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Le CSEM partage ses rêves martiens

Des terriens sur Mars, utopie ou proche avenir ?

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Et l’Europe dans tout ça ?

L’ESA, l’agence spatiale européenne, ne profite peut-être pas des retombées prestigieuses d’un programme spatial habité, mais ne reste pas pour autant à la traine. Pour preuve, la pléthore de programmes lancés depuis sa création en 1975 et n’oublions pas non plus que par son budget, elle est la seconde agence spatiale après la NASA. Par manque de volonté politique européenne et aussi parce que les budgets ne le permettaient pas l’ESA a fait l’impasse sur ses propres vols habités avec l’abandon du projet de lanceur et de navette spatiale réutilisable Hermès. Envisagé à partir de 1975 par le Centre national d’études spatiales français (CNES) et repris par l'ESA en 1985, Hermès devait être lancée par une fusée Ariane 5 et desservir la station autonome européenne Colombus. Tout ce beau programme fut abandonné. L'accident de Challenger en 1986 révéla le manque de sécurité des engins réutilisables pour l’équipage en cas de problèmes majeurs. En effet, on sait maintenant avec certitude qu'une partie des membres d’équipage étaient encore vivants après l’explosion qui détruisit la quasi-totalité de la navette. L’avant de Challenger éjecté lors de la déflagration retomba avec plusieurs membres coincés dans la cabine qui périrent vraisemblablement lors de l’impact au sol. C'est pourquoi il fut décidé qu'Hermès devait désormais être équipé avec une capsule éjectable d’urgence. En raison de l’augmentation considérable de son poids, la charge utile s’en trouva réduite à 3 000 kg et le nombre de membres d'équipage limité à trois. On renonça également à la possibilité d’une soute ouverte pour injecter les satellites sur orbite. Plus tard, la conception d’une capsule de sauvetage sera également écartée et remplacée par une solution avec des sièges éjectables. Ce système, certes plus léger n’est capable de fonctionner que jusqu'à Mach 2, c'est-à-dire dans les premières minutes du lancement ou peu de temps avant l'atterrissage.

L'abandon définitif du programme Hermès et Colombus sonna le glas des vols spatiaux habités européens, désormais les astronautes du vieux continent iraient prendre le taxi pour les étoiles aux USA ou en Russie.

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Pour autant l’Europe ne s’est pas endormie sur ses lauriers et de grands programmes d'explorations furent lancés avec des sondes automatiques, des astronautes européens de toutes les nationalités ont pu participer à diverses missions spatiales grâce aux fructueuses collaborations entre l'ESA, la NASA et la FKA (l'agence spatiale fédérale russe).

Ci-dessous, un petit aperçu des plus importantes missions lancées par l'ESA et de son savoir-faire :

  • l'astrophysique (Herschel, Planck, ...)
  • l'exploration du système solaire (Rosetta, Mars Express, Venus Express, ...)
  • l'étude du soleil (SOHO) et la physique fondamentale (Lisa Pathfinder)
  • l'étude et l'observation de la terre avec des satellites spécialisés (Envisat, GOCE, MSG, Sentinelle, ...)
  • les lanceurs Ariane 5 et Vega
  • les vols habités à travers la participation à la Station spatiale internationale (ISS)
  • la navigation par satellite avec le programme Galileo
  • les télécommunications spatiales et applications intégrées (Artemis, HYLAS)
  • la recherche dans le domaine des technologiques spatiales (SMART-1, PROBA-1 et PROBA-2).

L'ESA participe également à des programmes initiés par d'autres agences spatiales.

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