Horlogerie: Un calibre aux trois atouts de Jaeger Lecoultre

Equilibre entre perspective célestiel et haute précision

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Figure 1: Montre Duomètre Spherotourbillon Moon comportant trois innovations majeures.
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Figure 1: Montre Duomètre Spherotourbillon Moon comportant trois innovations majeures. (Image: Manufacture Jaeger-LeCoultre)

>> Nitin k. Shankar rédacteur indépendant nous fait partager sa passion du monde horloger, avec la découverte d’une montre très innovante issue de la Manufacture Jaeger Le Coultre, il s’agit de la « Duomètre Spherotourbillon Moon ».

La montre Jaeger-LeCoultre Duomètre Spherotourbillon Moon (Figure 1) illustre parfaitement les capacités innovantes de l’industrie horlogère suisse avec la création d'une valeur ajoutée pour les modèles haut de gamme. Cette montre est unique grâce aux trois innovations, qui sont indiqués dans son nom : le concept Duomètre, le Spherotourbillon et une phase de lune de haute fiabilité.

Le Spherotourbillon Moon fait partie de la famille Duomètre, basé sur le concept Dual-Wings® de Jaeger-LeCoultre.

Le système Dual-Wing® assure à la montre un fonctionnement d’une très grande précision. Soit deux mécanismes distincts et autonomes réunis dans un même boîtier, l’un dédié à la précision et l’autre aux fonctions, toutes deux étant reliés à un seul organe réglant.

Ajouter une complication comme une phase de lune peut toucher la précision d’un garde-temps traditionnel. Chaque complication ajoutée affecte le garde-temps à cause de forces supplémentaires exigées pour activer les leviers et roues dentées. En effet, l’activation d’une complication peut apporter une perte de précision temporaire.

Afin d'assurer qu’une complication n’affecte pas la précision, le calibre Jaeger-LeCoultre 389 de la ligne Duomètre est doté de deux rouages et deux barillets autonomes. L'un commande les heures, minutes et secondes, tandis que l'autre active les fonctions. Nombre de complications sont toutefois liées à la fonction garde-temps, comme par exemple, le réglage d'une phase lunaire qui s'effectue en jours et en mois. C'est pourquoi, un organe réglant commun contrôle les deux rouages.

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Tourbillon unique

Dans le calibre 389, l'organe réglant est constitué d'un tourbillon bi-axial d'un type particulier: le Spherotourbillon. Si créer un tourbillon n'est pas une mince affaire en soi, même pour une manufacture expérimentée, concevoir un tourillon dont le fonctionnement se laisse contempler relève d'un véritable exploit (Figure 2).

Le cadran blanc argenté présente une ouverture laissant apparaître le tourbillon entouré d'un escalier en maillechort non traité et à la finition satinée. Juste au-dessous de l'affichage des heures, décentré, les mouvements tridimensionnels du tourbillon sphérique ne peuvent échapper au regard. Une seconde ouverture pratiquée sur le côté du boîtier offre un autre angle de vision (Figure 3), révélant un fascinant spectacle mécanique,

Utile et beau

Un tourbillon sphérique ne saurait se résumer à un spectacle visuel. Il confère aux montres bracelets les mêmes avantages que le tourbillon classique conçu par Breguet pour les montres de poche. Celui-ci a été imaginé pour compenser le déséquilibre du balancier et de l'échappement en lui imposant une rotation égale à un tour par minute dans un axe donné. Le mouvement de la montre a ainsi été affranchi des effets de la gravité sur l'organe régulateur.

Pour une montre de poche souvent placée verticalement dans un gousset, l'efficacité du tourbillon Breguet est manifeste. En revanche, l'utilité d'un tourbillon traditionnel est nettement moins évidente pour une montre-bracelet portée, le plus souvent, en position horizontale.

En concevant un tourbillon multiaxes, Jaeger-LeCoultre a amélioré le modèle Breguet. La solution se concrétisait en un tourbillon avec deux cages inclinées à un angle, l'une par rapport à l'autre. Donc, l'échappement est tourné à travers les deux plans horizontaux et verticaux, permettant au mouvement de compenser les effets de la gravité et cela dans toutes les positions (Figures 3 et 4).

En plus d'une révolution autour de l’axe de sa cage en titane, le Sphérotourbillon tourne autour d’un deuxième axe incliné, lui, de 20°. La combinaison de ces deux rotations rapides (respectivement 30 et 15 secondes par révolution) et distinctes l'une de l'autre assure une meilleure protection contre les effets de la force gravitationnelle comparativement à un tourbillon classique. Elle permet également de maintenir une oscillation constante du balancier, quelle que soit l'orientation de la montre.

Et de trois avancées majeures

Avec sa troisième innovation - l'indicateur de la phase lunaire - Jaeger-Lecoultre fait œuvre de pionnier. Dès 1890, ses horlogers intégraient l’affichage des phases de la lune dans ses montres de poche les plus sophistiquées. En 1895, l'une de ses grandes complications offrait un calendrier perpétuel indiquant le jour et le mois ainsi que l'année bissextile et la phase lunaire.

Cette nouvelle génération d’une complication phase de lune de Jaeger-LeCoultre (Figure 6) marque une réelle avancée technologique. Toute montre classique affichant les phases lunaires présente un jour de décalage tous les deux ans et demi lorsque portée régulièrement. La Duomètre Sphérotourbillon Moon est, elle, d’une autre galaxie. Réalisé en lapis lazuli, une pierre semi-précieuse d’un bleu profond, son affichage ne cède rien de sa précision durant 3’887 ans ! Cette montre, véritable joyau de la Haute Horlogerie, est un héritage conçu pour durer des générations.

Ancienne maîtrise du métier et nouvelle technologie

Fidèle à la tradition du «Swiss Made» de l'industrie horlogère, la Manufacture fabrique entièrement tous les composants dans ses propres ateliers. Les matières premières et autres pièces détachées proviennent exclusivement de fournisseurs implantés en Helvétie.

De plus, Jaeger-LeCoultre a recourt aux logiciels d'application CAD/CAM/CAE les plus récents pour la réalisation de ses prototypes.

Pour la fabrication des cages de son tourbillon, en aluminium, elle utilise des technologies de pointe. Le poids de la cage extérieure, usinée sur une machine à commande numérique, n'excède pas 0,035 grammes, soit l'équivalent d'un grain de riz ! La solide pièce en aluminium est transformée, en quelques minutes, en un squelette d’une cage.

L'ensemble complet, inclus le balancier et le ressort sphéroïdal bleui, ne pèse pas plus de 0,43 grammes. Le porte-piton est quant à lui protégé des effets des chocs et vibrations que subit la montre par un système de blocage à vis.

Le Spherotourbillon se caractérise par son spiral cylindrique à courbes terminales.

Inventé par John Arnold, horloger britannique, il fut breveté en 1782. Bien que ses caractéristiques soient unanimement reconnues comme supérieures à celles d'un spiral plat, son utilisation fut limitée aux chronomètres en usage dans la marine. Outre que ce type de spiral est difficile à réaliser, sa miniaturisation s'avère, elle aussi, complexe.

Dans ce contexte, la réalisation d'un spiral cylindrique signé Jaeger-LeCoultre est un exploit technique. Cet organe comporte deux courbes terminales pour un meilleur isochronisme – condition dans laquelle les oscillations du balancier-spiral atteignent leur niveau de perfection, indépendamment de l'amplitude. Trois jours de travail sont nécessaires aux horlogers confirmés pour réaliser ces courbes terminales. Grâce à une oscillation plus concentrique, la précision s'en trouve améliorée sur une plus longue durée.

Dans sa phase de finalisation, ce délicat spiral cylindrique est soumis à un traitement thermique destiné à le bleuir comme le sont les aiguilles des heures et minutes ainsi que l'indicateur de réserve de marche. Par sa capacité à concevoir, développer et fabriquer des complications alliant la technologie moderne et l'artisanat traditionnel, Jaeger-LeCoultre peut se prévaloir d'appartenir à ces marques de luxe qui se disent légitimement « manufactures ».

Cadran éblouissant

Hormis l'indicateur de la phase lunaire, le calibre 389 intègre d'autres complications telles que l'affichage de l'heure de référence sur 24 heures, l'aiguille de la réserve de marche des deux barillets ainsi que la petite seconde avec retour en vol.

Disposées de façon harmonieuse et esthétique, toutes ces fonctions sont distinctement lisibles sur le cadran (Figure 7).

L’indicateur de l’heure de référence sur 24 heures occupe la position à 12 h avec, à sa droite, l'aiguille de la réserve de marche du garde-temps. La seconde réserve de marche dédiée à d'autres complications apparaît au niveau inférieur du cadran, à 5 h.

La petite seconde située à 6 h travaille selon le principe de retour en vol (Flyback). Grâce à son ingénieux mécanisme Dual-Wing®, le poussoir placé à 2 h permet à la petite seconde de se positionner à zéro et de reprendre immédiatement sa course, le balancier ne s’arrêtant pas. On ne perd pas de temps entre l’arrêt et la reprise du va et vient de l’organe réglant. La montre reste précise, même lors du réglage de l’heure à la seconde près.

Le fond du boîtier permet d'observer les deux barillets, la platine superbement ouvrée et les ponts en maillechort dont les surfaces ont été décorées à la main après brossage. Ces ornementations contrastent avec les mécanismes réalisés en acier et les rouages traités à l'or jaune.

La Duomètre Spherotourbillon Moon de Jager-LeCoultre sera produite en quantité limitée, soit 75 pièces. Son cadran contient une plaque avec le numéro de série.

Qu’il s’agisse des effets de la gravité terrestre, du décalage de la phase lunaire ou de l’impact, après activation d'une complication, sur la précision de la montre, les équipes R+D de Jaeger-LeCoultre ont su relever ces défis majeurs. <<

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