Rétrospective du Salon des métiers et de la formation Lausanne

Les jeunes champions se sont retrouvés à Lausanne

| Auteur / Rédacteur: Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

Tous les lauréats de cette première édition des Industry Skills Romandie avec en premier plan sur la gauche : Antonio Rubino, Secrétaire général et à droite : Samuel Vuadens, Président du GIM-CH.
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Tous les lauréats de cette première édition des Industry Skills Romandie avec en premier plan sur la gauche : Antonio Rubino, Secrétaire général et à droite : Samuel Vuadens, Président du GIM-CH. (Source : GIM-CH)

Du 21 au 26 novembre 2017, le Salon des Métiers et de la Formation Lausanne a accueilli plus de 30'000 élèves, enseignants, parents et jeunes en quête d'une formation. Une belle continuité pour ce salon qui se veut être un outil et une aide pour le choix professionnel des jeunes du canton.

Interview avec Antonio Rubino, Secrétaire Général du GIM-CH

MSM : Quel bilan tirez-vous de cette première édition d’Industry Skills Romandie et de l’édition 2017 du Salon des métiers et de la formation Lausanne ?

Antonio Rubino : Nous en tirons un bilan très positif ! Du mardi 21 au dimanche 26 novembre 2017, le Salon des Métiers et de la Formation Lausanne a accueilli plus de 30'000 élèves, enseignants, parents et jeunes en quête d'une formation. Une belle continuité pour ce salon qui se veut être un outil et une aide pour le choix professionnel des jeunes. Le GIM-CH était sur place avec son stand «Village Technique» d’une grandeur de 540 m2 où ont été présentés les métiers de l’industrie. En ce qui concerne les Industry Skills, 48 finalistes de Suisse romande sont venus montrer leur savoir-faire afin de déterminer le meilleur apprenti des 6 métiers représentés.

MSM : Passer d’un événement cantonal à un concours regroupant l’ensemble des cantons romands a-t-il demandé de gros efforts en matière d’organisation et de logistique ?

Antonio Rubino : C’est effectivement un gros défi logistique et organisationnel, les problèmes sont démultipliés par 6 et il faut tenir comptes des spécificités régionales. Néanmoins, en tant qu’association patronale romande si cela était à refaire, nous n’hésiterions pas une seconde, car le résultat est là et a été très apprécié par nos membres, ainsi que par les apprentis.

Les meilleurs de chaque profession seront sélectionnés pour les SwissSkills et la crème de la crème s’affrontera lors des WorldSkills. Accompagnez-vous ces jeunes jusqu’au championnat de Suisse et du monde ou d’autres structures prennent-elles le relais à chaque niveau ?

Antonio Rubino : Nous préparons et motivons les jeunes pour les Industry Skills Romandie et le encourageons vivement à participer aux SwissSkills, voire WorldSkills pour les qualifiés. Nous agissons comme pépinière pour les meilleurs apprentis des différents métiers de l’Industrie. Au niveau WorldSkills, ce sont les associations faitières Swissmechanic et Swissmem qui prennent le relais et préparent les candidats pour ces compétitions.

MSM : Le GIM-CH à travers sa plateforme Mecaforma promeut et valorise les métiers de l’industrie auprès des jeunes en fin de scolarité, y sont-ils sensibles ?

Antonio Rubino : Oui, car grâce à cette plateforme, l’industrie a connue une augmentation de 23 % du nombre de places d’apprentissage dans les métiers de l’industrie ces dix dernières années. Mecaforma est une plate-forme de valorisation de l'industrie de précision suisse mise en œuvre par diverses associations professionnelles. Il faut dire que l’appui de la Fondation MEM y est pour beaucoup. Mecaforma a contribué de manière essentielle au développement de l’apprentissage et de la formation continue des entreprises actives dans le secteur MEM. Pas moins de 635 demandes de formations ont été soutenues et un montant de Fr. 9.6 millions a été payé aux entreprises et aux collaborateurs.

Antonio Rubino, Secrétaire Général du GIM-CH.
Antonio Rubino, Secrétaire Général du GIM-CH. (Source : Roberto Ackermann)

MSM : Les formations dans les professions de l’industrie sont encore trop souvent proposées prioritairement aux jeunes hommes. Y-a-t’ il une réelle volonté de féminiser ces professions ?

Antonio Rubino : Oui, notre volonté c’est de démontrer que nos métiers industriels, qui nécessitent de la précision et de l’endurance, sont parfaitement adaptés aux femmes et nos efforts pour les convaincre de nous rejoindre commencent à porter leurs fruits.

MSM : Les polymécaniciens concourent toujours à coups de « manivelles ». Serait-il envisageable de les faire concourir avec des machines CNC ?

Antonio Rubino : Un de nos projets est de faire évoluer les épreuves des polymécaniciens des Industry Skills Romandie du conventionnel au numérique. Mais nous devons d’abord régler la question de l’âge d’admission des apprenti(e)s qui peuvent y concourir, aujourd’hui à partir de la 3e année après l’examen partiel.

MSM : Comment se portent les métiers de l’industrie ? Sont-ils toujours aussi attractifs? Y-a-t’ il suffisamment de jeunes embrassant ces professions pour répondre à la demande des industriels ?

Antonio Rubino : Nos métiers sont attractifs et offrent des formations de qualité. La première enquête démographique du GIM-CH, avait mis en évidence le grand déficit de main-d’oeuvre dans les métiers de l’industrie technique de précision en Suisse romande. Le départ massif à la retraite des baby boomers, va déployer ses effets dans de multiples secteurs d’activités, dont l’industrie MEM. Ce remplacement risque de se faire d’autant plus mal que les jeunes ont souvent une piètre image de l’industrie. La même enquête, avec le soutien des Ecoles professionnelles, sur l’insertion des jeunes diplômés de la branche technique de précision, avait montré qu’un grand nombre de jeunes détenteurs d’un CFC continuaient vers des formations de type ingénieur. Plus inquiétant, ces jeunes détenteurs d’un CFC et qui, après quelques mois ou années passés en production, quittent sans retour la branche où ils ont été formés. Selon nos estimations et une enquête que nous allons publier en début février, notre secteur devrait former 10'000 nouveaux collaborateurs, en Suisse romande, ces 5 prochaines années !

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