Analyse approfondie : Objectifs et principaux défis de la Chine et les opportunités qu'elles génèrent! Chances et risques en rapport avec la Chine

Auteur / Rédacteur: Nicolas Musy, spécialiste de la Chine / Jean-René Gonthier

Depuis que Deng Xiaoping a lancé ses réformes, la Chine s'est donnée pour objectif de redevenir une puissance mondiale. En raison de l'espace de plus en plus vaste que prend la Chine, économiquement et géopolitiquement, les pays développés considèrent souvent la Chine comme agressive.

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Aucun leader ne peut se sentir à l'aise avec une telle courbe. Pourquoi, alors, cette augmentation s'est-elle produite ?
Aucun leader ne peut se sentir à l'aise avec une telle courbe. Pourquoi, alors, cette augmentation s'est-elle produite ?
(Source : Nicolas Musy ch-ina.com)

Pourtant, pour le peuple chinois, ce n'est rien de plus que reprendre une position que la Chine avait il n' y a pas si longtemps, soit sa position légitime.

Au cours de son deuxième mandat, le président Xi Jinping, fermement au pouvoir, tente de réaffirmer la position de la Chine dans sa sphère d'influence traditionnelle asiatique. Ce faisant, elle se donne un certain nombre d'objectifs et de défis qui entreront en conflit avec la politique américaine dans le cadre de sa nouvelle orientation.

Les objectifs de la Chine et la politique américaine définiront sans aucun doute l'agenda des opportunités économiques mondiales pour les années à venir et créeront en même temps des chances et des risques.

Pourtant, alors que la politique américaine semble être devenue moins prévisible que le cheminement souhaité par la Chine, beaucoup d'informations sont disponibles sur le développement des États-Unis. Les objectifs et les défis de la Chine sont toutefois beaucoup moins analysés. Les comprendre permettra aux chefs d'entreprise de mieux orienter leur propre chemin dans un monde en mutation.

La Chine et les Etats-Unis : le double moteur des opportunités économiques internationales

En 1820, la Chine représentait un tiers du PIB mondial.

En 2017, la République populaire représentait environ 15 % du PIB total, tout en maintenant environ 18,5 % de la population mondiale. Dans le même temps, les États-Unis ont généré 25% du PIB mondial, tout en n'abritant que 4,3% de la population mondiale. La Russie, en revanche, héberge 1,9% de la population mondiale et génère 1,8% du PIB total.

En 2017, par rapport à 2016, la Chine a acheté des marchandises en Suisse pour un montant supplémentaire de CHF 2 milliards. Il s'agit de la deuxième plus forte augmentation absolue des exportations suisses en termes absolus et représente presque autant que les 2,2 milliards de francs d'achats supplémentaires effectués par les Etats-Unis l'année dernière. Cet exemple illustre l'histoire récente du développement des entreprises internationales dans le monde.

De 2008 à 2017, les exportations suisses vers le monde n'ont augmenté que de 6,8% (de 202 à 220 milliards de francs suisses), tandis que les exportations vers la Chine ont augmenté de 66% et celles vers les Etats-Unis de 73%.

Au cours des 10 mêmes années, les importations totales de produits suisses en Inde sont passées de CHF 2,3 à 1,6 milliard, soit une croissance négative de 26%. En 2017, l'Inde, avec une population similaire à celle de la Chine, ne représentait qu'un dixième des exportations suisses vers la Chine.

Augmentation des exportations suisses en 2017.
Augmentation des exportations suisses en 2017.
(Source : Nicolas Musy ch-ina.com)

Toutefois, bien que la récente réduction de l'impôt sur les sociétés va certainement stimuler les investissements aux États-Unis et, par conséquent, continuer à générer des opportunités intéressantes pour les entreprises internationales, le FMI avertit que le système financier chinois est menacé[1].

La crise financière régulièrement annoncée par la Chine n'arrive jamais

Il ne fait aucun doute que l'augmentation de la dette de la Chine est alarmante par la vitesse à laquelle elle se produit. En plus, c'est un phénomène nouveau. Cela s'est produit au cours des 10 dernières années seulement. Avant 2008, l'impressionnante croissance à deux chiffres de la Chine était générée tout en maintenant une dette stable par rapport au PIB.

Aucun leader ne peut se sentir à l'aise avec une telle courbe. Pourquoi, alors, cette augmentation s'est-elle produite ?
Aucun leader ne peut se sentir à l'aise avec une telle courbe. Pourquoi, alors, cette augmentation s'est-elle produite ?
(Source : Nicolas Musy ch-ina.com)

Sûrement, aucun leader ne peut se sentir à l'aise avec une telle courbe. Pourquoi, alors, cela s'est-il produit ?

Cette accélération sans précédent du niveau d'endettement est la réponse que le leadership de la Chine pourrait apporter à la nouvelle situation économique internationale après la crise mondiale de 2008. Avec la chute des marchés d'exportation, la croissance n' a pu être maintenue que grâce à une augmentation extraordinaire des dépenses intérieures consacrées aux projets.

En effet, l'augmentation du niveau de vie de la population chinoise, jusqu' à ce qu'elle atteigne des niveaux comparables à ceux du monde occidental, est un objectif primordial du Parti communiste. Cet engagement à offrir une vie meilleure aux Chinois, ainsi que le rétablissement de la fierté nationale de la Chine, sont les conditions essentielles du contrat non écrit que le gouvernement a passé avec sa population. Ce pacte confère aux dirigeants sa légitimité la plus critique et assure la stabilité sociale.

Pour reprendre les mots de Deng Xiaoping : « le développement est l'argument irréfutable ».

Ce n'est pas nouveau, cependant, comprendre l'importance critique de la croissance pour la Chine signifie qu'à moins d'une crise financière ou d'une confrontation géopolitique, la croissance continuera à se produire. La Chine continuera donc à générer plus de 10 millions d'emplois urbains par an[2], même si cela se traduira certainement par une baisse des taux de croissance (en pourcentage) d'une année sur l'autre.

Le Pacte avec la Chine est également la raison même pour laquelle une crise financière est très improbable. Alors que les Chinois sont capables de supporter d'énormes souffrances infligées par des circonstances extérieures, une crise économique due à une défaillance des systèmes financiers ou d'autres systèmes internes créerait la situation même dans laquelle le gouvernement perdrait son mandat. Cela ne veut pas dire que la Chine est à l'abri de la réalité économique, mais cela fait en sorte que le gouvernement accorde une attention considérable aux risques qu'il prend et s'assure de les maîtriser avant qu'ils ne se matérialisent.

En fait, la probabilité d'une crise financière est relativement faible, d'abord parce que toute la nouvelle dette générée est essentiellement financée par l'épargne de la population chinoise, mais aussi parce que la majeure partie de cette dette est absorbée par des entreprises publiques contrôlées par l'État et ne seront pas autorisées à faire faillite. En d'autres termes, le gouvernement contrôle les deux extrémités de la dette : l'épargne des prêteurs dans les banques publiques et les bénéficiaires des prêts, qui sont des entreprises publiques pour 67% de la dette.

Malgré tout, les défis auxquels fait face le leadership l'encouragent également à accroître le professionnalisme et l'efficience du système financier. En conséquence, les principales restrictions imposées à la propriété étrangère des institutions financières en Chine devraient être levées, à la suite de l'annonce officielle de novembre dernier [3]. Cela offrira sans aucun doute de nombreuses opportunités supplémentaires à la communauté financière internationale.

En outre, un ensemble complet de mesures a été pris l'an dernier pour maîtriser efficacement les risques de la dette [4]. Néanmoins, le renforcement du système financier ne saurait compenser à long terme la modernisation de l'économie réelle.

Le modèle de croissance de la Chine est en train de changer - L'Empire du Milieu finira-t-il par devenir un innovateur technologique?

A moyen et long terme, la croissance devra passer par l'amélioration de la productivité. Il s'agit de fabriquer et de vendre davantage de produits et de services à valeur ajoutée. En outre, les Chinois doivent investir directement, de sorte que l'argent continue à affluer dans l'économie, mais sans être emprunté à l'épargne de la population et, par conséquent, sans augmenter l'endettement.

La réponse à ce défi est intelligente et simple : transformer l'économie chinoise en une économie de l'innovation et, pour ce faire, permettre à des centaines de milliers d'entrepreneurs de créer de nouvelles entreprises innovantes.

Pourtant, alors que les Chinois ont l'esprit d'entreprise presque codé dans leur ADN (un Chinois à l'étranger est plus que souvent un propriétaire d'entreprise), la Chine n'a pas été en tête de l'innovation technique depuis son ouverture. En effet, il y a tellement d'entreprises à créer et tant d'argent à gagner en adaptant l'innovation existante conçue et réalisée à l'étranger qu'aujourd'hui, « Innover en Chine » implique essentiellement l'innovation axée sur le modèle d'affaires.

Un exemple parlant d’innovation

Wechat en est un bon exemple. C'est la troisième plate-forme de médias sociaux au monde. Et, lorsqu'on l'utilise, on ne peut que s'accorder sur le fait qu'en combinant les fonctions de Facebook, Whatsapp et PayPal (et en en ajoutant d'autres), Wechat est une solution fantastique. Néanmoins, il s'appuie sur des technologies et des idées initialement développées à l'étranger. Il en va de même pour Alibaba, Xiaomi (smartphones) ou Huawei, le concurrent de Cisco. (Malgré le fait que Huawei figure parmi les 3 premières entreprises mondiales, déposant le plus grand nombre de brevets internationaux et pourrait bien devenir un véritable innovateur technologique à l'avenir.

En conséquence, le secteur technologique chinois, de l'automobile aux machines et aux robots, est dominé par des acteurs étrangers qui sont venus en Chine et y ont investi.

Si la technologie ferroviaire à grande vitesse chinoise est entièrement dominée par la seule et unique compagnie de chemin de fer chinoise (le CRRC, propriété de l'État), on y est parvenu en exigeant que les entreprises étrangères qui offrent de la technologie ferroviaire créent des coentreprises avec leurs homologues chinois ou transfèrent leur technologie à des entreprises chinoises.

(Cela a également été exigé des constructeurs automobiles étrangers. Cependant, les constructeurs automobiles internationaux sont responsables de la conception des véhicules finis, qui évoluent rapidement et en permanence. Le développement de l'ingénierie ferroviaire est un processus beaucoup plus lent.)

Pour combler le vide et relancer l'innovation technologique domestique, le conseil des affaires d'État a lancé en 2013 le plan « Made in China 2025 ». Il vise essentiellement à moderniser le secteur industriel chinois et à soutenir les technologies fabriquées en Chine (par des entreprises chinoises) dans des secteurs clés. (Par exemple : voitures électriques, machines avancées, industrie 4.0, IT et circuits intégrés, biopharmacie et produits médicaux avancés.)

La chine se robotise

En relevant le défi de la modernisation de sa production technologique locale, la Chine lance un défi frontal aux entreprises internationales opérant dans le pays. Néanmoins, si le plan doit réussir, la technologie étrangère demeurera indispensable.

La robotique en est une bonne illustration. Depuis 2015, la Chine est le plus grand marché de robots industriels au monde.

Pourtant, même si les fabricants locaux de robots prennent rapidement des parts de marché à ABB et Kuka, ces mêmes robots fabriqués par des entreprises locales dépendent totalement des importations pour les composants critiques tels que les contrôleurs, les ralentisseurs et les servomoteurs[5].

Le nombre de robots conçus et fabriqués sur sol chinois est en augmentation nette.
Le nombre de robots conçus et fabriqués sur sol chinois est en augmentation nette.
(Source : Nicolas Musy ch-ina.com)

Et si une confirmation officielle s'impose, le plan prévoit que 70 % des produits technologiques seront « fabriqués en Chine » d'ici 2025. Cela indique que les éléments de haute technologie seront toujours importés. En fait, il est raisonnable de supposer que la demande pour de tels composants augmentera effectivement en raison des besoins additionnels générés par les pressions du gouvernement en faveur de la technologie. Dans l'ensemble, le plan créera sans aucun doute des débouchés considérables dans la chaîne de valeur technologique, où les champions internationaux du créneau de la technologie sont particulièrement forts et profitables.

Il est certain que la vente de produits technologiques en Chine n'est pas sans risques. Pourtant, il existe des moyens d'atténuer ces risques et nous reviendrons avec une expérience plus approfondie et plus spécifique sur le sujet dans une analyse de suivi.

La Chine va-t-elle devenir un véritable innovateur technologique ?

Les exemples ci-dessus illustrent bien notre opinion: probablement pas à court et moyen terme. En toute honnêteté, il est assez difficile de rattraper le retard qu'entraîne l'évolution rapide de la technologie. C'est encore plus difficile à une époque d'accélération technologique comme celle que nous sommes sur le point d'assister, avec le début de la quatrième révolution industrielle. A cet égard, les économies des pays développés conservent une position extrêmement avantageuse.

D'ailleurs, ce n'est pas l'ambition de la Chine de rattraper son retard dans les années à venir : le 13e plan quinquennal prévoit que la Chine devienne d'ici 2050, dans plus de 30 ans[6], une « puissance mondiale de l'innovation scientifique et technologique ».

Pour être forte entre-temps, la direction de la Chine estime qu'elle doit accroître son influence internationale. Et pour affirmer sa position internationale, elle entend mettre à profit ses prouesses économiques et sa technologie déjà bien implantée.

C'est la raison d'être de l'initiative One Belt one Road (OBOR), pourtant un nouvel objectif que le leadership chinois s'est fixé!

La Nouvelle « Route de la Soie » de Chine part à l'étranger, pour vendre et faire du shopping!

Avec le ralentissement de la croissance, l'industrie chinoise des infrastructures est devenue surdimensionnée. La réduction des capacités est en cours (la fameuse réforme du côté de l'offre), mais une autre façon de résoudre le problème est d'apporter la vaste expérience de la Chine dans la construction d'infrastructures à l'étranger et de contribuer à réduire la surcapacité en générant plus d'entreprises dans le pays. Les sociétés d'État proposent avec empressement le développement des infrastructures en Asie, financé par des prêts alimentés par les importantes réserves de change de la Chine.

Ce faisant, le financement des infrastructures des pays voisins est naturellement une chance d'établir des relations plus étroites et d'améliorer la position de l'Empire du Milieu dans la région. Et d'ailleurs, elle permet à la Chine de créer ses propres institutions multilatérales, comme la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures à Beijing (AIIB), à laquelle la plupart des pays développés se sont joints pour financer, à l'exception des États-Unis. En conséquence, la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement (essentiellement financées par les pays développés) auront moins de monopole en Asie.

Pour dérouler cette nouvelle Route de la soie à travers l'Asie, les entreprises chinoises sont fortement encouragées à aller à l'étranger, à réaliser des projets d'infrastructure mais aussi à acheter des entreprises et à accroître la présence mondiale de la Chine.

Des ports et des terminaux à conteneurs sont en cours de construction et d'achat (le Pirée en Grèce en est un exemple emblématique), des chemins de fer à grande vitesse sont prévus et financés en Asie du Sud-Est, des autoroutes et des barrages sont construits.

Du côté des investissements, l'acquisition de Syngenta (par ChemChina, une entreprise publique) pour plus de 40 milliards de dollars est l'exemple le plus visible de cette dynamique. Et si ces investissements visent à renforcer la capacité globale de la Chine à faire des affaires dans le monde entier, ils sont aussi un moyen de développer sa propre technologie.

Là encore, l'objectif ambitieux de la Chine, qui vise à devenir un leader régional, est de créer des débouchés de grande envergure. Ceux qui s'associent avec des entreprises chinoises construisant des infrastructures à l'étranger s'implantent dans un réseau de vente de taille chinoise. Et ceux qui peuvent utiliser des fonds chinois à la recherche d'une tête de pont à l'étranger peuvent avoir une voie rapide pour développer leur entreprise en plus d'obtenir l'accès au marché intérieur chinois. Encore une fois, ce n'est pas sans risques. (Nous aurons l'occasion de détailler les précautions à prendre dans le suivi de cette analyse.)

L'initiative « One Belt one Road » a peut-être encore du chemin à parcourir pour découvrir de nouvelles richesses. Début novembre 2018, le Président Xi ouvrira en personne la première exposition internationale des importations chinoises (CIIE) qui se tiendra du 5 au 10 novembre 2018 à Shanghai (neccsh.com). Il deviendra le salon des importations de la Chine, la contrepartie du salon des exportations de Guangzhou. Pour renforcer son image et devenir un acteur international plus attractif, la Chine veut équilibrer son commerce et importer beaucoup plus qu'elle ne le fait aujourd'hui. Cela signifie l'ouverture de vastes débouchés dans la vente d'aliments, de vêtements, d'articles de luxe et de design ou de services individuels importés, pour n'en citer que quelques-uns.

Le premier CIIE est censé être l'événement international le plus important de la Chine en 2018. Pour faire passer le message, Shanghai a construit pour l'occasion le plus grand bâtiment du monde (2 millions de mètres carrés).

A découvrir en ligne : vidéo du nouveau méga-centre d'exposition de Shanghai

Mais pouvons-nous encore être surpris?

La nouvelle Année chinoise du chien s'ouvre sur de nouveaux développements, de nouveaux défis et de nouvelles opportunités. Mais une fois de plus, les belles perspectives l'emportent largement sur les risques, à condition de ne pas les ignorer!

Deux mots sur l’organisation

China Integrated est destiné à faciliter le succès à long terme de ses clients en Chine. Fort de 20 ans d'expérience et d'une expertise interne complète en recherche, juridique, recrutement, fiscalité, finance, IT/ERP & relations publiques, China Integrated est spécialisé dans la création ou l'acquisition d'entreprises performantes et la gestion des back offices de ses clients. China Integrated a des bureaux à Shanghai, Pékin, Hong Kong et en Mongolie. Ce qui précède devrait soutenir les stratégies et plans pour l’importation, l’exportation ou la fabrication de produits en Chine. Pour plus d'informations sur ce sujet, veuillez contacter l’auteur, Nicolas Musy (n.musy@ch-ina.com). MSM

Notes de bas de page

Liens disponibles dans la version en ligne

[1] China's financial system harbours large risks, says IMF (7 Dec 2017, BBC) bbc.com

[2] More than 13 million jobs were created in 2015, 2016 and 2017, each.

[3] China makes historic move to open market for financial firms (Bloomberg, 10 Nov 2017) bloomberg.com

[4] This is well explained in the following article: nationalinterest.org

[5] http://thediplomat.com

[6] China Science and Technology Powers Ahead (China Daily, 17 Nov 2017)chinadaily.com.cn

Source : Texte anglais «The China Integrated Analysis» de Nicolas Musy du 15 février 2018, traduit en français avec www.deepl.com puis amélioré.

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