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Rétropsective Global Industrie Lyon 2019 Le futur était sur Global Industrie Lyon 2019

Auteur / Rédacteur: Jean Guilhem, journaliste indépendant / Gilles Bordet

Du 5 au 8 mars, sur Eurexpo Lyon, plus de 90 Pays ont été représentés pour la seconde édition de Global Industrie avec 40% des exposants venant d’Europe, d’Asie, d’Amérique ou d’Afrique.

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Au coeur du salon, une mini usin e connectée a été installée.
Au coeur du salon, une mini usin e connectée a été installée.
(Source : Jean Guilhem)

Midest, Industrie, Tolexpo et Smart industrie ont accueilli la plus grande usine de France avec 2500 firmes sur 11'000 m2. Les visiteurs ont pu découvrir les moyens de production derniers cri avec plusieurs centaines de machines, robots et automates en action.

Evénement d’ampleur internationale placé sous le haut patronage d’Emmanuel Macron Président de la République française, Global Industrie s’est tenu sur Eurexpo Lyon, du 5 au 8 mars 2019. Véritable carrefour des professions de la production, cette manifestation qui a reçue plus de 45'800 visiteurs (soit 12% de plus que l’édition parisienne de 2018) a bénéficié du soutien de l’ensemble des institutions et des collectivités publiques, tout particulièrement de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Eurexpo Lyon a concentrée en une unité de temps et de lieu une offre exhaustive et transversale sans précédent soit tout l'écosystème industriel, depuis le laboratoire de recherche jusqu’au service après vente.

Cette manifestation a regroupé durant quatre jours start-up, offreurs de produits et de solutions, équipementiers, sous-traitants, donneurs d'ordres, grands groupes, régions, constructeurs de machines et de nombreuses ETI.

Toute la chaîne de valeur y était figurée, recherche & innovation, conception, simulation, production, services, maintenance et formation. Les marchés utilisateurs que sont la mécanique générale, les transports, la logistique, l’énergie, le BTP, les infrastructures, les biens de consommation, la défense, la santé… ont tous été présents sur cette manifestation fédératrice.

Pourtant, cette concentration globalisée ne s’est pas contenté de fédérer les acteurs de la sphère industrielle, mais elle a proposé un ensemble de services répondant aux besoins de tous les profils de visiteurs.

En effet, Global Industrie a rassemblé, quatre rendez-vous professionnels, chacun leader sur son marché.

Le premier Midest, reste le salon de référence européen des savoir-faire en sous-traitance industrielle. Cette manifestation a été conçue comme un véritable réseau-animateur de l’industrie. Elle permet d’initier, de concrétiser et de développer toute opportunité de collaboration entre acteurs impliqués dans la conception et la production de pièces ou de sous-ensembles réalisés sur mesure.

Midest joue un rôle décisif dans le « sourcing » et la mise en relation entre donneurs d'ordres et sous-traitants qui s'y retrouvent dans un lieu à taille humaine et une atmosphère conviviale facilitant l’évaluation d’un large panel de sous-traitants, ou de partenaires. Ce cadre a facilité des contacts déterminants pour réussir divers projets ainsi que pour s’informer et échanger sur les sujets clés de l’industrie. Ce salon a permis de découvrir et de comprendre les tendances technologiques ainsi que les innovations.

Jean Guilhem, journaliste indépendant.
Jean Guilhem, journaliste indépendant.
(Source : Jean Guilhem)

Usine connectée

Une vaste partie était consacrée à la plasturgie et aux composites. Sur Midest, Pöppelmann, leader dans l’injection plastique de pièces techniques présentait, par exemple, une pièce hybride surmoulée en silicone réalisée en une étape. Ce procédé automatisé permet d’injecter un thermodurcissable puis de surmouler la pièce en silicone en une seule et même étape, processus rare lorsqu’on utilise du LSR (Liquid Silicon Rubber). Les pièces fabriquées ont une étanchéité fiable capable de protéger notamment des composants de batteries contre l’humidité, les températures extrêmes, les UV et les produits chimiques.

Parmi d’autres briques technologiques, repéré sur cet espace, le stand de la CCI Grand Est ou une démonstration de technologie de contrôle non destructif par ultrasons multiéléments (Phased Array) a été présentée. Cette technique d’imagerie applicable aussi bien sur les métaux que sur les composites offre un gain de temps et de précision par rapport aux ultrasons conventionnels. Elle améliore la détection des défauts dans les pièces y compris celles aux formes complexes.

Second salon, Industrie a rassemblé les technologies et équipements de production. Quelques 400 machines et robots ont été en fonctionnement et plus de 140 nouveautés ont été dévoilées.

Comme à Paris l’an passé, une usine connectée, animait Industrie. Ce démonstrateur grandeur nature d’une chaîne de fabrication installé au cœur du salon effectuait un cycle complet de production de médailles personnalisées. Chaque visiteur a pu ainsi réaliser sa commande puis suivre la création et la conception de son trophée.

Animation phare, cette usine connectée effectuait une plongée immersive au cœur de l’industrie du futur. Sur 1100 m2, une ligne de fabrication 4.0 en fonctionnement a montré concrètement quelles innovations les industriels peuvent envisager de transposer dans leurs propres ateliers afin d’améliorer leurs fabrications. Cette mini-usine qui a fourni quelques 10'000 ensembles boîtier plus médaille totalement personnalisés pour les visiteurs était subdivisée en six pôles. Le premier concerne les méthodes et l’industrialisation, le second, la supervision. Ensuite trois pôles ont associé fabrication et finition. A la fin, le sixième pôle assurait l’assemblage de la médaille dans son boîtier ainsi que sa distribution.

Usinage cinq axes

Cette usine du futur a fait intervenir des logiciels de simulation pour la fabrication additive, l’usinage, la robotique et la gestion des flux. Elle a également fait appel à du pilotage, à de la supervision, à de l’usinage, au contrôle robotisé des micros défauts, au contrôle de revêtement de surface, à du retournement, à du tri robotisé, à de la transitique des éléments par AGV (chariots automatiques), à de la préparation d’assemblages et à de la remise des produits finis de façon entièrement robotisée.

Cette prouesse technologique associant 80 sociétés participantes a mis l’accent sur l’inter connectivité, les automatismes la cobotique, la réalité augmentée, la maintenance prédictive, la digitalisation de la production et la customisation.

Sur les autres stands, les grands constructeurs de machines tels DMG/MORI ou Index/Traub ont été présents avec notamment, pour ce dernier le nouveau centre de tournage-fraisage Iindex G420 capable d’assurer l’usinage complet des pièces complexes, pour tous les secteurs des fabrications mécaniques. Son principal atout réside en une broche de fraisage disponible en HSK-T63 ou Capto C6 associé avec deux tourelles soit trois unités d’usinage. Unique sur le marché, les tourelles (7,5 kW, 35 Nm, 5400 tr/min) de cette unité sont dotées de 12 postes d’outils VDI40, soit une capacité de 139 outils.

Les ténors japonais du secteur étaient bien présents avec Okuma qui alignait durant le salon le Genos M460V-5AX, un centre d'usinage cinq axes polyvalent capable d’intervenir sur des pièces de 600 mm de diamètre pour 400 mm de hauteur. Extrêmement rigide, cette unité de 8300 kg est équipée d’une broche de 22 kW ayant un couple de 199 Nm pour une vitesse de rotation maximum de 15'000 tr/mn et d’un magasin de 48 outils. La machine inventée pour les usinages de précision est fournie avec une sonde Renishaw RMP60 et un système de compensation des erreurs géométriques garantissant des positionnements de 2µm sur les trois axes X, Y et Z.

Mazak aussi alignait deux centres de tournage en démonstration équipés d’un chargement robotisé « plug and play ». Un centre d’usinage vertical VTC-760C était aussi couplé avec un système robotisé Mill Assist de Robojob, pour charger et décharger les pièces en « live ».

En usinage cinq axes, la firme affichait une solution d’automatisation innovante avec l’unité multitâches Variaxis i-500 associé à un robot de palettisation Easybox T30-42 capable de gérer jusqu’à 42 palettes.

Pour la première fois en France, le, centre d'usinage horizontal cinq axes HCR-5000 dédié à l’UGV (Usinage à Grande Vitesse) était en action.

En avant-première, pour la tôlerie, les visiteurs ont découvert également l’automatisation des unités de découpe laser. Développé et produit en France, le système LUS-7, gère en totale autonomie le chargement, le déchargement et le stockage d’un centre de découpe laser Optiplex 3015 Fiber III de 8,0kW.

Le concept d’« Usine iSMART » du constructeur nippon, basé sur la technologie de l’« IoT », a été mis en œuvre avec plusieurs unités connectées au système de surveillance et d’analyse de données machines fournies par la technologie SMOOTH.

Simulation et optimisation

La tôlerie, c’est naturellement Tolexpo, troisième salon associé à Global Industrie. Dédié au travail des métaux sous forme de feuilles, de bobines, de tubes et de profilés il regroupait 200 exposants avec Amada et Trumpf en tant que leaders du secteur. Les visiteurs ont découvert les dernières poinçonneuses, presses-plieuse, cintreuses, machines de découpes, de gravure et de rechargement laser, de découpe jet d’eau ainsi que de multiples unités de soudage avec leurs périphériques sans oublier de multiples progiciels dédiés au secteur tel que ceux développés par Radan pour une majorité de travaux réalisés en tôlerie.

Enfin, Smart Industries, vitrine de l’Industrie du futur a réunit les acteurs de l’industrie connectée, collaborative et efficiente. Les visiteurs ont pu discerner différents dispositifs couvrant l’ensemble de la chaîne numérique, depuis la conception jusqu’au contrôle final.

Quel que soit leur visée, quel que soit leur degré de maturité en termes de transformation à l’ère du digital, le Centre Technique des Industries Mécaniques (Cetim) est un partenaire qui accompagne les entreprises. Cette ouverture est multiple depuis la mise en œuvre d’un projet de modernisation, d’un outil de production à la réflexion globale sur l’avenir d’une firme et son positionnement, en passant par l’intégration des briques technologiques du futur.

Dernièrement, le Cetim est intervenu pour diviser par deux les coûts de production et augmenter les cadences des tuyères de boosters d’Ariane 6. Ce défi relevé par ArianeGroup sur son site du Haillan (Gironde) a été atteint. Une première étape a permis de choisir le fournisseur de deux tours verticaux capables d’usiner des éléments composites de très grandes dimensions. Seconde phase du projet, le suivi des machines jusqu’à leur réception puis la création 3D de machines virtuelles pour chacun des deux tours afin de vérifier par simulation l’absence de collisions entre pièces, outillages et outils coupants avant usinage. Ces unités seront opérationnelles en octobre prochain.

Sécurité des conceptions

Concernant la conception mécanique, le Cetim était aussi présent avec Ecodesign Studio qui intègre l’éco conception et le « Design to Cost » dans le développement des produits.

Pour les composites, QSD (pour Quilted Stratum Design) ouvre maintenant la porte à l’optimisation des composants en tenant compte du mode de fabrication. Ce module intégré à la plateforme Hyperworks d’Altair sert à identifier simplement et rapidement le niveau de performance optimal du composite pour un choix du couple matériaux et procédé de fabrication associé.

Par ailleurs, la simulation s’impose comme outil clé d’optimisation. Des jumeaux numériques, capables de reproduire virtuellement le fonctionnement d’un équipement pour valider les choix, anticiper les changements, contrôler le fonctionnement à long terme ou prévenir les pannes deviennent nécessaires.

Dans ce domaine, le Centre technique préconise les solutions de la plateforme Simcenter de Siemens Industry Software, en complément d’autres développées en interne telles les logiciels Castor ou Cobra.

Avec ces derniers outils numériques, les industriels sont aptes à réaliser plusieurs types de simulations : 2D, 3D, fluidiques et multi physiques.

La Plateforme d’Innovation Digitale Simcenter 3D, accroit la fiabilité de l’ingénierie générative en simulant maintenant la fabrication additive métallique ou de polymères. Elle réduit de 80 % la durée de modélisation des transmissions mécaniques et accélère les analyses de marges de sécurité des structures composites. Ce programme étend aussi son champ d’application à la simulation de la flexion des faisceaux de câbles et à l’analyse acoustique.

Comme ce programme couvre l’environnement pluridisciplinaire intégré en augmentant son champ d’application, les ingénieurs sont aptes à prédire les performances d’un produit au moindre coût pour des domaines tels que les transmissions mécaniques, l’analyse de la marge de sécurité des ensembles et l’interaction entre fluides et structures. Cette démarche rationalise jusqu’à 30 % l’ensemble du processus d’analyse structurelle et de calcul de la marge de sécurité.

De façon générale, la France dispose d’un fort potentiel en recherche appliquée et cette dernière n’a de sens que relayée par des industriels qui vont exploiter de concert avec les chercheurs les dernières technologies issues des laboratoires. Pour cette raison, le village recherche sur Global Industrie réunit des laboratoires d’origines différentes partageant la volonté de créer des partenariats productifs avec des entreprises soucieuses de développer des produits issus des recherches réalisées.

États généraux de la robotique

Côté application d’informatique industrielle, tracer toutes les pièces qui composent un ensemble complexe, de leur fabrication à leur livraison, voire durant leur cycle de vie, stocker ces informations et documents de suivi dans un passeport numérique partagé entre les acteurs de la supply chain, c’est le projet de l’équipementier et logisticien Daher grâce à la blockchain. Cette méthodologie permet de stocker des données partagées de manière fiable et transparente, sans organe de contrôle.

La firme a commencée à s’y intéresser dès 2016 puis a lancé cinq projets en ce sens pour récolter des données sur la production, la logistique et la maintenance. Le but est de construire un passeport numérique pour chaque ensemble et chaque sous ensemble ou équipement.

Le visiteur aura remarqué la présence renforcée et l’offre élargie en robotique industrielle dans toute sa diversité. Smart Industries a regroupé une kyrielle d’applications robotisées y compris robotique de service. La place de la robotique tient un rôle prépondérant dans le développement de l’industrie du futur et plus de 100 exposants, constructeurs de robots industriels, intégrateurs, startup et fournisseurs de composants y ont présenté des outils qui rendent l’usine plus flexible, qui participent à l’augmentation de la productivité tout en libérant les opérateurs des tâches pénibles afin qu’ils se concentrent sur d’autres et apportent plus de valeur ajoutée.

Par exemple, Universal Robots, fabricant danois de robots légers et pionnier de la robotique collaborative, a présenté l’Application Builder, où huit cobots (robots travaillant de concert avec des opérateurs) de la nouvelle gamme e-Series (modèles UR3, UR5 et UR10) ont mis en scène différentes applications, s’appuyant sur les solutions des partenaires de l’écosystème avec système de vision et pinces spéciales.

Au même titre que la fabrication additive, l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle ou encore les objets connectés, la robotique occupe maintenant une place incontournable dans l’industrie du futur. Associée à l’intelligence artificielle et aux dispositifs de vision, les robots offrent un potentiel d’innovation important et des perspectives nouvelles dans beaucoup de domaines. Le développement de ces nouveaux marchés et leur accès constitue un enjeu pour bon nombre des acteurs de la filière française essentiellement constituée de PME et PMI.

L’analyse des besoins actuels et futurs en la matière, la promotion et le développement de l’offre technologique et des services, la mise en place d’actions d’intérêt général et de collaborations entre les acteurs ont constitué les principaux objectifs des États Généraux de la Robotique organisés chaque année par la Direction Générale des Entreprises du Ministère de l’Economie et des Finances. Cette année, Global Industrie a donc accueillis la cinquième édition des États généraux de la robotique qui s’est déroulée le 7 mars. MSM

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