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Automatisation: Les robots ne remplaceront jamais l'homme! La place industrielle suisse et la question des travailleurs qualifiés

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

>> Dans la dernière édition du supplément «SwissRobotics», nous avions évoqué et expliqué comment la créativité et l’utilisation de robots peuvent garantir à la fois les emplois et la qualité. Mais comment trouver les collaborateurs qualifiés, tout aussi importants, qui sont l'épine dorsale de la Suisse en tant que place industrielle ?

Entreprises liées

Fanuc Robotics Suisse soutient des projets dans les écoles supérieures parce que la formation de base et la formation continue représentent un capital important pour l’avenir de la Suisse en tant que lieu d’implantation des industries de haute technologie. Illustration : dans le cadre de son travail de fin d’études, Chuah Siew Keng, originaire de Malaisie, a réalisé à la haute école technique de Berne une cellule mobile de chargement et de déchargement sur la base d’un robot industriel de Fanuc Robotics.
Fanuc Robotics Suisse soutient des projets dans les écoles supérieures parce que la formation de base et la formation continue représentent un capital important pour l’avenir de la Suisse en tant que lieu d’implantation des industries de haute technologie. Illustration : dans le cadre de son travail de fin d’études, Chuah Siew Keng, originaire de Malaisie, a réalisé à la haute école technique de Berne une cellule mobile de chargement et de déchargement sur la base d’un robot industriel de Fanuc Robotics.
(Image: Fanuc)

Une nouvelle réussite pour le système suisse de formation professionnelle : l’année dernière, lors de la «Worldskills Competition» de Londres, la Suisse a remporté 6 médailles d'or, 5 médailles d’argent, 6 médailles de bronze, 12 diplômes et 6 certificats pour finir en 3ème position du classement général derrière la Corée et le Japon. La Suisse défend ainsi sa position de pointe, après être arrivée en deuxième position du classement des nations deux ans auparavant lors du championnat du monde de la formation professionnelle au Canada. Elle arrive en tête des pays européens, et il serait réjouissant que la Suisse garde cette position à l’avenir également. En effet, les travailleurs qualifiés sont une garantie de réussite de la Suisse en tant que terre d’industrie.

L'employé modèle fait défaut

L’économie suisse se trouve pourtant confrontée depuis plusieurs années à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, y compris dans le domaine technique. C'est pourquoi les entreprises développent leurs propres solutions pour conserver ou promouvoir les travailleurs qualifiés. La société B&R en est un exemple impressionnant. Ses nouvelles recrues peuvent participer pendant quatre mois à un «Engineering Camp». Ce «camp» comporte un programme de formation pour les diplômés des filières techniques, «pour une intégration parfaitement réussie dans l’entreprise». Une expérience effectivement «parfaite» pour Samuel Berweger. Samuel travail depuis 2012 pour B&R à Frauenfeld (Assistance applicative et formation des clients) et a passé sa première journée de travail à Eggelsberg, en Haute-Autriche, au siège de B&R. «Une expérience fascinante», explique-t-il. Venant d’un autre secteur, avec un diplôme en mécatronique, il n'avait jusqu'alors que peu d'expérience en automatisation industrielle. «Au camp, loin du travail quotidien, j’ai pu me concentrer sur les technologies de commande et de propulsion et sur les produits B&R.» Il a également pu consacrer plusieurs semaines bien utiles à la réalisation de tâches de gestion de projets et à l'acquisition de compétences «douces». Il convient de souligner un avantage important d’un camp de ce type : tout comme Samuel Berweger, son collègue Mario Krucker affirme que ce camp n’a pas seulement renforcé ses connaissances techniques, mais aussi son attachement émotionnel à l’entreprise. «Nous étions onze jeunes recrues en provenance de Corée, d’Inde, d’Italie, de Finlande, d’Autriche, d’Allemagne et, dans mon cas, de Suisse», explique Krucker, recruté par B&R en 2011 à l’issue de ses études à l’ETH. «Ce temps passé ensemble renforce les liens entre les personnes, et on comprend d'emblée que l'entreprise accorde de l'importance à l'évolution de ses collaborateurs.»

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Pour les «Young Professionals»

La société Kuka a elle aussi élaboré différents programmes qui lui permettent de trouver rapidement des collaborateurs de qualité, d’orienter systématiquement les jeunes recrues dans leur mission, de développer des cadres en interne et de garantir la relève au sein de l’entreprise en tenant compte de tous les intérêts. C’est dans ce contexte qu'elle a élaboré le programme international de formation pour «Young Professionals». Pendant l’été 2008, dans le cadre du modèle d’entreprise intégré de KUKA, le premier programme commun de formation des jeunes recrues pour les secteurs «robotique» et «systèmes» a vu le jour. Six ingénieurs et un économiste d’entreprise ont visité pendant 15 mois différents départements en Suisse et ont également séjourné pendant trois mois dans des filiales de Kuka à l'étranger. Ce programme de formation prévoit également un séjour d’échange de deux mois dans la société-sœur concernée. À chaque phase de leur formation, les jeunes recrues peuvent se tourner vers un point de contact personnel qui a contribué au développement du programme et le guide. Avec le soutien d’un «parrain» possédant une grande connaissance de l'entreprise et de leur futur domaine de travail, les jeunes recrues se préparent à leur future carrière dans le cadre d'un plan de développement individuel. Ces activités servent également à renforcer le réseau de ces jeunes professionnels.

Pour les écoles supérieures

Pour susciter un attachement (émotionnel) à l’entreprise ou pour développer une base de main-d’œuvre spécialisée et promouvoir ainsi de façon générale les qualités de la Suisse en tant que lieu d'implantation, il ne faut pas nécessairement posséder sa propre «académie» ni des sites de recherches attrayants et réputés dans le monde entiers et qui peuvent également servir au recrutement de futurs cadres. De nombreuses sociétés travaillent en étroite collaboration avec les écoles supérieures, ce qui permet également de développer des solutions au niveau des écoles. C’est le cas par exemple d’une cellule mobile de manutention sur la base d’un robot industriel développée à l'école supérieure technique de Berne dans le cadre d'un travail de fin d'études. Ce projet a bénéficié du soutien de Fanuc Robotics Suisse, qui considère les projets réalisés dans les hautes écoles comme un «capital important pour l’avenir de la Suisse en tant que site d'implantation des industries de haute technologie».

Promotion de la relève

Enfin, il faut créer une base en assurant la relève. L’association SwissT.net est fortement engagée dans ce domaine et soutien la fondation «New Generations». Avec le projet «Darwin 21», cette initiative a déjà donné naissance à la 3ème génération d’équipes de collaboration entre les entreprises et les écoles.

Ces équipes font preuve d'imagination et d'esprit créatif pour intéresser les jeunes à la technique. Une bonne façon de conserver les travailleurs qualifiés et de développer de nouveaux champions du monde pour la Suisse, terre d’industrie. <<

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