Analyse approfondie : Objectifs et principaux défis de la Chine et les opportunités qu'elles génèrent!

Chances et risques en rapport avec la Chine

| Auteur / Rédacteur: Nicolas Musy, spécialiste de la Chine / Jean-René Gonthier

Le modèle de croissance de la Chine est en train de changer - L'Empire du Milieu finira-t-il par devenir un innovateur technologique?

A moyen et long terme, la croissance devra passer par l'amélioration de la productivité. Il s'agit de fabriquer et de vendre davantage de produits et de services à valeur ajoutée. En outre, les Chinois doivent investir directement, de sorte que l'argent continue à affluer dans l'économie, mais sans être emprunté à l'épargne de la population et, par conséquent, sans augmenter l'endettement.

La réponse à ce défi est intelligente et simple : transformer l'économie chinoise en une économie de l'innovation et, pour ce faire, permettre à des centaines de milliers d'entrepreneurs de créer de nouvelles entreprises innovantes.

Pourtant, alors que les Chinois ont l'esprit d'entreprise presque codé dans leur ADN (un Chinois à l'étranger est plus que souvent un propriétaire d'entreprise), la Chine n'a pas été en tête de l'innovation technique depuis son ouverture. En effet, il y a tellement d'entreprises à créer et tant d'argent à gagner en adaptant l'innovation existante conçue et réalisée à l'étranger qu'aujourd'hui, « Innover en Chine » implique essentiellement l'innovation axée sur le modèle d'affaires.

Un exemple parlant d’innovation

Wechat en est un bon exemple. C'est la troisième plate-forme de médias sociaux au monde. Et, lorsqu'on l'utilise, on ne peut que s'accorder sur le fait qu'en combinant les fonctions de Facebook, Whatsapp et PayPal (et en en ajoutant d'autres), Wechat est une solution fantastique. Néanmoins, il s'appuie sur des technologies et des idées initialement développées à l'étranger. Il en va de même pour Alibaba, Xiaomi (smartphones) ou Huawei, le concurrent de Cisco. (Malgré le fait que Huawei figure parmi les 3 premières entreprises mondiales, déposant le plus grand nombre de brevets internationaux et pourrait bien devenir un véritable innovateur technologique à l'avenir.

En conséquence, le secteur technologique chinois, de l'automobile aux machines et aux robots, est dominé par des acteurs étrangers qui sont venus en Chine et y ont investi.

Si la technologie ferroviaire à grande vitesse chinoise est entièrement dominée par la seule et unique compagnie de chemin de fer chinoise (le CRRC, propriété de l'État), on y est parvenu en exigeant que les entreprises étrangères qui offrent de la technologie ferroviaire créent des coentreprises avec leurs homologues chinois ou transfèrent leur technologie à des entreprises chinoises.

(Cela a également été exigé des constructeurs automobiles étrangers. Cependant, les constructeurs automobiles internationaux sont responsables de la conception des véhicules finis, qui évoluent rapidement et en permanence. Le développement de l'ingénierie ferroviaire est un processus beaucoup plus lent.)

Pour combler le vide et relancer l'innovation technologique domestique, le conseil des affaires d'État a lancé en 2013 le plan « Made in China 2025 ». Il vise essentiellement à moderniser le secteur industriel chinois et à soutenir les technologies fabriquées en Chine (par des entreprises chinoises) dans des secteurs clés. (Par exemple : voitures électriques, machines avancées, industrie 4.0, IT et circuits intégrés, biopharmacie et produits médicaux avancés.)

La chine se robotise

En relevant le défi de la modernisation de sa production technologique locale, la Chine lance un défi frontal aux entreprises internationales opérant dans le pays. Néanmoins, si le plan doit réussir, la technologie étrangère demeurera indispensable.

La robotique en est une bonne illustration. Depuis 2015, la Chine est le plus grand marché de robots industriels au monde.

Pourtant, même si les fabricants locaux de robots prennent rapidement des parts de marché à ABB et Kuka, ces mêmes robots fabriqués par des entreprises locales dépendent totalement des importations pour les composants critiques tels que les contrôleurs, les ralentisseurs et les servomoteurs[5].

Le nombre de robots conçus et fabriqués sur sol chinois est en augmentation nette.
Le nombre de robots conçus et fabriqués sur sol chinois est en augmentation nette. (Source : Nicolas Musy ch-ina.com)

Et si une confirmation officielle s'impose, le plan prévoit que 70 % des produits technologiques seront « fabriqués en Chine » d'ici 2025. Cela indique que les éléments de haute technologie seront toujours importés. En fait, il est raisonnable de supposer que la demande pour de tels composants augmentera effectivement en raison des besoins additionnels générés par les pressions du gouvernement en faveur de la technologie. Dans l'ensemble, le plan créera sans aucun doute des débouchés considérables dans la chaîne de valeur technologique, où les champions internationaux du créneau de la technologie sont particulièrement forts et profitables.

Il est certain que la vente de produits technologiques en Chine n'est pas sans risques. Pourtant, il existe des moyens d'atténuer ces risques et nous reviendrons avec une expérience plus approfondie et plus spécifique sur le sujet dans une analyse de suivi.

La Chine va-t-elle devenir un véritable innovateur technologique ?

Les exemples ci-dessus illustrent bien notre opinion: probablement pas à court et moyen terme. En toute honnêteté, il est assez difficile de rattraper le retard qu'entraîne l'évolution rapide de la technologie. C'est encore plus difficile à une époque d'accélération technologique comme celle que nous sommes sur le point d'assister, avec le début de la quatrième révolution industrielle. A cet égard, les économies des pays développés conservent une position extrêmement avantageuse.

D'ailleurs, ce n'est pas l'ambition de la Chine de rattraper son retard dans les années à venir : le 13e plan quinquennal prévoit que la Chine devienne d'ici 2050, dans plus de 30 ans[6], une « puissance mondiale de l'innovation scientifique et technologique ».

Pour être forte entre-temps, la direction de la Chine estime qu'elle doit accroître son influence internationale. Et pour affirmer sa position internationale, elle entend mettre à profit ses prouesses économiques et sa technologie déjà bien implantée.

C'est la raison d'être de l'initiative One Belt one Road (OBOR), pourtant un nouvel objectif que le leadership chinois s'est fixé!

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