Addition plutôt que soustraction de matière

Semaine de la nouvelle révolution industrielle

| Rédacteur: Jean-René Gonthier

Semaine de la nouvelle révolution industrielle
Semaine de la nouvelle révolution industrielle (Image: SWISS CREATIVE CENTER)

>> La fabrication actuelle se base sur la soustraction de matière. La nouvelle ère qui débute passe par l’addition, un changement de fond en comble qui remet en cause notre manière de voir la production.

Historiquement, l’industrie usine la matière première en la forgeant, la pressant, la décolletant, la perçant, la limant, etc. à l’aide de machines-outils. En somme, l’industrie soustrait de la matière à la matière pour obtenir des pièces, des éléments, des objets, des outils, puis par assemblage des machines et des systèmes. Désormais, la «nouvelle» révolution industrielle va consister à additionner de la matière à la matière pour obtenir les mêmes éléments jusqu’ici trop complexes ou impossibles à réaliser par soustraction comme par exemple des pièces contenant des cavités entièrement closes.

Additionner plutôt qu'éliminer...

Pour schématiser cette révolution, on passe donc de l’ère de la soustraction à celle de l’addition. Pourtant ce n’est pas seulement un changement de forme, mais bien de fond car les techniques, méthodes, approches, savoirs et inventions vont prendre une toute nouvelle orientation.

C’est du même ordre que le passage du mode analogique en numérique pour l’audio, la photo ou la vidéo. Au début, on a eu tendance à banaliser ce changement de procédé pour transporter et stocker des données mais bien vite on a vu apparaître de nouveaux formats (MP3), de nouveaux appareils (iPod) puis de nouvelles applications (YouTube et la radio digitale) et d’un coup, on doit faire face à un nouveau monde où par exemple, les anciens «majors» de la musique sont remplacés par Apple, YouTube ou Radio Paradise!

L'avenir est déjà là

Voilà à quoi on peut s’attendre à moyen terme, mais pour l’heure, nous devons juste réfléchir à ce bouleversement et décider des moyens stratégiques à mettre en place pour faire face à cet enjeu.

Aujourd’hui, l’apparition récente d’un appareil bon marché, facile d’usage et aux normes FFF (Fused Filament Fabrication) comme l’imprimante 3D va nous permettre de changer la donne. Elle utilise des filaments plastiques qu’elle superpose couche par couche pour reproduire n’importe quelle forme 3D.

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Elle est accessible à tout un chacun et s’est vendue par milliers de par le monde. On devrait s’attendre à ce que le nombre de ventes atteigne le million d’ici deux ans.

Aujourd’hui, ce sont les ingénieurs, les designers, les créatifs qui s’en emparent dans de nouveaux lieux appelés FabLab, TechShop ou Creative Center, mais également des secteurs comme l’aéronautique, l’automobile, la téléphonie ou la médecine, ont déjà franchi le pas. L’enjeu pour l’essentiel se situe dans la multiplication de ces centres de fabrication additive. Le Président Obama l’a bien compris en proposant la création de 15 centres aux États-Unis, sauf qu’il en faudrait un dans chaque ville américaine et donc des centaines voire des milliers, pour pouvoir réellement faire la différence.

En Suisse, plusieurs centres existent depuis quelques années, dont les précurseurs se trouvent à Neuchâtel (Le Swiss Creative Centerou fablab de Neuchâtel) et Lucerne (FabLab Luzern). Conçus autour du concept de FabLab, ils expérimentent de manière encore confidentielle avec des entreprises locales, la conception d’objets additifs.

Là aussi, le Parlement mais aussi le gouvernement suisse à travers la CTI (Commission pour la Technologie et l’Innovation) n’ont pas encore pris conscience de ce bouleversement. Pour l’heure, la seule proposition en cours est la création de parcs d’innovation dont le concept est de prendre en compte les mètres carrés plutôt que l’intelligence au carré. Cette concentration de petits lieux informels ou plus officiels permettant de mieux maîtriser cette fabrication additive devrait faire l’objet des priorités de nos politiciens car il est impératif de ne pas rater le prochain tournant économique. <<

Auteur: Xavier Comtesse

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