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Le savoir-faire ancestral et le polissage high-tech de Ceramaret

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> Fondée dans un environnement horloger alors en voie d’industrialisation, l’entreprise Ceramaret a su perpétuer un savoir-faire ancestral dans le domaine du polissage et de la fabrication de petites pièces de précision en matériaux d’une extrême dureté. Mais elle a surtout su développer et adapter un procédé high-tech automatisé, pour pouvoir produire des pièces en céramiques techniques (zircone, alumine), des saphirs ou des rubis synthétiques de très haute précision.

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(Image: Micronarc)

Cera comme céramique, et Maret comme le nom de famille d’origine valaisanne de l’entreprise de polissage qui a démarré ses activités en 1907 dans le canton de Neuchâtel. Ceramaret SA perpétue de nos jours un savoir-faire unique en son genre. La société familiale, qui a déménagé en 1952 du Locle à Bôle dans une usine qui a depuis été agrandie en plusieurs étapes, a d’abord fourni ses compétences dans le domaine de l’horlogerie. A l’époque, elle a acquis ses lettres de noblesse avec la fabrication de levées et de chevilles, le garnissage de plateaux et, surtout, le fameux « polissage Maret », devenu depuis la spécialité de Ceramaret et une référence incontournable sur le marché. « Il s’agit d’un polissage de masse avec des procédés et une recette propre à l’entreprise », explique Christian Farine, chef de vente et marketing.

Enlèvement de matière sans distorsion des pièces

Ce «Polissage Maret», devenu quasiment une marque en tant que tel, a connu un plein essor et constitue maintenant une référence en raison du haut niveau de qualité des surfaces obtenues. Il s’agit en fait d’une méthode de polissage avec un enlèvement minimum de matière et sans déformation des pièces. Un savoir-faire que Ceramaret a su entretenir et développer.

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Un polissage d’exception

Grâce à son procédé, le «Polissage Maret» surclasse ainsi les méthodes traditionnelles de finition grâce à une qualité très élevée des états de surface, une aptitude à atteindre les zones les moins accessibles et à obtenir une uniformité de la couche de matière enlevée, tout en améliorant la résistance à la corrosion. Le procédé permet en outre d’obtenir une excellente reproductibilité de traitement d’une série à l’autre. Ceramaret SA propose ainsi une gamme de prestations qui vont du brillantage au polissage (normal, dimensionnel et mat), en passant par le traitement thermique (sous atmosphère protégée, trempe, revenu, recuit de stabilisation et durcissement structuraux). Sans oublier la passivation, l’ébavurage, le dérouillage et le traitement antirouille.

Céramiques techniques

C’est à partir de cet environnement de haute précision que Ceramaret a flairé le bon filon en se diversifiant, il y a presque 40 ans, dans la maîtrise des céramiques techniques.

Pour assurer sa production, Ceramaret dispose bien sûr d’un équipement approprié à la pointe de la technologie : tout d’abord, d’un microscope électronique à balayage (grossissement jusqu’à 50'000 fois) à dispersion d’énergie pour les analyses de compositions et le traitement d’images. Puis, des installations pour l’atomisation, le compactage et le frittage des poudres céramiques, ou encore des outils de pressage en carbure tungstène, ainsi qu’un vaste parc de machines CNC pour une production rationnelle des travaux de finition des matériaux ultra durs.

« Au fil des années, nous avons peaufiné notre conception d’outils adéquats, notre manière de produire et nos méthodes ». Ceramaret adapte des machines existantes selon ses besoins, comme par exemple des presses auxquelles elle intègre la robotique (pinces pour prendre délicatement les pièces), ou des machines utilisées pour les opérations secondaires qu’elle modifie pour l'usinage de matériaux extra durs que sont les céramiques techniques. « Dans ce cas, les matériaux sont tellement abrasifs qu’ils génèrent une usure prématurée des machines. Notre atout, c’est d’avoir trouvé le moyen de réaliser des protections adéquates pour éviter de tels problèmes », ajoute Martin Knechtli, propriétaire de MK Holding SA.

La qualité est l'un des points forts de la compagnie. Les exigences des marchés high-tech devenant de plus en plus hautes, Ceramaret SA a organisé son système de management afin de répondre aux normes ISO. Depuis 1995, l’entreprise est certifiée ISO 9001:2001, ISO 14001-2004, OHSAS18001:2007 et ISO 13485:2003.

Intégrée au groupe MK Holding

En 1991, il y a vingt ans déjà, Ceramaret a été rachetée par le groupe MK Holding qui englobe aussi Nova Swiss (Effretikon, ZH). L’entreprise de Bôle est visible sur les hauteurs d’une colline lorsque vous circulez en train de Neuchâtel à Lausanne. Et les apparences sont trompeuses. Derrière l'ancien bâtiment qui date des années cinquante à l’enseigne de Ceramaret se cachent trois autres ouvrages rectangulaires, modernes et totalement vitrés. Récemment terminés, ces trois bâtiments « doublent notre surface de production par rapport à celle de 2009, pour atteindre une surface totale de près de 10'000 m2 », se félicite Christain Farine. Il y a de quoi, puisque des 70 employés en 1991, Ceramaret est passée à 150 personnes aujourd’hui, dont une quinzaine d’ingénieurs. Autre preuve de son succès, la société de Bôle a aussi su faire prospérer sa marque à l’étranger. Elle exporte en effet le 80 % de sa production dans plus de 30 pays, dont notamment 40 % en Allemagne et 15 % aux USA. Aujourd’hui, sur tous les continents, les composants produits par Ceramaret sont devenus une référence reconnue et incontournable. Un succès dû à la fidélité, à la ténacité et à la solidité d’un savoir-faire, intelligemment entretenu. <<

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