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Le CSEM partage ses rêves martiens

Des terriens sur Mars, utopie ou proche avenir ?

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Notre opticien orbital

Qui ne se souvient pas de ce 31 juillet 1992 qui vit la mission STS-46 décoller en emportant à son bord le premier astronaute suisse, le seul d’ailleurs. Claude Nicollier est le 279e homme à partir dans l’espace et participa à 4 missions, toutes effectuées à bord des navettes spatiales américaines. A noter qu’il a volé avec 4 engins différents, STS-46 à bord d’Atlantis, STS-61 à bord d’Endeavour, STS-75 à bord de Columbia et STS-103 à bord de Discovery.

C’est surtout les 2 missions de réparation du télescope Hubble qui le firent connaître aux quatre coins de la planète, soit la mission STS-61 avec son gigantesque programme de travail fut l'une des plus pointues de l'histoire de la navette spatiale. La mission qui aura durée en tout près de 11 jours, a été ponctuée par 5 sorties extravéhiculaires pour des durées de 6 à 8 heures, ce qui en fait un record inégalé. Le but de la mission était de « corriger » la « myopie » du plus gros, puissant et cher de tous les télescopes spatiaux jamais mis en orbite.

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Le miroir primaire de ce dernier souffrait d’une erreur géométrique, la NASA détermine rapidement que le miroir primaire est trop plat à sa périphérie de 2 microns alors que ce dernier fait 2,4 mètres de diamètre! Le polissage de ce dernier débute en 1979 à partir d’une lentille de verre brute pour se terminer fin 1981, ce qui donne une idée de la tâche colossale de travail nécessaire à sa fabrication. Ce n’est que le 24 avril 1990 que le télescope est placé en orbite basse (600 km) par la mission STS-31 de la navette Discovery. Une fois la navette placée sur l’orbite de largage, le télescope est sorti de la soute de la navette à l’aide du bras télécommandé. Une série de commandes sont envoyées à Hubble pour déclencher le déploiement des panneaux solaires et des antennes et enfin libérer du bras. Le télescope se positionne à l’aide de ses capteurs et ouvre la trappe qui protège ses miroirs. Le centre de contrôle au sol lance alors une longue phase de calibrage destinée à rendre le télescope opérationnel. L’équipage de la mission STS-31 revient au sol avec un équipage confiant dans la réussite de la mission. Les jours qui suivirent le lancement furent ponctués de problèmes divers et variés, se mettant régulièrement en mode sauvegarde lorsque certains de ses éléments étaient mis en mouvement, tandis que les capteurs chargés de maintenir le télescope pointé vers une position donnée ne parvenaient pas à verrouiller la cible. Ces problèmes seront progressivement maîtrisés, mais pas complétement résolus lorsque, mi-juin, les premières images détaillées des champs d'étoiles sont produites. Et là, catastrophe, les images sont floues ! Heureusement, le défaut de courbure est homogène ce qui permet de le corriger via un dispositif optique présentant la même anomalie mais inversée. Les astronomes décident de sacrifier l'un des cinq instruments, le HSP (High Speed Photometer ) pour installer à son emplacement le dispositif correcteur baptisé COSTAR (Corrective Optics Space Telescope Axial Replacement). D’autres défauts surgirent bientôt et la NASA décide d’une mission de sauvetage pour le plus performant de tous les systèmes optiques jamais satellisé. C’est là que débute la mission STS-61 qui voit Claude Nicollier passer de l’ombre à la lumière, cette mission fut largement retransmise par les médias mondiaux et incarne à elle seule la réussite et la maîtrise de la première grande réparation spatiale (Skylab et Mir entre autres, subirent aussi des réparations une fois orbités, mais rien de cet ordre). Responsable de la manipulation du gigantesque bras robotisé, Claude Nicollier, capture Hubble et permet ainsi d’effectuer pas loin de 36 heures de réparation lors de cinq sorties extravéhiculaires. Ce n’est là que les prémices d’une succession de réparations qui feront d’Hubble l’outil le plus performant pour l’observation de l’espace profond. Quatre autres missions, la STS-82 en 1997, suivie de la STS-103 en 1999 qui permet une nouvelle fois à Claude Nicollier de retrouver le télescope géant et de participer à son entretien mais cette fois dans le vide spatial. En effet, il effectue une EVA de plus de 8 heures. Les deux dernières missions, la STS-109 qui est la deuxième partie de la mission précédente, a pour objectif principal l'installation de l'instrument de troisième génération ACS (Advanced Camera for Surveys) à la place de FOC (Faint Object Camera) qui devait démultiplier les performances du télescope. La STS-125 qui a lieu en 2009 est la mission de la dernière chance. L’arrêt programmé des vols des navettes spatiales américaines ne permet plus à l’heure actuelle de réparer ce magnifique instrument. Malgré ses petits déboires de jeunesse, les images transmises par Hubble de l’espace profond restent exceptionnelles et feront encore rêver des générations d’astronomes.

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