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MSM : Vos projets sur le long terme sont très ambitieux. Comment pensez-vous que cela soit réalisables à moyen/court terme ?
Samuel Vuadens : Votre question est effectivement pertinente. Les produits et services ne sont pas tous proposés par la société MECATIS, en effet, il ne nous est pas possible d’être expert du jour au lendemain de tous les processus manufacturiers. Les différents savoir-faire sont proposés par des partenaires qui ont fait leurs preuves auprès des manufacturiers. Factory5 tisse le lien entre les savoir-faire différents des industriels qui veulent bâtir ensemble une Smartfactory tout en gardant et en vendant leur particularité. Nous comptons aujourd’hui déjà plus de 20 partenaires différents de la chaîne de valeur industrielle au sein de la même plateforme.
MSM : Une entreprise sans expérience dans ce domaine veut faire le grand saut de la digitalisation et vous mandate pour cette transformation. Par quoi commencez-vous et comment procédez-vous ?
Samuel Vuadens : Nous commençons par étudier son corps de business. Il faut comprendre où se trouve la valeur ajoutée dans la complexité de ses opérations. Ensuite, nous essayons de comprendre sa façon de fonctionner actuelle et déterminons où des gains peuvent être exploités grâce aux technologies digitales. Nous avons créé pour cela une expertise de digitalisation où un économiste et un ingénieur terrain travaillent sur le besoin de l’entreprise.
MSM : De quelles infrastructures (parc de machines-outils, hardware, software et réseau) faut-il disposer pour commencer une digitalisation ?
Samuel Vuadens : Pour commencer une digitalisation, il suffit d’avoir un PC ou un smartphone, disposant d’une connexion Internet et des Apps Fabrication de notre partenaire Odoo. Il faut compter par exemple un budget de 1’700.- Francs/an tout inclus (Hébergement, Helpdesk, évolution du logiciel,…) Les investissements plus importants tels qu'une Smartmachine Micro5 commencent à partir de 2’500.- Francs/mois.
MSM : Est-il plus intéressant de conserver certains de ses outils logiciels bien connus, bien intégrés et maîtrisés par l’entreprise ou vaut-il mieux partir sur des solutions nouvelles plus à même de répondre aux impératifs d’Industrie 4.0 ?
Samuel Vuadens : La transition digitale ne se fait pas du jour au lendemain, il faut implémenter les nouvelles solutions de manière progressive même si la prise en main de ses solutions est souvent plus simple et intuitive que les anciennes solutions.
Néanmoins, il s’agit tout de même de changer nos habitudes. Ces solutions digitales ont bien souvent l’avantage d’être articulées en applications distinctes mais complémentaires, ce qui permet de rejoindre aisément l’industrie 4.0 pas à pas, ou Apps par Apps.
MSM : Pourriez-vous nous donner un exemple concret des opérations administratives et logistiques qui utilisent des outils intégrés au concept de « Smart factory » ?
Samuel Vuadens : Actuellement, le traitement des factures est automatisé via de l’intelligence artificielle. L’Apps de facturation reconnaît automatiquement le fournisseur, les lignes des facturations et sait reconnaître ou apprend le numéro du compte financier et tout cela simplement à partir d’une facture papier scannée ou d'un fichier pdf. Le dernier contrôle reste à faire par l’humain, mais on évite ainsi les fautes de frappe et la création fastidieuse de ces factures dans son système.
Concernant les Smartmachines, nous travaillons actuellement sur un projet d’intégration d’intelligence artificielle avec la HE-ARC, le CSEM, la HEIG-VD et plusieurs industriels. Les recherches ne sont pas suffisamment avancées pour en dire plus aujourd’hui… et laissons le bénéfice de l’exclusivité aux différents chercheurs d’annoncer les résultats.
MSM : Vous êtes un grand utilisateur et défenseur des solutions en mode open source. Quelles sont leurs avantages par rapport aux solutions classiques ?
Samuel Vuadens : L’avantage principal des solutions open source est que son utilisateur a accès au code et n’est pas prisonnier d’un fournisseur. Dans les solutions fermées, c’est bien souvent un créateur qui impose sa vision aux utilisateurs, bien évidemment l’utilisateur offre des feedbacks et certains de ses problèmes sont résolus. Dans des solutions open source c’est l’intelligence collective qui élève la solution vers des nouvelles opportunités, parmi les millions d’utilisateurs quelqu’un a déjà trouvé la solution à votre problème.
MSM : Y a-t-il encore de nouvelle fonctionnalité concernant la Micro5 et si oui lesquels ?
Samuel Vuadens : Nous avons énormément travaillé sur les Feedbacks des 5 premières Micro5 livrées dès mars 2018. Les évolutions sont trop nombreuses pour être détaillées ici, mais en quelques mots vous avez maintenant la possibilité d’intégrer plus de 65 options différentes (broches, Installation d’arrosage, écran, palpeur, bris d’outils, palettisation, etc.). Nous avons dans notre shop en ligne 100 accessoires et consommables avec leurs variantes cela représente 600 articles différents certifiés pour la Micro5.
MSM : Quelles-sont actuellement les autres modules qui peuvent être associés à la Micro5 pour créer une véritable « Smart factory » ?
Samuel Vuadens : Nous avons 4 modules actuellement sur notre plateforme.
La Micro5 5 axes et 4 axes qui sont aujourd’hui industrialisées. Notre carnet de commande et bien remplis et nous les livrons actuellement à un rythme d’une machine tous les 14 jours.
La Pilot5, du partenaire ESPI, qui est un banc de réglage pour machines-outils et qui permet de produire vite et centré sans dispersion.
La Stock5, du partenaire Humard, qui permet de stocker différents éléments tel que les pièces, paniers, outils et palettes pour que la production ne soit plus interrompue.
Ces différents modules fonctionnent actuellement en mode Stand Alone indépendant. Nous allons les rassembler d’ici quelques années en fonction des besoins des manufacturiers. Certains manufacturiers décident aussi de faire certains modules eux-mêmes ou avec leur partenaire privilégié.
MSM : Pensez-vous que le marché suisse soit prêt à accueillir l’idée d’une chaîne de production entièrement autonome où une part importante des décisions sera prise par une intelligence artificielle ?
Samuel Vuadens : Je ne vois pas de raison de ne pas accueillir l’intelligence artificielle dans les opérations manufacturières. En effet, la machine prend des décisions en fonction de règles imposées par l’homme. Ces règles sont bien souvent calculées par rapport à des relevés d’informations et n’apparaissent pas par magie comme j’ai pu l’entendre.
Il y a quelques années le marché avait peur des machines qui collectaient les informations. Aujourd’hui cela fait partie du quotidien et la peur a été transférée sur l’analyse de ses données collectées.
Nous sommes simplement en face d’une révolution dans la façon de travailler et le marché suisse a ses cartes à jouer. MSM
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