Manufacture 4.0, l'avenir est en marche

L’âge de l'économie digitale

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Les consom'acteurs : un premier axe de mutation de l’écosystème

Dans la nouvelle chaîne de la valeur qui va de la production à la consommation, le client avait déjà fait une entrée remarquée en devenant consom’acteur !

IKEA l'avait inséré dans la chaîne de la valeur en lui donnant la tâche de déménageur et de monteur d’ameublement et d’équipement domestique. En effet, en achetant un meuble IKEA, le client se voit délégué non seulement le transport du meuble du magasin au domicile (la partie la plus coûteuse de tout transport : le dernier kilomètre) mais également le montage du meuble en suivant les instructions d'assemblage. IKEA augmente ainsi sa productivité en captant le travail gratuit du client et accroît au passage ses marges.

Tout le Do-It-Yourself fonctionne globalement sur ce principe de la mise en action du client dans la chaîne de la valeur et de la captation de la contre-valeur d’un travail gratuit.

D’autres formes différenciées du Do-It-Yourself se sont également développées, telles le tuning pour les voitures par exemple ou les activités nombreuses des makers, bricoleurs talentueux en matière d'électronique et d’informatique, qui ont été, entre autres, les pionniers des drones et des imprimantes 3D.

Mais aujourd’hui, on est un cran plus loin: par son activité, par sa participation, sa co-créativité, son co-financement, la mise à disposition de ses avoirs (logement, voiture, temps disponible, etc.), le consommateur change de statut. Il devient un agent économique d’un nouveau genre.

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Les modèles économique basés sur le partage

Airbnb, BlaBlaCar illustrent cette seconde vague d’actions participatives. Nouveau changement majeur: on a ici affaire à la valorisation de biens de particuliers. La maison, le chalet, l'appartement, la voiture, des outils spécifiques (de la tondeuse à la chignole) peuvent être désormais loués facilement sur des plateformes Internet, de particulier à particulier. C'est donc bien une nouvelle forme économique qui émerge puisque des biens jusqu'ici considérés à usage purement personnel, acquièrent le statut d’actifs économiques qui rapportent des revenus ! Le consom'acteur agit ainsi, d’une certaine manière, en entrepreneur.

De nouvelles activités rétribuées, mais hors économie traditionnelle, apparaissent sur les plateformes Internet. Voici venu le temps du travail complémentaire voire partagé. Faire la cuisine et recevoir chez soi, contre paiement, des personnes qui ont réservé leur place via Internet; jouer au concierge d'achat pour des clients pressés ; apporter des services de maquillage à domicile; se donner, entre pairs, des cours de conduite; faire du co-voiturage défrayé voire payé, etc. Voici de nouveaux «petits» métiers qui se révèlent par milliers en complément de ceux plus traditionnels de garde d'enfants, de leçons privées à domicile, de ménage, etc. Ne peut-on pas imaginer les formes et les conséquences de ces nouveaux comportements pour tous nos secteurs d’activité ? Menaces ? Opportunités ?

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