Portrait de Denis Jeannerat, directeur R&D, Willemin Macodel SA

Denis Jeannerat, un visionnaire réaliste

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Denis Jeannerat, directeur Recherche et Développement de Willemin-Macodel SA.
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Denis Jeannerat, directeur Recherche et Développement de Willemin-Macodel SA. (Source : JRG)

D'assistant du professeur Pruvot de l'EPFL, Denis Jeannerat quelques décennies plus tard, devient un visionnaire capable de tout remettre en cause pour trouver le saint Graal de la machine-outil soit de pouvoir produire en masse des lots unitaires tel qu'un implant dentaire où l'erreur est exclue.

Rencontre et entretien avec Denis Jeannerat, directeur technologique de Willemin Macodel. Dans le Medtech la personnalisation des implants est une nécessité puisque les pièces à fabriquer sont liées à un Scan 3D du corps du patient. Que dois je mettre comme capteur logiciel et intelligence pour remplir ce besoin ? Il ne suffit plus de truffer la machine de capteurs... C'est beaucoup plus multi disciplinaire que ce que l'on pensait, il faut connaitre l'impression 3D, la façon d'usiner et surtout savoir prendre les références. Comprendre comment la matière va se déformer et comme chaque pièce est différente il faut augmenter la robustesse car la première pièce doit impérativement être bonne car il s'agit d'un prototype unique avec une seule ébauche. Le but est de stabiliser au mieux le processus pour qu'il soit reproductible à long terme.

A l'avenir j'imagine que les cellules flexibles de production auront un bel avenir, chez Willemin Macodel, nous avons de multiples demandes dans ce sens et plusieurs projets en route. Les machines de demain devront être flexibles et multiprocessus, pour passer sans faille du brut à la pièce finie. Rares sont les utilisateurs qui maitrisent la verticalisation de la production, nous devons les accompagner dans cette démarche.

Dans le futur nous grouperons les machines et les associerons avec une automation se chargeant des bruts et outils de réserve, pour faire des opérations annexes comme le lavage... et pouvoir aussi rétrofiter des dérives de côtes, marquer au laser, puis les déposer dans des alvéoles finies... Ainsi on n'imaginera plus des lignes de production mais plutôt des machines travaillant en parallèle et on connaitra l'état de chaque machine afin, le cas échéant, de transférer une production d'une à la suivante disponible. En complément une robotisation intelligente et mobile capable de reconnaissance visuelle et de maîtrise de l'orientation. Ce robot devra aussi avoir la fonction « best fit » intégrée afin de positionner adroitement le brut pour que la pièce finie s'inscrive au plus juste dans ce brut. Il faut donc obligatoirement des machines plus adaptatives qu'actuellement, que les serrages s'adaptent également au brut, et ce n'est pas évident quand un brut est défini par un scan, les parois sont rarement parallèles! Nous avons aussi des gestion d'outils frères et on connait en tout temps l'état en terme de réserve de marche de chaque machine ainsi que l'état des outils et leur espérance de vie afin de les changer avant la casse.

Les temps de passage vont se réduire drastiquement

Dans un futur pas si lointain d'environ 10 ans, j'estime que le passage chez le dentiste devrait se réduire de 24 heures en une seule heure pour scanner, fabriquer et implanter la nouvelle dent. Ce devra être un système multi-matière et multi-couleur et surtout avec une HMI conviviale axée métier le tout avec une fiabilité totale où une fois de plus l'erreur n'est tout simplement plus admise. MSM

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