07/05/12 | Rédacteur: Lya Bartholet

>> Le Groupement suisse de l’industrie mécanique participe depuis longtemps, soit en tant qu’organisateur de stand, soit au travers de ses membres, à de très nombreuses expositions industrielles en Suisse et à l’étranger. La raison de cet attachement aux foires et expositions est à la fois historique et aussi très pratique, puisque ces manifestations restent un excellent moyen pour les entreprises de se présenter à un large public de professionnels.
Depuis des années, le GIM-CH souhaite pouvoir placer au cœur de la Suisse romande une exposition industrielle avec laquelle il puisse s’identifier. C’est désormais le cas avec l’exposition Lausannetec organisée par le groupe MCH Beaulieu Lausanne, qui aura lieu du 22 au 25 mai 2012 à Lausanne.
Parce qu’il croit en la réussite de ce salon, le GIM-CH a accepté, avec un très grand plaisir, de siéger au sein du comité d’organisation de l’exposition. La décision de MCH Beaulieu Lausanne de placer le salon sous la responsabilité de M. Pierre-Yves Schmid, ancien directeur du salon du SIAMS à Moutier, a d’autant plus convaincu le GIM-CH du succès de ce salon que bon nombre de nos membres ont tissé, depuis des années, des liens d’amitié avec M. Schmid.
A quelques semaines de l’ouverture de l’exposition, il était normal que le secrétaire du Groupement s’entretienne avec la direction du salon, afin de partager quelques expériences et réflexions, dans le cadre d’une interview ouverte.
Comment expliquez-vous l’importance des expositions dans le dispositif de prospection et de promotion des entreprises industrielles, alors qu’elles sont également présentes sur Internet et sur les réseaux sociaux?
Pierre-Yves Schmid: Il y a 10 ans, on prétendait qu’Internet allait tuer les salons. Cela ne s’est visiblement pas produit, preuve en est l’éclosion chaque année de nouvelles expositions. Pour ma part, je suis convaincu que rien ne remplace le contact direct entre un client et son fournisseur. Une exposition c’est aussi un moment de plaisir et d’immersion qui fait souvent du bien, permettant à chacun de se sortir d’un quotidien extrêmement prenant. Il faut en revanche convenir qu’Internet a profondément changé la façon dont les expositions sont vécues par les visiteurs. Ceux-ci arrivent désormais mieux préparés dans les salons, ils savent ce qu’ils souhaitent voir et essaient de rentabiliser au mieux le temps investi dans la visite.
Vous évoquez le développement de nombreux salons qui viennent chaque année s’ajouter à une liste déjà imposante. En Suisse, on dénombre un nombre important d’expositions sur un petit territoire et pour un tissu industriel certes riche, mais de taille limitée. Les suisses sont-ils les champions de l’exposition?
P.-Y. Schmid: Avec des exceptions notoires comme la Foire de Bâle, les expositions ont souvent pour vocation de permettre à une région de présenter ses compétences techniques ou industrielles. Cela peut expliquer en partie la présence de si nombreuses expositions dans un pays fédéraliste ou chaque canton tient à pouvoir mettre en valeur son potentiel. Il faut également tenir compte du fait que 80% des visiteurs proviennent d’un rayon de 70km autour d’une exposition, la proximité est donc un facteur important de réussite. Pour les exposants et les visiteurs, on doit aussi admettre que, le plus souvent, les salons de taille limitée gardent une dimension humaine qui facilite les contacts. Les expositions trop grandes, on le sait, ne permettent pas à un visiteur de couvrir l’entier des secteurs représentés. Disposer d’une offre de salons, à taille humaine, est une stratégie cohérente du groupe MCH.
Le Groupement suisse de l’industrie mécanique entretient des relations étroites avec l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Pendant des années, nous y avons organisé notre exposition industrielle Technopolis et nous participons à de nombreux programmes de recherche européens. Tous nos membres sont convaincus que la présence de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne est un atout absolument exceptionnel pour notre région romande. En ce sens, est-il nécessaire de disposer d’une autre vitrine technologique à l’image de ce que sera l’exposition Lausannetec?
P.-Y. Schmid: Il est vrai que l’EPFL est un atout considérable pour toute la Suisse romande et pour l’industrie. D’autres écoles présentes sur notre territoire et notamment les écoles d’ingénieurs HES sont tout autant indispensables. Toutefois, la présence de ces infrastructures de formation exceptionnelles ne remplace pas les prestations que peut offrir un salon tel que Lausannetec. On doit par ailleurs se rappeler que notre exposition ne concerne pas que les entreprises suisses, mais qu’elle s’adresse à toute une région qui va du nord de l’Italie à la région Rhône-Alpes. Lausanne dispose d’une place exceptionnelle au centre d’une région technologique qui va des Alpes au Jura, jusqu’à la Dôle. En ce sens, il est légitime de prétendre disposer d’une telle exposition au cœur de la Suisse romande, dans une ville qui dispose de nombreux autres atouts, parce qu’elle est Capitale olympique, parce que c’est une ville de culture et de savoir. D’autre part, nous avons bénéficié d’un accueil absolument extraordinaire des Auteurités cantonales qui ont bien compris tout l’intérêt de disposer d’un tel salon, alors même que le canton de Vaud a placé le secteur microtechnique dans ses priorités. Il ne faut pas oublier que le canton de Vaud accueille plus de 500 entreprises industrielles ou horlogères, occupant plus de 20 000 collaborateurs. Cela justifie grandement à mes yeux la présence de Lausannetec en Suisse romande. Je relève, au passage, que le rôle joué par l’Etat s’est, à très juste titre, concentré sur une impulsion politique donnée à notre exposition, sachant que la logique économique doit ensuite s’imposer, en laissant à Lausannetec le temps de s’implanter et de drainer un large public, aussi bien d’exposants que de visiteurs.
Il est vrai que le rôle des Autorités cantonales vaudoises doit être ici salué et vous le relevez à juste titre. Le GIM-CH qui collabore étroitement avec le service vaudois de l’économie ne peut que se féliciter de la stratégie de ce service qui apporte de très nombreuses aides ciblées à l’industrie, que cela soit pour de l’innovation, des développements industriels ou en matière de formation. En ce sens, le soutien spontané apporté par le Chef du Département de l’économie à Lausannetec s’inscrit dans une logique que nous connaissons bien. Le soutien reçu implique que le salon puisse répondre à certaines attentes. En ce sens, quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés, en tant que directeur de Lausannetec?
P.-Y. Schmid: Lausannetec a pour ambition de devenir le premier salon romand des technologies manufacturières, couvrant l’horlogerie, l’électrotechnique et le secteur médical. A ce sujet, il faut rappeler l’importance que nous accordons à la présence d’entreprises horlogères qui ont été longtemps le fer de lance du savoir-faire microtechnique dont bénéficie aujourd’hui toute l’industrie. Avec le soutien d’un groupe comme MCH, et avec l’aide d’une équipe jeune qui fait preuve d’une motivation exemplaire pour le développement de Lausannetec, je suis convaincu que nous atteindrons l’objectif fixé.
C’est vrai que la jeunesse et la fraîcheur de l’équipe est très réjouissante et contraste avec d’autres expositions. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de relever que le salon Lausannetec bénéficie de l’appui d’un groupe puissant à l’échelon national et qui dispose, par exemple avec la Foire de Bâle, de capacités réelles d’apporter à Lausanne un savoir-faire immense. Est-il facile pour l’ancien directeur du SIAMS de mettre en place un salon dans un environnement aussi différent que celui que vous avez connu par le passé?
P.-Y. Schmid: Il est vrai qu’intégrer une équipe telle que celle du groupe MCH implique un effort d’adaptation important, dans la mesure où, en tant que directeur de salon, je n’avais jamais eu l’occasion de disposer d’une telle infrastructure pour m’aider à mettre en place une exposition. La difficulté n’est ainsi pas de disposer de moyens pour réaliser une belle manifestation, mais d’arriver à tous les solliciter et à les mettre en œuvre, en aussi peu de temps. Hormis cette question, la préparation de Lausannetec ne diffère pas, dans une trop grande mesure, de la préparation d’autres expositions industrielles.
Dans quelques semaines le salon Lausannetec ouvrira ses portes à Lausanne. Comme de nombreuses entreprises, le GIM-CH sera présent et incitera ses membres à participer à cette première réalisation. A quoi peut-on s’attendre?
P.-Y. Schmid: Nous nous efforçons de mettre en place un programme de très haute qualité, avec un cycle de conférences de bonne tenue. En matière d’exposants, les visiteurs retrouveront la qualité, la convivialité et la fraicheur que l’on est en droit d’attendre d’une nouvelle exposition telle que la nôtre.
M. Pierre-Yves Schmid, au travers de son secrétaire, c’est tout le GIM-CH qui souhaite à l’exposition un réel succès. En tant que membre du comité d’organisation, le Groupement vous est reconnaissant des efforts que vous avez entrepris pour mettre en place en si peu de temps une exposition à Lausanne. Il est évident qu’il faudra laisser au salon la durée nécessaire pour s’implanter et finalement s’imposer. En attendant ce dénouement heureux, nous nous retrouverons à Lausanne dès le 22 mai 2012. <<
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