Le filetage dans tous ses états

75 ans au service du filetage

| Rédacteur: Gilles Bordet

L’usine de DC Swiss à Malleray. Le fabricant fête ses 75 ans d’existence.
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L’usine de DC Swiss à Malleray. Le fabricant fête ses 75 ans d’existence. (Image : MSM)

>> Qui en Suisse ne connait pas Daniel Charpilloz SA pour les plus anciens, DC Swiss SA pour les plus jeunes ? L’entreprise de Malleray spécialisée dans la technologie de coupe des filetages fait partie intégrante du paysage industriel helvétique et tient une place toute particulière dans le cœur des professionnels qui on fait, ou feront toute leur carrière accompagné d’outils DC.

De sa création en 1940 à aujourd’hui, le spécialiste du filetage n’a cessé de faire évoluer sa gamme d’outils pour répondre aux demandes de plus en plus pointues de ses utilisateurs. Mais il a aussi su anticiper les virages technologiques en développant constamment de nouvelles idées pour rendre les opérations de taraudages encore plus sûres et performantes.

Car souvent entre l’utilisateur et le taraud c’était « je t’aime… moi non plus ». Cet outil indispensable et tellement pratique a généré bien des angoisses chez les mécaniciens, la principale étant : Vas-tu ressortir de la pièce ou y rester ?

Ce temps n’est pas totalement révolu mais la sécurité du processus lors d’opérations de taraudage a énormément évolué avec l’arrivée des tarauds à refouler, des revêtements de surfaces, des aciers frittés, des tarauds avec brise-copeaux intégrés et des fraises à fileter et autres tourbillonneurs. La génération de filets, quel que soit le type de technologies utilisées, est devenu un processus de haute précision, fiable, performant et économique.

Un anniversaire dignement fêté

Pour son 75e anniversaire DC a vu grand en proposant 40 événements destinés à ses clients. Ces journées de visite sont parfaitement adaptées au public invité sur le site de production de Malleray, que ce soit au niveau de la langue que du contenu. Cette journée du 10 septembre à laquelle la rédaction du MSM a été conviée était orientée micro technique/horlogerie et faisait toute la lumière sur la gamme Nano du fabricant pour les opérations de micro taraudages. Pour l'occasion un chalet a été monté pour une période de 5 mois derrière le bâtiment administratif sur la rive de la Birse. C'est ici que les visiteurs sont accueillis chaleureusement à 9h30 par le personnel de DC, croissants et cafés sont évidemment de la partie. La journée se poursuit avec une présentation détaillée de la maison DC Swiss. Ensuite le thème en lien avec le domaine d'activité des invités est abordé jusqu'à midi. Ici il a été question de la gamme Nano, un programme d'outils miniatures pour des taraudages de diamètres 0.3 mm à 1,4 mm. Pour de si petites dimensions il faut des jauges de grande précision, ce fût donc la seconde partie de cette thématique micro-filetage qui s’est terminée par la présentation du système Micro-Safelock pour l'assemblage de vis sécurisée pour le domaine horloger.

Le repas de midi, précédé d'un apéritif a eu lieu dans le magnifique chalet en bois joliment décoré de fléaux, fourches, boyes, trophées de chasse, paniers et autre gravures qui rendent l'ambiance du lieu très authentique.

L'après-midi était entièrement consacré à la visite de l'usine de Malleray où les visiteurs ont pu assister en « live » à la fabrication d'un taraud depuis la première opération, sa trempe jusqu’à son contrôle final et son emballage.

75 ans de succès et de développements continus de 1940 à …

L’histoire de DC Swiss commence en 1940 sous l’impulsion de Daniel Charpilloz qui fonde son entreprise dans les anciens locaux de Malleray Watch. Dès le départ il se spécialise dans la fabrication de tarauds et de filières.

Pour comprendre ce choix il faut encore remonter un peu dans le temps, en 1882 Alfred Charpilloz crée une entreprise de pivotage à Bevilard point de départ des usines Hélios.

Ses fils, Arnold et Daniel reprennent l’entreprise dès 1919 et en 1940 Daniel quitte l’entreprise familiale et décide de se lancer dans la fabrication de tarauds suite à la constatation suivante : « J’ai d’abord cherché les meilleurs outils (ne trouvant rien qui correspondait à ses critères de qualité), mais ensuite j’ai décidé de les fabriquer ». Ainsi est né le plus célèbre fabricant de taraud du pays. La suite est une succession de réussites tant technologiques qu’économiques :

  • 1955 – Transformation en société anonyme – Daniel Charpilloz SA
  • 1962 – Nouvelle halle de production à malleray
  • 1990 – Agrandissement du site de Malleray avec 1500m2 supplémentaires
  • 1999 – Nouveau site de production à Bévilard pour la fabrication des ébauches
  • 2000 – Lancement des fraises à fileter/percer/fraiser
  • 2001 – Ouverture d’une succursale à Cologne en Allemagne (Stock UE)
  • 2005 – Daniel Charpilloz SA devient DC Swiss SA
  • 2007 – Ouverture d’une succursale à Rho en Italie
  • 2009 – Introduction du Webshop et du Toolfinder
  • 2010 – Lancement des fraises à tourbillonner en carbure monobloc
  • 2011 – Lancement des tarauds avec brise-copeaux intégré
  • 2012 – Ouverture d’une succursale à Sheffield au Royaume-Uni
  • 2013 – Nouveau site internet avec EDI
  • 2015 – DC Swiss célèbre son 75e anniversaire

... 2015

Aujourd’hui le site de production de Malleray produit plus de 5000 outils par jour et emploie 140 collaborateurs sur ses 2 sites de production. L’usine de Malleray, siège principale de DC Swiss SA, s’occupe de la finition de l’outil et l’usine de Bévilard de son ébauche.

Ce choix est dû aux difficultés rencontrées pour envisager un agrandissement du site de Malleray , l’idée d’ouvrir un deuxième site de production s’est donc imposée comme la meilleure solution. Selon Pascal Forrer, Directeur des ventes et du marketing, « Cela ne pose pas de problème pour nous au niveau du cycle de production car l’usine de Bévilard est totalement indépendante de celle de Malleray. Elle dispose sur son site de l’ensemble du stock de matière et s’occupe des opérations de décolletage des ébauches. » Ensuite ces ébauches sont acheminées sur le site de production de Malleray où elles seront trempées, rectifiées et subiront une batterie de contrôles tout au long de leur cycle de fabrication.

Tous ces outils sont exportés pour les trois-quarts et le dernier quart est celui du marché suisse. Pour assurer une bonne réactivité et aussi pour des raisons économiques et de devises, DC Swiss dispose de 3 sites de ventes en Europe qui assurent aussi le service clients, celui de Cologne en Allemagne qui est le stock pour le marché européen, celui de Rho en Italie et celui de Sheffield au Royaume-Uni.

Les principaux marchés de l’entreprise sont l’Union Européenne et le marché national avec de forts potentiels vers les marchés américains, russes et chinois.

La proximité avec ses clients, la connaissance des marchés locaux, un service et des conseils dans la langue maternelle de l’utilisateur et un outil qui ne met pas plus de 24 heures du stock à la machine sont essentiel pour DC. Avec 3 filiales européennes judicieusement implantées dans des zones à fort potentiel industriel, DC est à même de s’adapter aux marchés de chaque région et pays car chacun d’eux a ses spécificités bien particulières.

Toujours selon Pascal Forrer, « Le marché en Lombardie est très spécifique, c’est un marché très local où nous travaillons à presque 90% avec des revendeurs, qui eux traitent un rayon d’environ 30 km. La vente est donc très personnelles et il était important pour nous de pouvoir épauler cette revente avec des techniciens sur place, en Italie, pour nous assurer que nos produits disposent du même support de qualité qu’ici en Suisse »

En 75 ans la petite entreprise familiale est devenue une holding internationale tout en gardant ses racines dans la vallée de Tavannes car tous les outils DC vendus à travers le monde sont entièrement finis à Malleray. Cela assure au fabricant la maîtrise complète du contrôle qualité de ses outils.

Cette production 100% suisse c’est avant tout l’identité historique du fabricant mais surtout la marque de qualité qui accompagne les outils DC depuis la création de l’entreprise en 1940.

Une gamme complète d’outils pour toutes les applications

DC Swiss est le spécialiste de la technologie des filets, il ne s’est jamais dissipé en produisant autre chose que des tarauds et des filières mais il a étendu son savoir-faire à tout l’ensemble des éléments et outillages qui interviennent dans la production de filetages.

Actuellement le catalogue du fabricant, fort de 6000 références, embrasse l’ensemble des outils nécessaires à la production de filetage avec des tarauds coupants en HSS ou en carbure, avec système de brise-copeaux, à refouler, synchrones, des fraises à fileter et à tourbillonner, des filières et des jauges, des mandrins de taraudage, tourne-à-gauche, porte-filières, rallonges, etc..

Aujourd’hui DC propose une solution pour toutes les opérations de filetage et cela pour tous les pas existant, M, MF, UNC, UNF, UNEF, G, W, NPT, PG, TR, NIHS.

Sa gamme actuelle regroupe 4 de lignes de produits, la ligne basique qui comprend des tarauds de 3 à 16 mm les fameux « tarauds noirs », la ligne technologique qui englobe tous les tarauds compris entre 0.3 et 160 mm, une ligne de production croisée qui englobe le reste de la production DC et une ligne entrée de gamme dénommée FIT pour les marchés étrangers où le prix est un facteur impératif pour conclure une vente.

Filetage par taraudage

Parmi ces outils, les tarauds coupants sont la base de la production du fabricant. Ils sont disponibles, hors gamme Nano, à partir de M1 jusqu'à M160 pour les gros tarauds à couronne. En HSSE ou HSS-PM ils peuvent être non revêtus ou alors profiter d'une des multiples solutions proposées par DC comme un revêtement TiN, TiCN, DLC, Hardlube ou une nitruration plasma. Des rainures droites ou hélicoïdales, des entrées courtes ou longues, des filets alternés ou tronqués, canaux de lubrification avec sortie(s) frontale ou radiales, queue renforcée ou passante, etc... Presque toutes les configurations existent et si malgré cela l'oiseau rare ne se trouve pas au catalogue, DC le fabriquera selon les besoins du client dans des délais très court.

Les tarauds avec brise-copeaux et goujures droites introduits en 2011 ont permis d’augmenter de manière significative la sécurité du processus de taraudage pour les opérations à hautes performances et les taraudages profonds. En effet la fragmentation des copeaux permet l’utilisation de ces outils pour des opérations de taraudage traversant mais surtout borgne avec l’avantage d’une solidité accrue par rapport aux outils à rainures hélicoïdales et une très bonne évacuation des copeaux par le haut grâce à la lubrification centrale de l’outil.

Le catalogue du fabricant comporte encore des tarauds coupants synchrones optimisés pour les opérations de taraudage rigide pour les machines disposant d’une broche synchronisée.

Les tarauds à refouler sont bien sûr une part importante du volume de vente de DC, ils cumulent énormément d’avantage, le premier étant l’absence de coupeaux vu que les filets sont générés par déformation, le même outil peut être utilisé autant pour des opérations de taraudage traversant que borgne. L’écrouissage à froid de la structure du matériau sur les flancs et dans le fond du filet augmente la résistance aux efforts des composants fortement sollicités. Les erreurs d’angles sur les flancs par rapport aux tarauds coupants sont éliminées car le matériau se déforme sans jeu au niveau du flanc de l’outil.

Tout bon taraudage, même exécuté avec une machine moderne et précise équipée d’une broche synchronisée devrait se faire par l’intermédiaire d’un mandrin de taraudage pour plusieurs raisons. Par nature l’avance du taraud dans la matière se fait par son propre pas mais pas lorsque ce dernier est serré de manière totalement rigide. L’erreur de synchronisation entre la broche et l’avance - car erreur il y a toujours même minime - génère des tensions dans l’outil et une erreur de pas plus ou moins importante.

Voilà pourquoi DC propose une gamme complète de mandrins de taraudage avec compensation axiale et verrouillage rapide. Le fabricant préconise de les utiliser systématiquement pour toutes les opérations au taraud.

Le dernier grand domaine dans lequel DC Swiss a beaucoup investit et celui des jauges de contrôle car tout bon filetage doit pouvoir être mesuré de manière fiable et rapide. Les jauges tampons filetées pour les taraudages ou les jauges bagues pour les filetages extérieurs sont bien sûr disponibles en version simple ou double, passe et passe pas.

Filetage par fraisage

Les fraises à tourbillonner en métal dur monobloc lancées en 2010 sous la dénomination GW (Gewindewirbeln) font maintenant partie des outils standards pour l’exécution de filetages avec des avantages importants par rapport aux classiques fraises à filetées. Ces dernières ont l’avantage du temps de cycle le plus court car elles ne nécessitent qu’une révolution pour générer le filetage mais la hauteur de ce dernier est limité par la longueur de la fraise et les efforts de coupe sont plus important qu’avec un tourbilloneur. DC propose aussi des fraises à fileter qui permettent de percer, chanfreiner et fileter avec le même outil, elles sont particulièrement conseillées là où une productivité maximale est recherchée. La fraise à tourbillonner nécessite de faire autant de révolutions qu’il y a de filets sur toute la longueur filetée désirée mais les efforts de coupe sont grandement réduits. Elle permet entre autre d’exécuter des filetages jusqu’à 4 x D et à partir de très petits diamètres, le plus petit étant 0,3 mm ! Le premier avantage des outils pour le fraisage de filets sont la possibilité de faire plusieurs passes pour soulager la machine et l’outil d’autant plus dans les matériaux les plus coriaces ou encore les aciers traités jusqu’à 63 HRC. Le second est la possibilité de faire avec le même outil des filetages extérieurs comme intérieurs de diamètres quelconques. Le troisième avantage est la possibilité de régler indépendamment la vitesse de coupe et l’avance ainsi que de pouvoir fraiser des filets avec des coupes interrompues. En termes de coût la fraise à tourbillonner est l’option la plus intéressante et c’est devenu une part importante du programme de vente de DC Swiss.

Trouver l'outil approprié rapidement et facilement

Le choix de l’outil le plus adapté pour une opération donnée n’est pas forcement dès plus simple mais le nouveau site internet du fabricant (www.dcswiss.com) est un outil de travail simple et très performant. Le site de DC a déjà été primé il y a quelques années par un Swiss Web Award pour son moteur de recherche novateur qui a été complétement revu et amélioré. Il dispose de 3 puissants moteurs de recherches, le Quick Finder qui permet la recherche par groupe de matière, par numéro d’identification ou par désignation. Le Task Finder permet lui une recherche par type d’outils, tarauds coupants, à refouler ou par fraisage et le Tool Finder propose une recherche dans toute la gamme de produits du fabricant.

Le Task Finder permet en 3 clics de trouver l’outil adapté avec 3 questions simples : Choix de la méthode ? - coupe, déformation, fraisage - Type de matière à usinée et diamètre et pas désiré. La recherche assistée par matière est un moyen convivial pour trouver l’outil approprié en fonction du matériau à usiner grâce à la base de données référencées aux normes DIN et ASTM.

Une fonction très pratique est la génération du programme CNC en code G pour le fraisage de filets. Parfaitement adapté à l'outil DC sélectionné c'est un gain de temps et l'assurance d'utiliser son outil dans les meilleures conditions. Le webshop permet de commander ses outils directement sur le site internet et de pouvoir vérifier sa disponibilité et son prix en temps réel.

Mais le catalogue papier reste très important pour DC car beaucoup de clients le préfère à l'atelier par rapport à un support dématérialisé. Il dispose de toutes les données essentielles à la recherche comme à l'utilisation d'un outil DC et son prix y est aussi indiqué. C'est pourquoi DC s'engage à ne pas changer ses prix durant toute la durée de vie du catalogue soit 3 ans. Ils sont imprimés à 40'000 exemplaires en français, allemand, italien, anglais, espagnole, russe, polonais et chinois.

En 2013 le fabricant a introduit le système EDI (External Data Interchange) qui est le pont entre 2 systèmes informatique ERP. Cela permet au client qui travaille sur son masque ERP de taper sa commande sur son système et en un clic de transférer cette dernière directement sur le système de DC qui automatiquement généra un ordre de préparation de commande au stock sans aucune intervention humaine.

DC fait le maximum pour simplifier la vie de ses clients mais dans le domaine de la technologie des filets même le plus aguerri des professionnels peut avoir besoin de conseils. C'est pour cela qu'une équipe de techniciens est toujours à disposition de la clientèle pour répondre aux demandes les plus complexes. Elle propose aussi des formations ou se déplace sur site pour analyser le problème rencontré par l'utilisateur.

Le service client est primordial chez DC, « Dans le domaine industriel on croit trop souvent que la vente s’arrête une fois que la facture est imprimée, chez DC elle commence à ce moment-là » nous dit Pascal Forrer et de continuer par « Nous attachons énormément d'importance au service client. Je ne peux pas partir du principe qu'un client achète un outil chez nous et doive aller chercher les paramètres de coupe dans le catalogue ou sur notre site internet. C'est à nous de les lui fournir sous la forme la plus légère possible, par téléphone ou sous la forme d'un technicien qui se déplace sur site »

Fabrication d’un taraud

L’usine DC de Bévilard ouverte en 1999 fournit toutes les ébauches à l’usine de Malleray. Les tarauds ébauchés arrivent décolletés prêt pour la trempe. Cette manière de procéder permet une très grande flexibilité et une très bonne réactivité, que ce soit pour la fabrication d’outils spéciaux ou pour une importante série dépassant la capacité d’outils finis en stock. La première opération avant de commencer la réctification du taraud est la trempe. DC dispose pour cela de 2 fours de trempe qui permettent de tremper l’ensemble des outils en HSS. Le premier contrôle s’effectue juste après l’opération de trempe avec une mesure de dureté des ébauches. « Il serait ridicule d’envoyer un outil à la rectification sans être sûr que la trempe se soit correctement déroulée » nous explique Pascal Forrer. Les ébauches trempées sont ensuite rectifiées centerless, redressées, le carré d’entrainement est lui aussi rectifié. Ces ébauches permettront de fabriquer tous types de tarauds, elles sont stockées dans le « Stock EB » en attendant d’être utilisées selon les besoins. Ce stock comprend aussi les ébauches en carbure monobloc. De là commence la rectification de l’outil, s’il s’agit d’un taraud coupant les goujures sont meulées en premier, droites ou hélicoïdales selon le type d’outil. Ces outils peuvent soit continuer leur cycle de fabrication ou alors être stockés dans le stock de produits semi-finis rainurés, le « Stock SFR ». Les outils qui continuent leur cycle de fabrication se voient rectifier leurs filets, leur entrée, courte ou longue, avant de passer au contrôle dimensionnel et visuel. Des contrôles drastiques sont effectués tout au long de la fabrication des outils, il y a les contrôles dimensionnels, généralement toutes les 10 pièces mais aussi et surtout les contrôles visuels. En effet des cotes dimensionnelles dans les tolérances ne sont pas suffisantes, il faut aussi s’assurer que l’outil n’a pas été « brûlé » lors du meulage ou qu’une surcoupe n’a pas endommagé l’entrée par exemple. Plusieurs petites mains s’affairent devant leur binoculaire pour contrôler chaque outil individuellement, seul moyen de garantir une conformité parfaite.

A ce stade les outils ne sont pas encore terminés, presque mais pas tout à fait. Se sont maintenant des outils semi-finis qui rejoindront le «Stock SF». Pour pouvoir être utilisés ils doivent encore passer par l’ébavurage mais surtout leur arrête de coupe doit être conditionnée. Cette opération est essentielle et dépend de la nature du matériau à tarauder, les outils semi-finis pourront être utilisés dans plusieurs types de matières différentes selon la préparation de leur arrête de coupe. Ensuite ils sont marqués au laser, en plus des données liées directement à l’outil, le numéro de lot est aussi marqué, cela permet à DC de tracer ses outils et en cas de problème d’identifier le lot non-conforme rapidement et sans risques d’erreur. Il ne reste maintenant qu’une opération optionnel, le revêtement de surface ou alors le polissage selon le modèle de taraud. Mis à part le traitement vapeur «V» fait en interne, cette opération est sous-traitée chez des spécialistes du revêtement de surface. Il reste encore à passer un contrôle visuel final avant le conditionnement dans une boîte étiquetée et de pouvoir ainsi rejoindre le stock des produits finis, le «Stock PF». Tous les outils qui ont atteint ce stade sont prêt à être vendu, ils ont été contrôlés, recontrôlés et rerecontrôlés. Il est essentiel pour DC de pouvoir garantir que 100% des outils qui sortent de son usine soient parfaitement conformes et c’est le cas.

Dc travaille avec des machines suisse Rollomatic. Le choix de ce fabricant n’est pas un hasard, hormis le fait que Rollomatic fabrique des machines de très grande qualité, c’est sa grande expertise dans le domaine des machines de rectification et d’affûtage pour les outils coupants qui ont fait pencher la balance. En effet les autres acteurs du marché sont beaucoup plus diversifiés et leur offre de rectifieuses dédiées à la fabrication d’outillage sont marginales ou ne profites pas des dernières évolutions technologiques. Car pour DC maitriser totalement la phase de fabrication est plus qu’essentiel et son partenariat avec Rollomatic lui permet de travailler avec des machines parfaitement adaptées à sa production. Les machines fournies à DC répondent à un cahier des charges très précis parfaitement optimisé pour la fabrication de tarauds. Le partenariat entre les 2 entreprises n’est pas près de se terminer comme nous l’explique Pascal Forrer « Nous avons trouvé avec Rollomatic un partenaire sérieux qui dispose d’une longue expérience et surtout à même de répondre à toutes nos demandes relatives à notre domaine de production. Nous ne voulons pas prendre le risque d’acheter des machines chez un fabricant plus généraliste qui ne peut pas nous garantir qu’il continuera de fabriquer des machines dédiées à l’outillage dans 5 ou 10 ans. Seul Rollomatic peut nous fournir la machine qu’il nous faut, selon nos spécifications, assurer son entretien, la faire évoluer dans le temps et nous faire profiter des dernières évolutions disponibles. » Toutes les machines fonctionnent à l’huile de coupe, DC a mis en place un système de centralisation des fluides de coupe situé au sous-sol de son usine. Cela permet lors du renouvellement du fluide coupe de ne pas devoir arrêter les machines une par une et de ne pas devoir compléter le remplissage machine par machine.

Le laboratoire de test

Dc dispose bien-sûr aussi d’un laboratoire de test équipé avec un centre d’usinage DMG-MORI moderne et d’une taraudeuse manuelle hydraulique Gamor pour les gros outils. Le centre d’usinage sert à tester tous les tarauds de taille « normale » dans les meilleures conditions possibles, y compris les micro-outils de la gamme Nano. Mais aussi les tourbillonneurs et les fraises à fileter qui demandent de pouvoir interpoler sur 3 axes. Les tarauds sont bien-sûr montés dans un mandrin de taraudage DC pour leur permettre de travailler dans les meilleures conditions possibles et disposer d’un arrosage centrale haute pression. C’est ici aussi que les nouveaux outils sont testés, ils sont poussés au maximum de leur performance dans une palette extrêmement variées de matière différentes. Les processus d’usinage sont étudiés sous toutes les coutures pour les rendre encore plus sûrs. La performance est une chose mais la sécurité du processus de fabrication est toute aussi importante surtout avec des pièces unitaires coûteuses qui sont déjà passées par de longues heures d’usinage ou lors de l’utilisation de matières précieuses. La grosse taraudeuse manuelle se voit elle confiée les essais des tarauds de grand diamètre dans une configuration on ne peut plus standard où l’avance de l’outil est générée par le propre pas du taraud. A ce sujet, maintenant les tarauds couronne de grand diamètre voient leur tête démontable, ils ne sont plus monobloc mais constitués d’une tête et d’une queue amovibles. Ce laboratoire est aussi équipé d’un système de visionnement par caméra Keyence avec de très importants facteurs grossissants. Généralement les pièces de test sont sacrifiées et coupées à l’axe du taraudage pour pouvoir contrôler la géométrie du filet, l’état de surface et toutes les données essentielles à la bonne performance de l’outil. D’autres contrôles encore plus pointus sont effectués dans ce laboratoire comme des contrôles de la structure même du matériau constituant l’outil. Un scanner est aussi à disposition, il permet après avoir scanné l’outil d’observer sa copie en 3 dimensions sur un écran à l’aide de lunette 3D semblables à celles que l’on pourrait utilisées lors de la projection d’un film en relief. Cela permet grâce aux subtiles différences de contraste de voir ce qui ne peut pas être détecté avec un microscope à cause des reflets de la lumière sur les surfaces brillantes comme de légères surcoupes de la meule.

Encore un bel avenir en perspective

Le taraud, la fraise à fileter ou encore le toubillonneur ont encore de beaux jours devant eux. Tant que la fabrication additive n’aura pas remplacée l’usinage par enlèvement de copeaux et que le montage vissé existera, la technologie des filets restera la seule et unique solution pour assembler plusieurs éléments de manière démontable. Voilà 75 ans que DC fait partie du paysage industriel suisse et cela risque de continuer longtemps encore. Depuis l’invention de la vis, 2500 ans avant J.C. comme simple élément décoratif sur des bijoux, des outils et des armes elle est devenue essentielle au fonctionnement de beaucoup d’objets qui côtoient notre quotidien. Nous sommes déjà plusieurs générations à avoir travaillé avec des outils DC et il ne fait aucun doute que cela continuera encore avec les suivantes. Un bon gruyère est fabriqué en Gruyère, un bon taraud est fabriqué à Malleray et aucun utilisateur d’outils DC ne viendra contredire cela. <<

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