Interview - Samuel Vuadens, CEO de Mecatis SA et futur président du GIM-CH

« Industrie 4.0 », le virage à ne surtout pas manquer !

| Auteur / Rédacteur: Propos recueillis par : Gilles Bordet, MSM / Gilles Bordet

« Industrie 4.0 », le virage à ne surtout pas manquer !
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« Industrie 4.0 », le virage à ne surtout pas manquer ! (Image : GIM-CH)

Samuel Vuadens est CEO de la société MECATIS SA, spécialisée dans l’engineering, la fabrication, l'industrialisation et la maintenance de produits industriels.

Elle se démarque par ses deux localisations : Isérables et Lausanne, mais surtout par sa volonté de proposer l’ensemble des compétences nécessaires pour maîtriser des installations et machines.

Pour Samuel Vuadens, « Industrie 4.0 » n'est ni une vue de l'esprit, ni une mode passagère, mais bel et bien l'avenir de l'industrie et pour MECATIS, une réalité quotidienne.

Cependant, nous nous intéressons aujourd’hui à sa 2ème casquette, à savoir, son poste de président du GIM-CH (Groupement Suisse de l'Industrie Mécanique). Élu début juin au poste de Président du GIM-CH, il prendra officiellement ses fonctions au cours du mois de novembre et, en attendant, il se familiarise avec ses nouvelles responsabilités en profitant des conseils avisés de l'actuel président, François Schoch (CEO de First Industries).

Ce dernier remettra officiellement les rênes du GIM-CH à Samuel Vuadens lors de l'assemblée générale de novembre 2016.

C'est lors du salon EPHJ-EPMT-SMT que la rédaction du MSM a rencontré Samuel Vuadens qui s'est gracieusement prêté au jeu des questions-réponses.

MSM :Quelles sont actuellement vos activités au sein du GIM-CH ?

Samuel Vuadens : Je suis membre du comité depuis 2007 et représente le GIM-CH à l’association faîtière Swissmechanic. Je donne également une quarantaine d’heures de cours aux Experts en production (ancienne Maîtrise Fédérale du mécanicien) pour l'obtention de leur brevet.

Les sujets que j’enseigne sont les flux nécessaires au fonctionnement d’une entreprise. lls doivent maîtriser et comprendre l’entier des éléments qui composent une entreprise industrielle (de la vente jusqu'à la facturation, en passant par la production et la logistique).

MSM : Et dans la pratique comment cela se passe-t-il ?

Samuel Vuadens : Nous utilisons un logiciel « open source » qui leur permet de travailler en binôme en créant leur entreprise témoin. De cette façon, ils peuvent simuler des scénarios variés sans risques et ainsi se familiariser avec l’utilisation d’un progiciel ERP. (« Enterprise Resource Planning », logiciel de gestion intégré).

Ils sont les patrons de leur propre entreprise et doivent réussir à gérer la production de leur produit, sans oublier de facturer ! Un vrai challenge !

MSM : Le GIM-CH dispose aussi d'un centre de formation à Mex. Quelles y sont vos responsabilités ?

Samuel Vuadens : Je ne m'occupe pas à proprement parlé du Centre de formation, c'est Monsieur Christophe Dumoulin, Directeur de Program SA, aidé par un comité de formation et un directeur opérationnel, qui en est responsable au nom du GIM-CH.

Nous développons très activement la formation professionnelle et la formation continue. Il a mis sur pied des CIE (cours interentreprises) pour les apprentis de l’industrie des machines et d’autres professions apparentées à celles de la mécanique de précision : polymécaniciens, mécaniciens de production, automaticiens, monteurs-automaticiens, électroniciens, constructeurs d’appareils industriels et dessinateurs-constructeurs.

En tant que Président, je veux promouvoir tout ce qui est orienté innovation et qui permettra à nos jeunes d’être alignés avec les besoins de l'industrie. Je n’ai aucun doute sur le fait que nous travaillons de plus en plus en collaboration avec des robots et des systèmes automatisés et nous devons en priorité avancer dans cette direction.

MSM : Comment envisagez-vous cette transition vers le tout (ou presque) robotisé ?

Samuel Vuadens : En tout premier nous aurons toujours besoin de polymécaniciens et d'automaticiens au sein des industries. Il faudra toujours des gens compétents qui savent utiliser leurs mains pour produire et maintenir de la valeur physique… Les objets ne sont pas composés de bits! La maîtrise de ces systèmes complexes va demander d’avoir des gens capables aussi bien avec leur main qu’avec leur tête. La formation a donc un rôle extrêmement important. Je pense aussi que les professions de l'industrie MEM deviendront très sensibles à l'informatique et à l’internet des objets. A ce titre, nous devons amener des informaticiens dans nos industries.

MSM : Alors comment s'y prend-t-on ?

Samuel Vuadens : Par exemple, je trouverais intéressant de pouvoir disposer de polymécaniciens ou d'automaticiens qui, après leur cursus classique débouchant sur un CFC, continuent leurs études vers une HES en informatique. Mais la bonne question à se poser est : Qu'est-ce qu’est vraiment «Industrie 4.0 » ? Ce n'est pas l'automation qui existe depuis les années 70, mais bel et bien l’avènement de la cyber-physique qui permet à l’informatique de prendre le contrôle d’entité physique. Ce qui sous-entend l’utilisation de toute une mosaïque de technologies comme le big data, l’internet des objets, la cybersécurité, le cloud, la fabrication additive, les véhicules autonomes, la robotisation,... Au vu de cette énumération, on comprend bien qu’une transformation importante de la société est en cours.

MSM : Depuis le début de cette année les industriels ont été énormément sensibilisés à ce concept de l’industrie 4.0. Mais, concrètement, comment aller de l’avant ?

Samuel Vuadens : Un nouveau cycle disruptif est en cours et il y a trois grands types d’applications qui permettront des gains de productivité. L'exploitation du big data et du cloud qui va faciliter la communication intra et inter-entreprise et permettre l'émergence de la sur-traitance.

Ensuite, les objets connectés qui vont permettre de récupérer, stocker, transférer de multiples données favorisant ainsi la maintenance, l’exploitation automatique et l’optimisation de charge et des processus via des relevés. Et enfin, la robotique sujet que nous avons déjà abordé.

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