Entretien exclusif - Interview - Jean-Claude Biver

Hublot SA – 25 ans d’avance grâce à la tradition et à l’innovation

| Rédacteur: Susanne Reinshagen

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(Image: Dominique Bersier)

Hublot fait partie des jeunes entreprises horlogères un peu folles de la Suisse. Fondée en 1980 la Manufacture horlogère Hublot est aussi un peu folle parce qu’avec Jean-Claude Biver, elle est devenue l’une des entreprises horlogères les plus innovatrices et non conventionnelles. Dans l'interview, Jean-Claude Biver fait savoir ce que signifie le succès pour lui et pourquoi la manufacture Hublot est si performante.

MSM: Vous êtes reconnu comme étant un entrepreneur très efficace. Comment définirez-vous personnellement le succès?

Jean-Claude Biver: Ce n’est probablement qu’à la fin de sa vie où l’on peut savoir si on était performant. En fait, le vrai succès c’est d’avoir vécu sa vie en amour et de façon éthique. C’est ça, le véritable succès. Cependant, c’est un genre de succès que ne semble guère intéresser notre société actuelle. Aujourd’hui, ce n’est plus que l’exploit à court terme qui compte. Le but de la vie c’est de transmettre quelque chose. Si cela n’est pas possible, alors c’est une vie perdue. En effet, l’humanité n’existe que par la transmission au sens large du terme. Et qu’est-ce que l’on transmet ? Tout d’abord c’est l’amour en tant que conception générale, non seulement par rapport à ses proches mais comme idée globale. Pour moi, c’est aussi l’amour de la nature, le respect et le pardon entre autres. Ce sont des éléments très importants. Il s’agit évidemment aussi de transmettre son savoir et ses expériences. Malheureusement de nos jours, ces notions ne semblent plus avoir la cote. C’est le succès à court terme et le gain immédiat qui régissent l’applaudimètre. C’est assez déprimant pour la jeunesse qui manque ainsi d’exemples à suivre.

En ce qui concerne Hublot, pensez-vous qu’il s’agit d’un succès à court ou à long terme?

J.-C. Biver: D’une part, la performance de Hublot est un succès à court terme. Pourquoi ? Nous nous sommes lancés il y a seulement sept ans et avons réalisé des performances extraordinaires en très peu de temps. Prenez le chiffre d’affaires : de 26 millions CHF au départ, nous l’avons augmenté à presque 400 millions CHF. Le tout sans capitaux étrangers – aucun leasing de machines, pas d’hypothèques sur les bâtiments, pas de crédit et pas de prêts provenant d’actionnaires. Hublot n’a pas un centime de dette. Tous nos créanciers sont payés à 30 jours. De ce point de vue, nous avons eu un succès quasi immédiat. D’autre part, notre succès à long terme se base sur le savoir-faire et les investissements. Nous voulons marquer durablement l’industrie horlogère suisse par notre manière de travailler, notre inventivité et créativité débouchant sur des nouveautés mondiales. Il s’agit donc d’ambitions à long terme ; autrement dit, Hublot se trouve sur un long voyage prometteur.

Comment avez-vous réalisé ce succès?

J.-C. Biver: Nous avons fait extrêmement attention aux coûts. Nous n’avions pas de frais indirects. Je veux dire que nos collaborateurs ont été très fortement sollicités ; chacun a accompli simplement le travail de trois personnes ! Il n’y avait pas d’assistants et un seul responsable pour toute la production. Pour l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse et les pays du Benelux, la vente a été assurée par une seule personne. Au début, les gens étaient sceptiques quant à la réussite de cette entreprise. Mais lorsqu’ils n’ont pas le choix, ils deviennent créatifs et cela fonctionne. En appliquant ce principe dans tous les départements, vous engendrez trois fois moins de coûts que vos concurrents. Au sein de Hublot, ceci a créé une grande dynamique.

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