Dossier Industrie 4.0 : Factory5 Factory5, le futur est déjà en marche

Auteur / Rédacteur: Propos recueilli par Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

Repenser le futur de l'industrie est dans l'ADN de Factory5 avec pour objectif de produire différemment en augmentant son efficience. Factory5 c'est une meilleure productivité, c'est réduire l'emprunte au sol de ses machines ainsi que leur consommation électrique.

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Le magasin d'outils et de pièces de la Micro5. Une des principales nouveautés de la Micro5 V2 est le Feed5 disponible courant 2021 qui permet de charger directement la machine avec un robot.
Le magasin d'outils et de pièces de la Micro5. Une des principales nouveautés de la Micro5 V2 est le Feed5 disponible courant 2021 qui permet de charger directement la machine avec un robot.
(Source : werbefoto robold)

Mais ce concept va beaucoup plus loin car il intègre tous les fondements de l'industrie du futur en y intégrant tous les outils disponibles à l'heure actuelle tout en restant ouvert sur les évolutions à venir. Cette approche globale de la fabrication fait de ­Factory5 une véritable plateforme B2B pour l'industrie manufacturière de la microtechnique.

Tour d'horizon avec Samuel Vuadens, Directeur de Factory5, sur les dernières actualités de son entreprise.

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Depuis l’été dernier Factory5 fait partie du groupe Chiron. Pourquoi avoir pris la décision d’intégrer un groupe international comme celui-ci ?

Samuel Vuadens : Depuis le début du projet Micro5 nous avons cherché un partenaire international pour commercialiser la machine. En effet, j’aime les projets d’envergures qui ont un impact fort et trouve que ce produit mérite d’être connu et disponible à l’international. Ne souhaitant pas passer ma vie à voyager dans le cadre professionnel et étant attaché à ma région, j’ai fondé l’entreprise avec l’idée de rester en Valais. Néanmoins, pour commercialiser ce type de produit, il est impératif d’aller sur le terrain, de rencontrer les partenaires, les clients et de créer un réseau.

Il y a donc des aspects temporels et personnels qui ont motivé mon choix d'intégrer un groupe international et tout cela pour le succès du produit qui bien entendu continue d’être conçu et fabriqué au sein de notre entreprise en Valais.

Être partenaire d’un grand groupe, bien implanté au niveau mondial, nous permet d’assurer le succès du produit. Nous parlons de produits d’investissement, relativement chers, qui ont besoin d’entreprises pérennes pour gagner de nouveaux marchés. Grâce à ce lien avec le groupe Chiron, notre crédibilité est considérablement augmentée et nos clients ne ressentent pas de risques particuliers au moment d’investir.

Parmi les autres actualités de votre entreprise la dernière version de la Micro 5 (V2) est désormais disponible. Quelles sont les principales nouveautés de cette machine par rapport aux versions antérieures ?

Samuel Vuadens : Tout d’abord, la V2 est le résultat de deux versions successives ; la V0 (5 exemplaires) et la V1 (20 exemplaires). La V2 est donc un condensé, un retour de toutes les observations faites auparavant. Les 47 améliorations comprennent notamment :

  • Volume sonore réduit à 49 dB (- 12 db)
  • Carénage & ergonomie
  • Broche 60 000 tr/min couple x2 et < 33 deg
  • Option de broches à 80 000tr/min
    et 28 000 tr/min
  • Base d’axes
  • Activation en pression/vacuum à travers
    le berceau
  • Tirant/poussoir mécanique à travers le berceau
  • Tournage axe C
  • Graissage centralisé
  • Changement d’outil < 5 secondes

Il est important de souligner que cette machine est en perpétuelle évolution. Une fois par année, nous y apportons des nouveautés et des améliorations issues des observations faites sur le terrain. Précisons également que chaque client peut proposer de nouvelles fonctionnalités qui seront ensuite ajoutées à la machine de série.

Nombres d’améliorations de cette version 2 sont issues de retours clients utilisateurs des versions précédentes. Quelles étaient les remarques les plus fréquentes de la part des utilisateurs ?

Samuel Vuadens : Les retours nous ont poussé à améliorer le système de lubrification. Nous avons donc beaucoup travaillé sur le graissage centralisé et sur l’étanchéité de la machine. Nous proposons aujourd’hui une solution adaptée et concluante.

Une autre modification très attendue est la compatibilité de la V2 avec des chargeurs automatiques.

D’une manière générale, nous pouvons dire que les 25 premières machines ont été dédiées au prototypage. Aujourd’hui, les résultats sont au-delà des attentes ; nos clients indiquent des gains notoires en termes de qualité et de temps d'usinage. Le temps d’usinage est par exemple diminué de 20 à 40 % en comparaison de machines de plus grande taille.

Nos clients ont émis le désir d’avoir une installation complètement automatisée. La Feed5 est donc la principale nouveauté de la V2, elle permet de charger directement la machine avec un robot. Cette robotisation va être dévoilée d’ici quelques mois en exclusivité aux membres de Factory5 puis sur ­LinkedIn.

Pourriez-vous décrire pour nos lecteurs qui ne la connaîtrait pas encore la plateforme Factory5 ?

Samuel Vuadens : Factory5 est une véritable plateforme B2B pour l'industriel manufacturier du monde de la microtechnique. Notre objectif est d'offrir à terme tout ce dont il a besoin pour produire de manière efficiente et selon les bonnes pratiques instaurées par la Micro5 (faible consommation d’énergie, peu d’encombrement au sol, machine compacte à la grandeur des pièces à usiner...).

La plateforme permet de trouver en quelques clics tous les accessoires, tous les services nécessaires au bon fonctionnement de la Micro5 et dans le futur, au bon fonctionnement d’un réseau de partenaires. L’objectif final est de pouvoir réaliser d’ici quelques années des « Smartfactories » intégrées à un réseau de partenaires.

L’i.A fait partie intégrante de ce concept. Pourriez-vous nous citer quelques exemples concrets de l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein de Factory5 ?

Samuel Vuadens : En effet, tous les outils connotés « industrie 4.0 » font partie de Factory5. L'objectif est de trouver les outils qui sont industrialisés et fonctionnels :

  • Smartmachine & IoT -> Efficience énergétique
  • Plateforme industrielle - the cloud -> Efficience de la production
  • Modèle économique digital -> Personnalisation de la production
  • Big data et iA -> Maintenance prédictive
  • Jumeau numérique et réalité augmentée -> Bon du premier coup
  • Impression 3D -> Nouveaux métiers
  • Cobots -> Confort
  • Cybersécurité & Blockchain -> Transparence

La plateforme Factory5 veut mettre en avant et utiliser tous les outils digitaux qui sont mûrs et prêts à l'emploi.

Vous avez choisi dès le départ de travailler avec l’éditeur de logiciels Odoo pour votre ERP et les nombreuses applications que vous proposez. Pour quelles raisons avez choisi les solutions proposées par Odoo ?

Samuel Vuadens : Plus qu’une solution ERP, Odoo est une plateforme de production, de processus avec différentes applications. Dès le début, en 2007, j'ai repéré cette petite entreprise qui avait compris qu'il fallait se concentrer sur des outils entièrement web. J’ai beaucoup apprécié l’accent mis sur un outil de pilotage des processus d’une entreprise par l’utilisation d’applications.

Aujourd’hui, on voit que c’est un véritable succès. Cela fait 3-4 ans que la solution a réellement pris son envol. Ils sont passé du statut de précurseurs, pionniers, avec 10 employés, à professionnel, avec 5 millions d’utilisateurs et bientôt 2000 collaborateurs. Nous avons l'avantage de connaître personnellement le fondateur car nous étions un de ses premiers clients.

Nous sommes aussi partenaire intégrateur d'Odoo ; nous l'utilisons au quotidien et nous travaillons ensemble sur des solutions intégrées, comme l’IOT box.

Aujourd’hui c’est une véritable solution pour les industriels que je ne peux que recommander.

Quelles sont les avantages de travailler avec des « Apps » plutôt qu’avec des logiciels et sur quels types de matériels ces applications peuvent-elles tourner ?

Samuel Vuadens : Les Apps sont des logiciels. Il faut travailler aujourd’hui en mode « digitale » avec des logiciels nativement web qui permettent d’être pilotés via des plateformes multiples (notamment browsers et applications smartphones).

Les applications que nous utilisons peuvent tourner sur des plateformes de départ web: android, apple, chrome...

Parmi ces applications, lesquelles sont les plus populaires et pour quelles raisons ?

Samuel Vuadens : L’application la plus populaire pour une entreprise, peut-être la plus utile au début, est la facturation. Ensuite, c’est en fonction de l'entreprise et de son environnement. Ce système a l’avantage d’avoir un « front-end » et un « back-end » intimement liés. Le « front-end », le site web avec son shop, est l’élément prépondérant pour générer des ventes. La solution permet notamment d’avoir un suivi des commandes, des paniers, des stocks…

Mettre en réseau ses machines peut souvent s’avérer complexe et chronophage. Votre IoT Box permet cette mise en réseau de manière rapide et simple. Vous avez personnellement participé à son développement avec la société Odoo. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Samuel Vuadens : L’IOT Box permet de relier tout un ensemble d'objets ; c'est du plug and play, sous la forme d'un Raspberry pi. Toute la maintenance est assurée par l'éditeur.

Aujourd’hui, si c’est long et coûteux, cela veut dire qu’il y a un problème au niveau des ­softwares. Par exemple, il y a 10 ans, il était plus compliqué d’importer les données de son téléphone sur son ordinateur, cela demandait de le relier avec un câble, certaines fois de trouver le ­software adéquat et de faire plusieurs manipulations. Aujourd’hui, tout est synchronisé directement, si on le souhaite !

Nous le constatons au quotidien chez nous. Avant, nous devions faire appel à un professionnel, ou à quelqu’un qui avait des connaissances et des solutions spécifiques. Aujourd’hui, ce besoin a très fortement diminué et c’est la même chose pour l’industrie.

Je pars du principe que « si je n'y arrive pas moi-même, c’est qu'il y a un problème ». J’aime trouver des solutions intuitives et bien pensées.

Les Smartmachines, de par leur mise en réseau et leur capacité d’auto apprentissage, offrent de nombreuses possibilités d’évolution. Quel est leur degré d’autonomie aujourd’hui ?

Samuel Vuadens : Tout à fait. Aujourd’hui, nous sommes au début de cette aventure. Les algorithmes sont en train d'être mis en place sur les machines. Ces algorithmes proviennent de projets, conjointement menés avec la HE-Arc de Neuchâtel. Je précise que nous faisons aussi partie du MicroLean Lab, véritable berceau de la Smartfactory.

Personnellement, je pense qu’il faudra encore attendre un peu pour que tout cela soit parfaitement intégré. Il faut être convaincu de la direction à prendre et savoir vivre avec son temps !

Dans un premier temps nous avions mis la priorité sur les gains énergétiques, l’économie de place et l’usinage UGV. En ce qui concerne l’IA, nous avions décidé d'attendre qu’il y ait une vingtaine de machines sur le marché avant que cela ne devienne une priorité. Cela a quelque peu changé depuis l’intégration de Factory5 au sein du groupe Chiron, l’internationalisation du produit fait que cela est désormais une priorité. Des équipes informatiques plus importantes ont été déployées sur ce projet.

Peuvent-elles réellement apprendre l’une de l’autre sans intervention humaine ?

Samuel Vuadens : Oui ! L’IA va permettre de régler certains paramètres automatiquement, tels que les vitesses de coupe et les vitesses d’avance. Cela sera possible grâce au machine learning.

Isacc Asimov disait : « Les choses changent. Mais si vite... Est-ce que les habitudes des hommes pourront suivre ? ». N’est-ce pas là le plus grand risque de cette évolution à grande vitesse ?

Samuel Vuadens : … et Alain Berset disait aussi vite que possible, aussi lentement que nécessaire !

Plus sérieusement, les technologies du Web, digitales, ont bien facilité l'adaptation aux restrictions dues au COVID. Et d’une manière générale, la capacité d’adaptation est une caractéristique propre à l’être humain, nous ne doutons donc pas de son aptitude à faire face au changement.

Vous aimez à dire qu’Industrie 4.0 c’est déjà le passé. Quels seraient donc l’industrie de demain selon vous ? Quels sont les plus importants défis qui restent à relever ?

Samuel Vuadens : L’industrie 4.0 est le terme marketing d’une chose déjà passée ; on en parlait déjà en 2011. Ce terme a poussé les gens à investir dans la R&D et développer des outils digitaux. Maintenant, ces outils existent et il faut simplement que les PME les utilisent.

Le principal défi c’est à mon avis l'éducation. Si les jeunes sont globalement à l’aise avec la technologie, il faut que la technologie fasse partie intégrante de leurs études. Il faut donc que les professeurs veuillent et puissent les former à l’utilisation de ces outils. C’est également valable pour les personnes qui ont un peu plus de vécu, elles doivent également se former pour être à l’aise dans ce monde numérique. MSM

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