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Perturbation des marchés liée aux incertitudes sanitaires Crise, opacité et conditions de résilience pour l’industrie

| Auteur / Rédacteur: Source : CEP / Gilles Bordet

Le secteur secondaire anticipe des scenarii pessimistes pour les prochains mois selon le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP).

Entreprises liées

Patrick Linder, directeur de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP).
Patrick Linder, directeur de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP).
(Source : RTS)

Réduction généralisée du volume d’affaires, péjoration des résultats financiers, chute des investissements et atrophie de nombreuses entreprises sont les traits saillants d’une configuration délétère pour les activités industrielles.

« Dans une région parmi les plus denses de Suisse au niveau industriel, ces anticipations ont une résonance considérable, d’autant plus que les entreprises sont liées les unes aux autres dans le cadre d’un système de production focalisé sur la microtechnique. L’affaissement général de la consommation globale impacte toute l’économie mondiale, dont deux des domaines d’application principaux des compétences régionales: l’horlogerie et l’automobile » évalue Patrick Linder, directeur de la CEP.

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La perturbation des marchés et l’impossibilité d’établir des projections en raison des incertitudes sanitaires engendrent un sentiment d’opacité pour les prochains mois. Dans ce contexte inédit, le maintien des capacités de production et des compétences industrielles s’impose comme priorité incontestable. « Un allongement du chômage partiel à 18 mois est le minimum requis pour y tendre, mais des solutions flexibles selon les secteurs et les enjeux doivent être imaginées en regard de la gravité de la situation. Subsister, maintenir les liquidités, poursuivre les activités de R&D et préserver l’investissement s’annoncent comme les préoccupations récurrentes des prochains mois » estime Patrick Linder.

Effondrement de tous les indicateurs

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) établit des anticipations en plongeant au cœur des entreprises du secteur secondaire d’une région historiquement dense du point de vue industriel. Indicatif de grandes tendances, il met à jour des vues d’ensemble en auscultant des paramètres comme le volume d’affaires, les résultats financiers, les capacités d’investissement et le développement à moyen terme de l’entreprise.

L’ensemble des indicateurs observés montre des signaux fortement négatifs. Les prévisions en matière d’entrées de commandes font état de baisses substantielles pour l’ensemble des acteurs indépendamment de leur taille ou de leur positionnement. La réduction escomptée est générale et commune à l’ensemble des entreprises. Les résultats opérationnels connaissent une même tendance et une diminution des performances financières est attendue partout. Les capacités d’investissement ne parviennent pas à se maintenir en dépit de la résolution de nombreux acteurs à poursuivre les efforts. L’opacité des prochains mois s’ajoute aux difficultés financières actuelles et influe largement sur les stratégies d’investissement. Ce paramètre est crucial car il détermine d’une part le potentiel d’innovation et la compétitivité, d’autre part, il contribue largement à l’irrigation du système de production interdépendant de l’industrie régionale. Son fléchissement est un signal négatif susceptible d’aggraver durablement la situation. Enfin, la perception du développement des entreprises à moyen terme paie un lourd tribut à la situation actuelle puisque l’essentiel des acteurs s’attend à une réduction. Cet affaissement du niveau de déploiement de l’industrie se répercutera sur l’emploi dès à présent et pour les prochains mois.

Des conditions préexistantes à la pandémie de COVID-19 expliquent cette configuration délétère. Si le secteur automobile montre une atonie sévère depuis la moitié de l’année 2019, l’horlogerie donne pour sa part des indices depuis l’automne de l’année passée. La congestion mondiale de l’économie et, au niveau local, l’arrêt des activités accentuent ainsi une situation déjà sensible.

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