4 jours de salon, 800 entreprises exposantes dont 114 nouvelles : l'EPHJ a refermé les portes de sa 23e édition avec une fréquentation dans la continuité des chiffres records de 2024 avec plus de 20 000 visiteurs, et de nombreuses innovations, dont le tatouage quantique d'authentification invisible de Quantum Brand Protection, lauréat du Prix des exposants. Dr. Nasser Hefiana a répondu à nos questions.
Montre de démonstration intégrant la technologie de marquage invisible de Quantum Brand Protection, vue sous lumière UV.
(Source : Marina Hofstetter)
À quel besoin répond votre innovation ?
Nous avons cherché à lier de manière sécurisée le produit physique qu'est la montre aux informations la concernant, afin d'offrir aux marques horlogères un outil de lutte contre les contrefaçons.
Notre innovation est d'avoir réussi à créer ce lien entre les informations digitalisées et la montre sans aucun autre élément intermédiaire, comme une carte de garantie avec code QR pour consulter une base de données client par exemple. Car même si l'information digitale est sécurisée sur des serveurs par des technologies de type blockchain, un code QR imprimé sur une carte est une faiblesse dans la chaîne de sécurité et peut être le point d'entrée de fraude. Le fait que la montre soit elle-même porteuse de son accès aux données et que ces données soient stockées et accessibles de manière sécurisée permet de s'affranchir de ce problème.
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Notre technologie est donc un savant mélange de différents domaines de compétences : photonique quantique, matériaux, électronique, optique, industrialisation, etc. La contrainte principale était de développer une solution la plus simple d'utilisation possible, mais également suffisamment complexe pour ne pas pouvoir être reproduite.
Quelles ont été les étapes de développement de ce projet ?
Les réflexions sur ce projet ont commencé en 2014. Intéressé par le monde de l'horlogerie, je me suis demandé comment les marques pouvaient protéger leurs clientèle et leur réputation face au fléau des contrefaçons, menace grandissant avec l'amélioration de la qualité de reproduction.
Grâce au programme Innosuisse, nous avons pu financer une première phase de faisabilité de 18 mois au laboratoire de photonique quantique de l'EPFL. Nous avons pu ainsi démontrer la faisabilité de notre idée et développer une première ébauche industrielle. Nous avons alors présenté ce prototype à quelques marques afin de collecter les avis de nos clients potentiels, ce qui nous a permis de comprendre que notre démarche était bonne mais pas assez complète. Il manquait par exemple la possibilité de lire l'information de manière simple, rapide et avec plusieurs outils.
Nous nous sommes donc interrogés sur la manière de rendre la lecture de l'information sécurisée accessible à tout le monde, ce qui sous-entend l'utilisation d'outils de lecture standards et aisément disponibles. Nous avons alors pensé au smartphone, faisant désormais partie des plus communs des objets. Après plusieurs années de développement, nous avons déposé un brevet qui couvre à l'heure actuelle 25 pays, soit à peu près 85 % du marché horloger du luxe. Le dépôt de brevet nous protège en tant que développeur de la technologie, mais rassure aussi nos clients. À l'été 2017, nous présentions notre première montre prototype, intégrant notre technologie et fonctionnant avec un outil de lecture commercial, une caméra de standard inférieur à celle des smartphone. En 2018 malheureusement, nous avons fait face à la crise horlogère, suivie du COVID-19. Bien que nous n'ayons pas arrêté notre projet pendant ces années, nous n'avons pas pu commercialiser le produit comme souhaité. Nous avons donc plus ou moins hiberné d'un point de vue commercial mais cela nous a donné l'occasion de pousser le développement technologique et de tester l'industrialisation de notre procédé. La confrontation au contraintes techniques et aux contraintes financières de l'industrialisation nous a permis d'aboutir à un procédé fiable pour des volumes importants et dans des prix tout à fait abordables pour les marques de luxe.
En 2023, nous avons été invités par la Fondation Haute Horlogerie pour présenter notre technologie au salon Watch and Wonder à Genève. Ce salon était pour nous le véritable test de notre technologie, car nos potentiels clients étaient là. À notre bonne surprise, notre technologie a reçu intérêt et engouement. Et aujourd'hui, nous sommes particulièrement fiers de recevoir ce Prix des exposants EPHJ. Ce prix est pour nous une véritable reconnaissance de l'industrie.
Pouvez-vous nous décrire votre produit plus en détails ?
Nous intégrons les informations liées à la montre de manière imperceptible à l'œil nu dans un élément de la montre, ici le verre de montre en saphir. Nous proposons donc une solution totalement intégrée dans le produit fini sans changer son esthétisme.
Notre marquage transparent apparait lorsqu'un certain type de lumière UV l'illumine, mais est totalement invisible à la lumière du jour. L'avantage d'avoir intégré notre technologie dans le saphir est de pouvoir fournir une solution universelle, le verre en saphir étant un composant que l'on retrouve sur toutes les montres.
Du fait que notre technologie est invisible à l'œil nu, nous n'avons pas de contrainte de taille. Le QR code qui apparait sous les conditions nécessaires d'illumination peut donc être de grande taille. Ce qui est assez drôle, c'est la surprise des gens lorsqu'ils voient la taille du QR code sur le verre de montre.
Ce lien automatique entre les caractéristiques « invisible » et « petit » est assez curieux ! En utilisant un smartphone pour scanner ce QR code, on est renvoyé sur une page de connexion sécurisée qui donne accès au passeport de la montre, c'est-à-dire à tout son historique, informations de fabrication mais aussi actions de maintenance ou de réparation. Les données sont éditées par la marque elle-même et non par le propriétaire de la montre. Ainsi, la montre peut être certifiée CPO (Certified Pre-Owned) par la marque comme, gage de valeur indiscutable lors d'une potentielle revente.
Situation au30.10.2020
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Votre technologie pourrait-elle être utilisée pour d'autres applications ?
Nous travaillons sur le développement de notre technologie dans d'autres types de matériaux que le saphir. Par exemple, lors du salon Watch Wonders 2023, certaines marques horlogères nous ont demandé s'il était également possible de marquer les mouvements, donc d'appliquer notre technologie sur du métal. Nous avons ainsi travaillé sur l'adaptabilité de notre procédé pour développer une version compatible métal qui suscite désormais aussi beaucoup d'intérêt. En effet, grâce à cette évolution, notre technologie peut être utilisée dans des domaines très variés comme la bijouterie et la joaillerie si l'on reste dans le domaine du luxe, mais de manière globale, dans toute industrie dans laquelle les composants contiennent des métaux à très haute valeur ajoutée.
Un exemple simple est celui des batteries électriques de véhicules. La réglementation européenne sur les batteries établit des exigences pour les fabricants de ces batteries, notamment en termes de durabilité, de recyclage, et de traçabilité. Ainsi on peut imaginer intégrer aux batteries le même type de passeport digital que celui que nous avons développé pour le marché horloger. Nous avons effectué des tests avec un fabricant de batteries européen et les premiers résultats sont très encourageants.
Nous avons également un client qui représente une maison fabriquant des instruments de musique de très haut de gamme. La maison cherche à sécuriser ces instruments qui sont souvent en prêt. Ce type de demande n'est pas le cœur de métier de Quantum Brand Protection, car nous avons vraiment une vocation industrielle et ce type de projet est un projet de niche, mais l'agilité de notre solution nous permet de travailler également sur de telles demandes.
Nous nous sommes donc focalisés sur un domaine initial qu'est le domaine horloger, mais nous développons désormais des solutions pour d'autres secteurs. La mise en place des nouvelles réglementations notamment en termes de traçabilité nous aide à accélérer l'adoption de notre solution, même si nous sommes bien conscients de ne pas être les seuls sur le marché à proposer des solutions pour répondre à ces problématiques. Mais qui ne tente rien n'a rien ! MSM
Michael Landenbergue, Technico-commercial chez Dihawag
Exposant
Les outils mis en avant dans cette présentation sont des outils en PCD monobloc taillés au laser femto du fabricant Zecha. Ces outils sont disponibles depuis deux ans sur le marché et sont dédiés à l'usinage de métaux dur, du saphir et de la céramique, cas d'application présenté aujourd'hui.
Pour pallier les problématiques en phase d'ébauche, nous avons utilisé une petite meule comportant des goujures, galvanisée puis retaillée au laser. Cette dernière étape permet de s'assurer de la concentricité de l'outil, qui va alors s'user uniformément.
Les fraises de finition, telles que les fraises à surfacer et les fraises en bout, ont quant à elle pour but de répondre aux défis liés à l'utilisation de meules à ce stade de la fabrication. Leur acuité d'arête, adaptée à l'usinage de la céramique, permet de stabiliser et d'optimiser le processus de production tout en garantissant les cotes et la géométrie des pièces. Le temps de cycle est sensiblement le même qu'avec d'autres méthodes, mais les résultats en termes de géométrie sont nettement meilleurs.
Du côté des forets en PCD, les outils dédiés à l'usinage de la céramique ont une géométrie différente de ceux préposés à l'usinage du métal dur. Les forets spécifiques à la céramique permettent une entrée en matière sans création d'éclat ce qui répond à la fois aux exigences de fonctionnalité et d'esthétisme de l'industrie horlogère. De ce côté, c'est sur le temps de cycle que l'on note un gain.
Antony Bondier, Technico-commercial chez Emissa
Exposant
Jusqu'à présent, chez Emissa, nous travaillions sur cahier des charges pour la fabrication de machines spéciales.
Dans l'optique de pouvoir répondre à d'autres besoins clients, nous avons décidé de fabriquer une machine standard qui nous positionne sur un segment encore peu concurrentiel : une machine relativement compacte mais puissante, qui reste sur du HSK 25.
Le PreciMill 5X est donc un centre de fraisage cinq axes, permettant un fraisage à 50 000 tours par minute, mais également du tournage jusqu'à 4200 tours par minute. Nous avons intégré des puces RFID pour l'identification et l'orientation des outils. La broche avec arrosage au centre possède une pompe haute pression réglable par outil et pouvant aller jusqu'à 120 bars.
L'empreinte au sol atteint 2,25 m2, pour une machine où tout est intégré : pompe haute pression, systèmes anti-incendie, etc. Rien ne dépasse. La machine peut être aisément déplacée dans l'atelier à l'aide d'un simple transpalette.
Le magasin d'outils possède une capacité de 100 places. Le changement d'outil s'effectue en 2,7 secondes, et la préparation en temps masqué de l'outil suivant en moins de trois secondes également.
Le volume disponible pour l'usinage est adapté à des pièces d'environ 120 x 120 x 120 mm, répondant donc aux besoin de l'industrie horlogère, mais aussi de la technique médicale et de l'aéronautique.
Pour la première fois, nous avons intégré des axes linéaires en X, Y et Z, et nous atteignons des accélérations jusqu'à 1g.
Le PreciMill 5X est disponible clé en main, et son prix inclut la réception, la livraison en Suisse, la réception et l'installation chez le client ainsi que la formation des utilisateurs. La machine exposée aujourd'hui est la toute première, nous l'avons terminé il y a une semaine. Elle va être testée dans les prochains temps par l'un de nos clients actif dans le haut de gamme horloger, afin de confirmer que nous obtenons sur les pièces la précision d'usinage exceptionnelle que nous attendons. Nous la présenterons de nouveau à l'EMO à Hannovre, où nous mettrons en avant l'usinage d'aubes de turbine.