire, hautes technologies et innovation ont permis à l'horlogerie suisse de maintenir son leadership sur le marché mondial de la montre. Malgré ou à cause des situations de crise qu'elle a dû traverser, elle a toujours su relever les défis technologiques, structurels ou conjoncturels auxquels elle a été confrontée. Son dynamisme et sa capacité créative hors pair en font une industrie de pointe.

Les nombreuses inventions et premières mondiales en sa possession en sont un exemple particulièrement flatteur et envié : première montre-bracelet, première montre à quartz, première montre-bracelet étanche, montre-bracelet la plus plate du monde, montre-bracelet la plus petite du monde, montre la plus chère, et bien d'autres…

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L'industrie horlogère suisse est née à Genève au milieu du 16e siècle. En 1541, le réformateur Jean Calvin, en bannissant le port d'objets ornementaux, força en effet les orfèvres et autres joailliers de la place à se tourner vers un autre art : celui de l'horlogerie.

À la fin du siècle, Genève avait déjà acquis une réputation d'excellence et c'est en 1601 que la première corporation d'horlogers du monde vit le jour sous le nom de « Maîtrise des horlogers de Genève ».

Un siècle plus tard et parce que la ville compte « trop » d'horlogers, beaucoup d'entre eux commencent à quitter la région genevoise pour s'établir le long de l'Arc jurassien.

Le développement de l'industrie horlogère est intimement lié au génie de l'orfèvre Daniel Jeanrichard (1665-1741) qui, le premier, implanta le système de « l'établissage », c'est-à-dire l'organisation divisée du travail. En 1790, Genève exportait déjà plus de 60 000 montres.

Les inventions et développements furent innombrables au cours des siècles. Ainsi, en 1770, Abraham-Louis Perrelet créa la « montre à secousses » dite perpétuelle, considérée comme l'ancêtre de la montre automatique.

En 1816, Louis Moinet réalise le premier chronographe, appelé aussi « compteur de tierces ».

En 1842, Adrien Philippe, un des fondateurs de la prestigieuse manufacture Patek Philippe, inventa la montre avec remontoir au pendant. A la même époque, la production de garde-temps compliqués (chronographes, etc.), l'introduction de fonctions telles que la rattrapante et le calendrier perpétuel prirent un essor considérable.

La mécanisation de la fabrication prend place au début du XXe siècle grâce aux recherches d'horlogers réputés comme Frédéric Ingold ou Georges Léschot. Augmentation de la productivité, interchangeabilité des composants et standardisation permettent à l'horlogerie suisse, dès cette date, d'étendre sa suprématie mondiale.

La fin de la Première Guerre mondiale coïncide avec l'introduction de la montre-bracelet, et sa forme ronde traditionnelle est définitivement adoptée au début des années 1960. En 1926, la première montre-bracelet automatique est produite à Granges, alors que les premières montres électriques apparaissent en 1952.

1967 voit le développement, par le Centre électronique horloger de Neuchâtel, de la première montre-bracelet à quartz du monde, la fameuse Beta 21. Les développements et innovations majeures n'ont pas cessé depuis lors et se poursuivent : montres à affichage LED et LCD, montre à quartz sans pile, nouveau matériaux, etc. MSM

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