Interview - Patrick Mérillat, Gühring (Schweiz) AG

Du carbure aux copeaux, Gühring maîtrise son sujet

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MSM : L’efficacité dans la production passe aussi par un contrôle des coûts. Gühring Suisse SA dispose depuis quelques années d’un centre de revêtement et d’affûtage en Suisse. Quelles performances pour un outil retraité et quels gains pour le client ?

Patrick Mérillat : Le fait que Gühring assure que les outils réaffûtés et retraités fonctionnent aux mêmes conditions que les outils neufs a contribué au succès de cette démarche. Les avantages financiers peuvent être très importants sur des outils complexes, ou des outils de grands diamètres, nous faisons volontiers des offres.

Nous comptons régulièrement de nouveaux clients pour le service réaffûtage.

Pour les clients qui ont des systèmes de gestion d’outils, comme par exemple notre armoire « TM326 », la gestion de l’affûtage est intégrée ce qui permets d’avoir une économie encore plus marquée grâce à une gestion des outils globale efficace.

MSM : Gühring Suisse SA a-t-elle adaptée sa production aux spécificités du marché helvétique. Si oui à quel niveau ?

Patrick Mérillat : Oui, Gühring a adapté sa production aux spécificités de notre marché, et est très sensible aux spécificités de la Suisse, partie romande comprise. Notre catalogue sur les micro-forets, en témoigne, comme également le fait d’avoir incorporé les micro-forets dans le nouveau catalogue SL.

Les micro-tarauds et micro-fraises à fileter sont adaptés aux demandes de nos clients.

La gamme de fraises « Ratio RF100 90° » est destinée à nos usinages.

Nos ingénieurs sont régulièrement sollicités pour résoudre des problèmes d’usinage dans des pièces de petites dimensions ou pour résoudre des problèmes d’usinage dans des nouvelles matières.

Gühring est implanté en Suisse à Altdorf où une partie importante des outils sont traités, plus de 60 collaborateurs y travaillent. Le fait d’avoir des collaborateurs et une production à proximité de nos clients renforce encore cette adaptation.

MSM : Un outil de coupe est un tout, géométrie, substrat, revêtement. Lequel de ces éléments dispose du plus grand potentiel d’évolution pour le futur ? Et quels gains lors de l’utilisation, augmentation des passes, de l’avance par dent ou de la vitesse de coupe ?

Patrick Mérillat : Le potentiel d’évolution existe dans les 3 domaines cités. Vous avez raison, l’outil de coupe est un tout, je peux donner un exemple où tous les éléments ont contribués à des résultats exemplaires.

Un alésoir Gühring de la gamme « HR500 » peut réduire le temps d’usinage jusqu’à un facteur de 50.

Non seulement la tenue de coupe de ces outils est considérablement augmentée, mais la qualité de l’état de surface obtenu est nettement améliorée.

De plus ces alésoirs peuvent solutionner des cas d’usinages très sophistiqués.

Dans des matériaux trempés, ces alésoirs peuvent remplacer les opérations d’électroérosion. Les temps d’usinage sont réduits d’une manière époustouflante.

Des outils performants font partie de l’offre Gühring et d’autres vont venir enrichir la gamme.

MSM : Les fraises en carbure monobloc et le fraisage HPC/HSC propose un processus de fabrication extrêmement performant et fiable. Vos vidéos de démonstrations le prouvent, un outil pour usiner une pièce complète, plongée, contournage, rainurage. Pas de changement d’outil, pas de temps mort. La fraise à plaquettes amovibles a-t-elle encore sa place dans ses conditions ?

Patrick Mérillat : Il est vrai que les performances des fraises en carbure monobloc sont fantastiques. Le succès de nos fraises « Ratio RF100 Diver » « Ratio RF100 Speed » et « Ratio RF100 Alu » est indéniable.

Pour les grands diamètres, les fraises à plaquettes amovibles resteront d’actualité, comme par exemple nos corps de fraises Hollfelder que nous pouvons équiper en plaquettes CW, PCD ou CBN, chaque plaquette est positionnée par notre système au micron.

MSM : Industrie 4.0 passe par l’interconnexion des objets et le Big Data. Des pneus qui nous informent de leur usure et de leur pression ou une machine-outil bardée de capteurs ne surprennent plus. Mais pour les outils de coupe cela semble beaucoup plus complexe, alors à quand un outil qui nous informe de son usure, de sa température, des contraintes auxquels il est soumis, etc… ?

Patrick Mérillat : Pour le R & D de Gühring, Industrie 4.0 est un sujet familier, et participe à des projets avec des universités européennes et des partenaires industriels.

Pour les capteurs sur les outils normaux nous devons attendre encore pour que les coûts soient acceptables.

De nombreuses informations sur les outils sont récoltées de manière indirecte par des mesures de puissance de broche etc.

Les flux d'informations coordonné sont déjà pratiqués dans la gestion des outils « TM326 ».

Cette gestion permets de tenir compte des augmentations et ou diminutions des besoins pour adapter les stocks.

MSM

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