Qualité sans défauts et haute valeur ajoutée, tels sont les caractéristiques des millions de pièces sortant de la production de l'entreprise Adatis à Martigny

Injection et assemblage robotisé haut de gamme

| Auteur / Rédacteur: Jean-René Gonthier / Jean-René Gonthier

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(Image: JR Gonthier)

L’entreprise Adatis est implantée dans la zone industrielle de Martigny. Elle appartient au groupe Adduxi fondé en 1996 par Alain Palisse. Un groupe français implanté à Oyonnax dans la vallée du plastique dans le département de l’Ain.

Ce groupe, dont la spécialité est la fabrication de pièces techniques de précision par injection de haute qualité, compte plus de 300 employés et a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de presque 60 millions d’euros. Adatis, sa filiale valaisanne emploie plus de 60 collaborateurs. Elle a ceci de particulier de manager en son sein l’ensemble des projets d’automatisation du groupe. En effet une petite équipe de trois personnes gère ce bureau d’étude très particulier proposant à l’ensemble du groupe les recettes d’automatisation ayant bien fonctionné. C’est donc eux qui choisissent avec les sous-traitants les meilleurs composants et robots, les font cohabiter et les mettent en service sur les multiples centres de production du groupe. Ainsi le bureau d’études des machines spéciales du groupe est à Martigny et implante des installations tant en Allemagne qu’aux Etats-Unis.

MSM: Il est très étonnant qu’une petite entreprise telle que la vôtre appartienne à un groupe français. On rencontre plus souvent le contraire, soit une firme suisse, délocalisant sa production à l’étranger auprès d’un partenaire ou d’une succursale...

Vincent Grasset: «Adduxi, malgré son ampleur reste une entreprise familiale avec une production exportatrice et principalement axée vers l’industrie automobile. Ainsi ce n’est donc pas une surprise de voir qu’Adduxi a des centres de production en Allemagne, en France, en Espagne et à Detroit aux Etat-Unis, quatre pays producteurs de véhicules».

Et cette année de nouveaux développements commerciaux verront le groupe Adduxi s’ouvrir d’autant plus aux Etats-Unis et au sein de la zone NAFTA. Une politique d’extension ayant déjà débuté en 2015 avec des collaborations étroites avec la « co-entreprise » Mie Metal en Asie.

MSM: Monsieur Grasset, que signifie ADATIS?

Vincent Grasset: Cela vient de l’hindi et représente un voile extrêmement fin que portent les femmes. Cela représente en fait le coté extrêmement fragile et délicat d’implanter, pour un groupe français, une entreprise en Suisse. Tout un symbole qui avec le temps n’a plus sa raison d’être car notre société se porte le mieux du monde.

Le pourquoi d’une implantation à Martigny

La filiale suisse est importante pour ce groupe d’industries car elle a été fondée une année après le lancement du site AdduXi S.A.S en France. Elle a été implantée à Martigny car lors de son installation cette entreprise a bénéficié de facilité d’implantation en termes de baisse d’impôts de la part de la Commune de Martigny et de l’Etat du Valais à destination des entreprises étrangères. Et désormais cette entité montre que la qualité suisse n’est pas une utopie mais une réalité quotidienne.

Les produits fabriqués

La grande spécialité maison est de produire pour l’automobile imposant de fait une qualité hors norme sur des produits à forte valeur ajoutée produite par millions d’exemplaires. Dans le groupe les séries de plus de 10 millions de pièces identiques sont courantes alors qu’à Martigny les plus grandes séries avoisinent les 3 millions de pièces.

  • Il s’agit de pièces en plastique injectées,
  • des pièces surmoulées,
  • des pièces en matière synthétique comportant plusieurs matières au sein de la même pièce,
  • des bobines y compris le bobinage, le surmoulage et l’encapsulation,
  • des connecteurs devant assurer une connexion électrique, avec une partie isolante et une étanchéité parfaite, dans ce cas l’ensemble de ces paramètres est controlé sur chacune des pièces produites,
  • et aussi des pièces incluant du silicone.

Des exigences drastiques

Ce sont donc de très grandes séries de pièces pouvant aisément justifier des installations de production automatisées où il faut également assurer le contrôle en continu, dimensionnel par caméra sans contact, rigidité diélectrique ou mesure par palpage ou encore étanchéité d’une surface. Ainsi dans la plupart des séries produites, l’ensemble des pièces est testée, notamment pour les aspects critiques tels que teste de fuite ou résistance électrique par le passage de forts voltages (500 Volts). De plus l’historique complet de la fabrication est conservé car il est évident que le groupe est certifié ISO 9001, 14001, 18001 sur tous les sites.

Selon Vincent Grasset ingénieur du bureau d’étude des machines spéciales, le défaut est en principe à exclure de toute pièce entrant dans un véhicule, soit «zéro défaut par millions de pièces », ce qui signifie que la totalité des pièces doivent être «ok» jusqu’à la fin de la durée de vie du véhicule!

Une partie est sous-traitée...

Du point de vue de la mise en production, les outillages tels que moules sont sous-traités en France ou en Allemagne et les pièces métalliques insérées sont également réalisées en sous-traitance et acheminées à Martigny sous forme de bandes. Pratiquement l’ensemble de la production (+de 99%) est dédiée aux équipementiers de l’industrie automobile.

Courte entrevue avec Vincent Grasset

MSM: Pourquoi avoir choisi le fournisseur Stäubli Robotics pour automatiser votre fabrication?

Vincent Grasset: En 2006-2007, nous avons fait une démarche visant à réduire le nombre de fournisseur en les testant tous. En matière de robotique, deux fournisseurs sont restés en lice, il s’agit d’ABB et de Stäubli Robotic. Ils ont été mis à l’épreuve au travers de programmations internes. Et finalement au vu des requis en terme de précision et de vitesse, nous avons choisi Stäubli. D’une part car le SAV est proche de nous et la fabrication à Faverges en France voisine fut aussi un argument de poids pour notre décision.

De même pour les aspects d’automatisation tels que les automates programmables, nous avons procédé de même. Au début nous avions 12 marques d’automates programmables à choix et finalement trois sont resté en lice tout d’abord Beckhoff Automation AG, ensuite Schneider Electric et Festo en troisième position.

MSM: Comment vous tenez-vous au courant des dernières innovations de vos fournisseurs?

Vincent Grasset: Nous continuions à faire de la veille technologiques par contact téléphonique, et nous visitons au minimum un salon par an, j’aurais voulu être présent à Automatica (le meilleur salon de la branche en Europe). Mais j’ai prévu d’être présent à SINDEX à Berne. De plus nous exposerons à Electronica à Munich (du 8 au 11 novembre 2016) et à Swissplastics à Lucerne (du 24 au 26 janvier 2017).

MSM: Que vous a rapporté la mise en place de robots dans votre ligne de fabrication en termes de rentabilité?

Vincent Grasset: Évidemment un temps de cycle diminué et une répétabilité sans faille. Toutefois je constate que le robot ne peux pas faire de contrôle subjectif de l’état des pièces produites, ainsi nous avons toujours des opérateurs humains pour contrôler les aspects visuels.

MSM: Combien de personne un robot Stäubli est-il capable de remplacer?

Vincent Grasset: J’estime qu’un tel robot est capable de remplacer entre 2 et 5 personnes.

MSM: Avez-vous été contraint de débaucher suite à l’arrivée de ces robots ou alors les employés remplacés ont-ils trouvés d’autres postes au sein d’Adatis?

Vincent Grasset: Au fur et à mesure de l’achat de robots l’embauche continuait. Chez Adatis, après la mise en fonction des lignes robotisées de nouveaux employés ont été engagés à l’inspection visuelle. Actuellement 12 robots sont en fonction dans le groupe dont 7 à Martigny.

MSM: Le marché de la main d’œuvre est il suffisant en bas valais?

Vincent Grasset: Ici chez Adatis, nous avons deux catégories d’employés : d’une part du personnel pour l’approvisionnement et contrôle visuel de faible exigence technique, un type de travail ou la main d’œuvre est relativement facile à trouver. Par contre pour les techniciens et les automaticiens ayant des connaissances de plasturgie c’est beaucoup plus ardu à trouver. Nous sommes en liaison étroite avec le cluster de la plasturgie pour mettre en place des filières de formation pour obtenir de nouveaux employés dans ces secteurs.

Le fait d’être présent en Valais nous a aussi permis de bénéficier du savoir-faire et des technologies des instituts de formation environnant. Nous avons notamment créé un outil prédictif de comportement des matières synthétiques réalisé en partenariat avec l’uni de Montpellier et de l’HES-SO du Valais et l’appui de Cimark (www.cimark.ch).

MSM: Y-a-t-il beaucoup de frontaliers qui travaillent dans votre entreprise?

Vincent Grasset: Sur nos 60 employés il y a une dizaine de frontaliers.

MSM: Comment réalisez vous la promotion d’Adatis et de son savoir-faire?

Vincent Grasset: Nous exposons à Fakuma ainsi qu’au SAE international de Detroit, USA (www.sae.org), une exposition-congrès axée sur la production de l’industrie automobile et de l’aéronautique.

Deux questions personnelles pour terminer...

MSM: Monsieur Grasset, quelle est votre formation de base?

Vincent Grasset: Je suis ingénieur en informatique, électronique et automation.

MSM: Ou vous voyez-vous dans dix ans?

Vincent Grasset: Je suis déjà depuis plus de 11 ans chez Adatis... j’y ai commencé comme stagiaire... et à l’avenir, je tiens à rester dans la machine spéciale.

Je voulais en fait aller à la fin de mes études au Canada ou aux USA mais je suis tombé amoureux de la région et je suis resté. L’important pour moi est d’être dans une entreprise ou je me sente bien.

MSM: merci pour votre franchise. MSM

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