Entretien avec une personnalité de l'industrie: Rafael Barcos, directeur de BS-Optics Le respect du personnel est essentiel

Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> En décidant de supprimer avec effet immédiat le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, la BNS a pris de court les marchés et surtout les PME suisses, telle que cette très jeune entreprise BS-optics. C'est une société leader dans les optiques pour laser et système de vision pour haute précision. Depuis 2008, elle développe de nouvelles possibilités en repoussant les limites techniques. Son directeur, Rafael Barcos, nous confie ses réactions à la suite de cette annonce qui a surpris de nombreux industriels.

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Rafael Barcos, directeur de BS-Optics.
Rafael Barcos, directeur de BS-Optics.
(Image: BS-Optics)

MSM: Monsieur Rafael Barcos, quelle a été votre réaction le jour de cette annonce ?

Rafael Barcos: La crainte de perdre l'élan dans la zone Euro. Nous travaillons intensivement depuis 3 ans à la multiplication des marchés dans lesquels nous souhaitons être présents et une des priorités est la zone Euro.

MSM: Quelles sont dans le cadre de vos activités industrielles les bonnes réponses à donner ? Est-ce une baisse de prix de vos machines ou une automatisation encore plus poussée ?

Rafael Barcos: Nous avons adapté nos prix grâce à des fournisseurs nous livrant en Euros mais les coûts en Francs Suisses ne peuvent pas être réduits et notre marge est déjà au plus bas.

MSM: Au vu de la perte de concurrence des entreprises suisses active à l’exportation, serait-il judicieux de recentrer vos activités sur vos compétences stratégiques et sous-traiter à l’extérieur les autres travaux ?

Rafael Barcos: Il n'est pas possible de sous-traiter plus car les compétences de nos fournisseurs font partie de notre succès.

MSM: Est-ce que face à cette nouvelle cherté du franc, délocaliser une partie de votre production pourrait être une réponse favorable (ou envisageable) pour rester compétitif sur le marché international ?

Rafael Barcos: Il n'est pas envisageable de délocaliser notre production. De plus, les personnes qui apportent tous les jours un effort à la réussite de l'entreprise ne sont pas des articles jetables et doivent être respectés.

MSM: Au niveau des conditions cadres, verriez-vous une solution au niveau national pour améliorer la compétitivité des produits suisses à l’exportation ?

Rafael Barcos: Je pense que l'effort de rendre le Franc Suisse moins attractif doit s'intensifier pour revenir à un taux de change de 1.5. Ce taux nous permet de proposer nos produits aux mêmes conditions que nos concurrents.

La discussion s'est limitée ici à l'Euro, mais il faut rappeler que le Dollar est aussi descendu à 0.83 ce qui nous rends également moins attractifs pour nos exportations dans les zones Asie et Amériques. <<

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