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Dossier Industrie 4.0 : Entretien avec Philippe Gumy, responsable de la communication au sein de la CVCI Etat de l'art en matière de digitalisation des entreprises

Rencontre avec Philippe Gumy et évaluation des procédés engagés par les industries vaudoises en matière de numérisation des données en entreprise.

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Philippe Gumy, responsable de la communication au sein de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie.
Philippe Gumy, responsable de la communication au sein de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie.
(Source : CVCI)

Créée en 1898, la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie est une association purement privée, et donc non subventionnée. Elle tire ses ressources des cotisations de ses membres, de la vente de services et de divers mandats qu'elle assume. Implantée à Lausanne elle est l'interlocutrice et le porte-parole des entreprises vaudoises, la CVCI est membre d'economiesuisse et de l'Union patronale suisse.

MSM : Quelle est l’importance de la mise en place de l’industrie 4.0 ou industrie du futur au sein des entreprises vaudoises ?

Philippe Gumy : Nous avons mené récemment une enquête auprès de nos membres pour savoir précisément où ils en sont dans le processus de numérisation de l'économie. Tous les résultats n'ont pas encore été analysé, mais il ressort qu'environ un tiers des entreprises industrielles membres de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) n'ont encore pas mis en place d'éléments liés à l'industrie 4.0. Les deux tiers restants sont en revanche avancées à des degrés divers dans cette évolution. Un bon quart fait partie des sociétés en pointe dans cette transformation. Notre enquête, réalisée sur mandat par l'institut de sondage M.I.S Trend, est représentative car notre association compte près de 530 sociétés industrielles membres, qui occupent plus de 34'000 collaborateurs, soit 75% des emplois industriels recensés dans le canton de Vaud. Pour l'industrie, les gains d'efficacité que permettent les nouvelles technologies constituent un moyen de lutter contre le franc fort.

MSM : Remarquez-vous des différences importantes selon les secteurs ou entre les vaudois et les autres cantons ?

Philippe Gumy : Notre enquête ne différencie pas les entreprises selon les secteurs mais selon les effectifs, le chiffre d'affaires et l'orientation en termes de marchés (local, national ou international). Sans véritable surprise, il apparaît que plus l'entreprise est grande, plus elle se sent concernée par l'industrie 4.0 et plus elle a mis en œuvre des mesures, qui vont de l'automation aux machines connectées en passant par les applications mobiles. Les sociétés occupant plus de 100 collaborateurs sont plus de 80% à se dire concernées par la digitalisation, contre une bonne moitié seulement pour les PME de moins de 30 employés. Cela correspond aux données issues de quelques enquêtes menées au niveau suisse, mais il n'y a pas d'autres enquêtes cantonales, à notre connaissance.

MSM : De quelle façon la numérisation des données influencera votre quotidien et celui des membre de la CVCI ?

Philippe Gumy : Le traitement des données constitue l'un des prochains défis. Avec l'Internet des objets, les machines toujours plus souvent connectées, les appareils capables de gérer eux-mêmes certaines dysfonctions, la gestion de données devient toujours plus massive. La première conséquence sera sans doute que certaines entreprises industrielles, parfois actives dans des secteurs très traditionnels, devront développer des compétences de « data management ». Le profil type de leur employé va s'élargir. Pour la CVCI elle-même, comme pour toutes les sociétés de service, cette tendance va s'accélérer également

MSM : De quelle manière la CVCI s’occupe de la promotion de l’informatisation connectée, la numérisation des entreprises etc… ?

Philippe Gumy : La CVCI a fait de l'innovation l'une de ses priorités et nous n'avons pas attendu l'émergence de « l'industrie 4.0 » pour investir ce champ d'activité. La Chambre fait ainsi partie des membres fondateurs de la Fondation pour l'innovation et la technologie (FIT), qui a fêté ses 20 ans en 2015. La FIT a permis de soutenir plus de 100 start-ups, contribuant ainsi à la création de 900 emplois en Suisse et 1000 à l'étranger. Nous observons très attentivement les développements de l'industrie 4.0 et, plus généralement, de la numérisation de l'ensemble de l'économie. L'enquête que nous menons auprès de nos membres nous permettra aussi d'identifier leurs besoins spécifiques. La CVCI est convaincue qu'il ne faut pas adopter une attitude attentiste face à l'évolution technologique et entend sensibiliser les entreprises à cette problématique. Elle va également s'impliquer en faveur d'une évolution de la législation qui soit en phase avec les nouvelles technologies. L'immense majorité de nos lois datent d'avant l'arrivée d'Internet, elles nécessitent donc rapidement une mise à jour.

MSM : Merci pour ces réponses complètes. MSM

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À propos de l'auteur

Ingénieur ETS en microtechnique, journaliste RP Jean-René Gonthier

Ingénieur ETS en microtechnique, journaliste RP Jean-René Gonthier

Rédacteur en chef du magazine MSM Mensuel de lindustrie