Manufacture 4.0, l'avenir est en marche

L’âge de l'économie digitale

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

L'humain ne doit pas tourner le dos à la technique mais assumer ses dangers et exploiter ses atouts notamment une intégration supérieure.
Galerie: 8 photos
L'humain ne doit pas tourner le dos à la technique mais assumer ses dangers et exploiter ses atouts notamment une intégration supérieure. (Image: JR Gonthier)

>> Premier article d'une série sur le thème générique de la Manufacture 4.0 et concoctée conjointement par Xavier Comtesse, mathématicien et informaticien et Florian Németi, économiste, Directeur de la Chambre neuchâteloise de Commerce et de l'Industrie. Robot/bot, download/upload, différé/streaming, venture/crowdfunding, Start-up/Net-up, classes sociales/réseaux sociaux, médias/médias sociaux, économie/économie directe ou partagée, data base/big data, stock/flux, mémoire/cloud, statistique/datamining ou data analytics, algorithmes/machine learning, gouvernance/data-driven-gouvernance, sous-traitance/sur-traitance, consommateur/consom'acteur, diagnostic/quantified-self...etc.

De quoi parle-t-on au juste lorsque l’on emploie tout ce vocabulaire? Si de nouveaux mots apparaissent, sont-ils annonciateurs d’un nouveau monde ou témoignent-ils seulement d’effets de mode ? Avec le vocabulaire qui change nous pressentons cependant bien que de nouvelles formes sociétales et économiques émergent et donc il est normal que nous nous interrogions sur ce que nous croyons anticiper sous ces mots nouveaux et les arrangements organisationnels et transformationnels qu'ils préfigurent.

A défaut de boule de cristal pour éclairer l’horizon, si l’on suit simplement le chemin qui conduit de l'usage des mots aux concepts, nous voyons apparaître de nouvelles catégories et se dévoiler de nouvelles formes sociétales qui leur sont associées.

Ainsi, cette juxtaposition de mots anciens et nouveaux nous donne immédiatement un sentiment de rupture entre deux mondes, et projette devant nous une première image intuitive de ce qui s’annonce un nouveau monde. Ces oppositions entre termes et la mesure de ce qui les sépare projettent en quelque sorte un halo de lumière sur ce qui advient.

Définition...

Par exemple, avec la différence entre «robot» et «bot». Robot renvoie à une machine qui exécute des tâches programmées et automatisées (de la mécanique + des algorithmes). Les bots sont dématérialisés, connectés à l'Internet des Objets (IoT) et « voyageurs ». Un botest « un programme informatique autonome supposé intelligent, doué de personnalité, et qui habituellement, mais pas toujours, rend un service ».

L’inventaire que l’on peut dresser des changements de catégories et des concepts sous jacents à cette opposition (de l’un à l’autre des échelles différentes, ici du matériel et du code, là rien que du code, etc.) nous permet d’affiner notre regard et par là notre intelligence des phénomènes.

Pour compléter ce thème
 
Résumé de l'article

L’exploration systématique des oppositions terminologiques évoquées ci-dessus (et d’autres qui surgissent au gré de l’actualité) s’avère ainsi pleine d’enseignement pour réinterpréter ce que nous faisons et reconsidérer notre environnement pour l’action.

Une entrée sur l’économie

Si l’on repart de la schématisation désormais classique de l’organisation économique à l’ère de l’Internet, nous avons grosso modo deux modèles qui s’articulent entre eux: l'un est structuré de manière horizontale avec des relations de type Business to Business, entre entreprises; et l'autre est structuré verticalement en Business to Consumer, en d’autres termes: ce sont des entreprises en contact direct avec les clients.

Dans ce second modèle, on trouve des groupes verticalisés qui ont regroupé sous une seule entité la R&D, la production, la logistique, etc., et la vente directe au client (boutique, Internet) en achetant notamment la sous-traitance et la distribution. On y trouvera par exemple, des groupes horlogers comme Richemont ou technologiques comme Samsung.

Cette représentation, pour sommaire qu’elle soit, a l'avantage de mettre en lumière le rôle de chacun. Dans le B to B, ce sont les processus de sous-traitance (fournisseurs, logistique, etc.) qui tiennent le rôle principal. Dans le B to C ce sont les processus d’intermédiation commerciales qui sont clé: les commerçants et intermédiaires qui sont placés entre le producteur et le consommateur, occupent le devant de la scène. Ces deux modèles et leur écosystème sont soumis à de très fortes tensions du fait de l’évolution naturelle des usages sociaux des technologies et de la capacité de certains acteurs novateurs à orchestrer ces usages sociaux.

Ajouter un commentaire

copyright

Ce texte est protégé par les droits d'auteur. Si vous désirez l'utiliser pour des besoins personnels veuillez consulter les conditions suivantes sur www.mycontentfactory.de (ID: 43806247 / Tendances)